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Champion - Le DJ poursuit son élan

CHAMPION

Le DJ poursuit son élan

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
08-09-2006 | 11h22
Il y a des DJ locaux qui sont populaires chez eux et quelques-uns, comme Mistress Barbara ou Fred Everything, qui sont connus partout sur la planète. Mine de rien, DJ Champion commence à déborder notre territoire, comme l'indique sa tournée intensive d'automne, ici et ailleurs.

Ce soir et demain, Champion va ébranler le Métropolis, exercice qu'il entend répéter partout au Québec, à Toronto et même en France au cours des prochains mois.

Dans les faits, le spécialiste des tables tournantes poursuit sur sa lancée entreprise depuis plus d'un an. Champion a obtenu une visibilité importante auprès d'un public non initié avec sa présence au grand événement extérieur du Festival de jazz en 2005 (formidable show sous la pluie) et la parution de son disque Chill'em All, qui a franchi les 33 000 exemplaires vendus au Québec.

Selon lui, l'un des attraits que semble apprécier le public en est un que l'on n'identifie guère avec les DJ.

«Il y a un concept de band, dit-il. Nous sommes sept sur la scène. Des DJ, à sept, il n'y en a pas beaucoup. Pour les gens qui n'ont jamais vu le show, il y a un étonnement, mais après, il y a le plaisir. C'est pas juste différent. On va plus loin. Pour cette série, on a enlevé les effets visuels qui coûtent cher et qui sont difficiles à amener en tournée et on va miser sur une approche old school, très rock années 80.»

Ceux qui ont déjà vu le monsieur sur scène savent à quel point sa musique déménage. C'est dû indiscutablement à des ajouts sonores familiers (rock) et à une mosaïque sonore bel et bien électronique.

«Ma base est électronique. Bien des bands mettent de l'électronique dans leur musique. Ils ont une pensée rock, une intelligence rock, mais ils mettent des sons techno dedans. Moi, c'est une intelligence techno avec des sons rock. C'est l'inverse.»

L'Europe

Cet été, DJ Champion a fait un petit malheur lors de festivals en France. D'où les dates supplémentaires dans l'Hexagone en octobre. Le message commence à passer à l'extérieur du Québec.

«Selon moi, la présence au Festival de jazz a été déterminante à bien des égards. Ça a donné un gros boum pour les ventes de disques. On peut mesurer l'écart entre les ventes au Canada et au Québec. J'en vends dix au Québec pour un dans le reste du Canada. Mais là, les compositions commencent à tourner à la radio à Toronto et au Canada. La prestation au jazz a aussi été télédiffusée sur TV5, en Europe. Ça a eu un impact. À ce moment, j'ai commencé à recevoir des courriels en allemand et en finlandais.»

Avec la sortie du disque en Europe le mois prochain et les spectacles à venir en France, Champion pourrait percer sur le vieux continent où la musique techno est bien plus populaire qu'en Amérique.

«C'est clair qu'au niveau électronique, fusion et urbain, l'Europe, c'est la place. D'autant plus qu'il y a moins de distance entre les grands centres et qu'il y a une longue tradition. Ça marche à fond là-bas depuis les années 80.»

Une seule certitude, ici ou ailleurs, DJ Champion a une règle immuable :

«Nous, on ne joue jamais devant des places assises.»

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