TACCA MUSIQUEÀ l'écoute des artistesPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 02-08-2006 | 07h52
Peu de labels québécois ont pu souffler autant de bougies et l'étiquette créée par Donald Tarlton et Nick Carbone en 1991 arrive à l'adolescence avec une écurie bien diversifiée. Antoine Gratton, Charles Dubé, Steve Marin, Polémil Bazar et Fredric Gary Comeau sont également sous contrat. Mélange de vétérans, de valeurs sûres et de jeunes aux dents longues. «Ce qui est important, ce sont les gens avec lesquels tu travailles, estime Dumas. La relation avec les individus est très importante ici.» «J'ai été là durant la préhistoire, le moyen-âge, les périodes noires et la renaissance de Tacca, explique France D'Amour, qui compte le plus d'années de services. J'ai failli partir à moment donné, mais il y a toujours eu des raisons qui ont fait que je suis restée. Présentement, j'adore l'orientation artistique.» Si D'Amour a eu son mot à dire dans l'émergence de Tacca Musique - c'est elle qui avait recommandé Kevin Parent -, l'étiquette, peut-être plus que jamais, est à l'écoute de ses artistes. «Quand je suis arrivée, j'ai imposé des choses et ils ont dit oui, note Anik Jean. C'est une gang qui est court des risques et qui laisse l'artiste s'exprimer.» Vision commune Si Tarlton est toujours propriétaire de la maison de disques, c'est le jeune duo formé de Pierre-Luc Durand et Stéphanie Benoît qui mène actuellement la barque. «Il n'y a pas de directeur artistique, explique Benoît. Toutes les décisions sont prises en groupe. Quand on écoute des démos, on le fait en comité. Si nous n'avons pas de coup de coeur, on ne peut pas travailler l'artiste.» «On demeure en continuité avec le passé, dans le sens que l'on privilégie les auteurs-compositeurs et interprètes, assure Durand. Il y a aussi le fait qu'on ne signe pas des kids. La plupart ont déjà joué dans des bands de garage et ils ont du vécu. Nous, on s'arrange pour les encadrer.» «C'est un groupe qui fait bien ses devoirs, estime Antoine Gratton. Dans une petite étiquette, il y a vraiment un sentiment d'appartenance. Quand tu téléphones au bureau, tu ne parles pas à 12 répondeurs. Il y a un contact personnel, un vibe similaire et un souci d'esthétique.» Pour le petit dernier, Fredric Gary Comeau, dont le nouveau disque (Ève rêve) paraît mardi, la célébration au bar Chez Baptiste renforçait le sentiment d'appartenance. «C'est une belle gang dynamique. Tant au sein de l'équipe que pour les artistes, on mise sur la jeunesse.» Un site, une compilation et plein de projets Un site en ligne de musique et une compilation: pour souligner son 15e anniversaire, Tacca Musique fait coup double. Les fans désireux de se procurer les albums complets ou des chansons à la pièce en format MP3 des artistes Tacca peuvent maintenant le faire. Chaque album intégral est disponible pour la somme de 9,99$, tandis que les chansons sont disponibles à 0,99$ pièce, des prix qui sont de l'ordre de ceux que l'on retrouve dans des sites mondiaux de vente en ligne comme iTunes. Tacca propose également sa compilation Tacca Musique 15 ans dans les magasins Archambault, qui sera remise gratuitement à l'achat d'un disque de n'importe quel de ses artistes durant le mois d'août. 1,5 millions de disques en 15 ans Au menu, 15 chansons couvrant la période 1991-2006 qui vont de Blanche comme la nuit, de Nicolas, en 1991, à la toute nouvelle J'ai déjà vu pire, de Fredric Gary Comeau. Sans oublier Kevin Parent (Nomade sédentaire), Dumas (Miss Ecstasy), France d'Amour (Si c'était vrai), Jorane (Dit-elle) et plusieurs autres qui ont contribué à écouler environ 1,5 million de disques pour le label en 15 années. Au plan personnel, certains artistes poursuivent leurs tournées ou planchent sur la suite. France D'Amour: «Je vais produire moi-même ma supplémentaire du 10 novembre au Théâtre Corona. C'est quelque chose qui me tentait depuis longtemps.» Dumas: «Ça s'en vient, dit-il, quand on lui demande un échéancier pour la suite du Cours des jours. Mais là, je suis comme disparu. Je ne suis pas encore rentré en studio, je suis en processus d'écriture.» Anik Jean: «J'ai déjà recommencé à écrire, dit celle dont Le Thrashy Saloon a été lancé il y a moins d'un an. Je suis comme ça! Et ce nouveau disque, ce sera moi all the way, parce que j'ai été tellement associée à Jean Leloup pour le premier.» |