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Tony Bennett à la Place-des-arts - Toujours l'idole américaine
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TONY BENNETT À LA PLACE-DES-ARTS

Toujours l'idole américaine

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
02-10-2006 | 11h16
L'un vient d'avoir 80 ans, l'autre en a près de 50 de moins. Le premier a une carrière longue de 55 années, le second n'a qu'un disque à son actif. Pourtant, en dépit de près de trois générations d'écart, Tony Bennett et James Blunt s'adonnaient chacun à leur manière à charmer les femmes, hier, à la Place des Arts et au Centre Bell. Dans le fond, quand on chante The Shadow of Your Smile ou You're Beautiful à une jolie femme, l'effet est souvent le même, non? Bilan d'une soirée avec des charmeurs de tout âge pour tous les âges.

«À l'époque à laquelle j'ai commencé, en même temps que Rosemary Clooney, nous étions les premiers American Idols

Cette déclaration faite par Tony Bennett avait encore un fond de vérité pour les spectateurs massés hier soir à la salle Wilfrid-Pelletier.

Anthony Dominick Benedetto a maintenant 55 ans de carrière discographique, mais pour le public féminin de sa génération - et quelques femmes plus jeunes -, il est encore une idole.

Les spectateurs se délectaient, bien sûr, des The Best is Yet to Come, Cold Cold Heart - gravée en 1952 - et autres All of Me, mais c'est quand Tony parlait aux femmes que le courant passait le mieux.

En bas des reins

Comme durant Speak Low, chantée très bas par l'octogénaire, comme s'il la susurrait aux femmes.

La dame assise à ma gauche a laissé entendre un «mmmm...» et un «ooooo***h !!!» durant la livraison. Tony touche là où ça fait du bien.

Situation identique au terme d'une splendide version de The Shadow of Your Smile, quand une femme a hurlé du balcon: «Tony! Veux-tu m'épouser!» alors que les dernières notes s'étiolaient.

«C'est la meilleure offre que j'ai eue de la journée», a répliqué Bennett, qui a enchaîné en offrant The Good Life à la dame, la chantant en la regardant constamment au balcon.

Les classiques

Oui, nous avons eu droit à I Left My Heart in San Francisco, Smile et autres I Wanna Be Around, toutes bien livrées, quoique d'autres titres ont fait les frais de l'habitude du monsieur de varier la distance entre lui et son micro. Au balcon, je suppose qu'on en perdait des bouts.

N'empêche, à un moment, ça en valait vraiment la peine. Avant le rappel, histoire de rendre hommage aux vieilles salles comme Wilfrid-Pelletier, Bennett a offert sans micro et sans amplification aucune Fly Me to the Moon à la foule, qui l'a bien sûr ovationné à tout rompre.

Généreux

C'est en revenant pour le rappel, quand il s'est mis à signer des autographes aux fans sur le coin de la scène, que l'on se disait qu'il ne mentait pas: Tony Bennett était bel et bien l'idole américaine avant que le terme existe.

Et on n'est pas sûrs que James Blunt a obtenu une demande en mariage aussi franche au Centre Bell.

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