PREMIER CONCERT NAGANOVivement une nouvelle salle pour l'OSM!Claudia Larochelle Le Journal de Montréal 08-09-2006 | 13h51
L'Orchestre et ses fans qui attendaient le maestro comme le messie, le son des cloches des églises de Montréal en prime, ont les doigts croisés dans l'espoir que l'engouement durera. Ils ont pu souffler un peu dès les premières notes de la Neuvième de Beethoven, affichant un regard conquis, attentifs aux moindres mouvements du chef ou les yeux à demi clos. Tambours et trompettes Faut dire que ce n'est pas sans tambour ni trompette que ce premier concert de la 73e saison de l'Orchestre symphonique de Montréal a été accueilli par les médias. Juste sur l'esplanade de la Place des Arts où s'étaient massés 7500 spectateurs à demi congelés, l'état des lieux faisait presque penser au dernier grand show du Cirque du Soleil. D'ailleurs, c'est à peu près le même jet set flamboyant que celui du Cirque qui s'était pointé le bout du nez... à l'intérieur de la salle Wilfrid-Pelletier. Leur septième à eux Ce dernier avait l'air au septième ciel dès l'introduction de la soirée avec The Unanswered Question de Ives suivie de la Symphonie no 4 pour trompette, percussion, piano et contralto, Prière de Ustvolskaya. Or, mis à part le charisme indéniable de Nagano - sorte de vérité de la Palice - il n'y avait pas de quoi se prendre un abonnement à l'OSM. La Symphonie no 9, oeuvre de foi, mûrie dans la douleur pendant de nombreuses années par Beethoven, a quant à elle soulevé la foule, attentive aux moindres variations dans la rythmique. C'est surtout les cordes qui ont retenu l'attention, demeurant somme toute dans une cérébralité générale à l'honneur. Plus de fougue et de corps dans cette version de la Neuvième aurait été bienvenu. Le dernier mouvement, le plus connu d'entre tous, a fait entendre les voix du ténor Michael Schade, du baryton-basse Alan Held, de la soprano Erin Wall, sans oublier celle de la contralto Marie-Nicole Lemieux dont le talent n'est plus un secret pour personne. Tous ces solistes ont donné un second souffle à la symphonie, usant de leur précieux organe à la perfection. La voix du maître Celui de Nagano toutefois n'était pas au meilleur de sa forme. Le pauvre homme avait une extinction de voix, rendant ses remerciements modestes, mais rigolos. Et comme la résonance des sons n'était pas tout à fait juste dans la salle, fallait tendre l'oreille pour entendre ces mots attendus. Vivement une nouvelle salle de concert pour la Place des Arts! Annoncée en grande pompe en juin dernier par le premier ministre Jean Charest, présent dans l'audience, cette salle sera dédiée à la musique classique, et l'OSM en sera l'utilisateur principal. À constater les difficultés que traversent en ce moment la plupart des autres orchestres dans le monde, notamment ceux de St. Louis et de Chicago, croisons-nous les doigts très fort pour que l'effet Nagano fasse mordre à l'hameçon d'autres néophytes. |