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JEAN-PIERRE FERLAND SUR LES PLAINES

«Le petit roi» a comblé ses sujets

Pierre O. Nadeau
Le Journal de Québec
17-07-2006 | 08h12

Hier soir, sur les Plaines, «Le petit roi» a abdiqué devant 50 000 fidèles à la fois tristes et comblés! Jean-Pierre Ferland a fait une sortie à son image: d'une adorable et amusante simplicité... en privilégiant une atmosphère de party, qui n'avait rien d'une célébration funeste!

Comme il était facile de le prévoir, les adieux de Ferland à Québec ont donné lieu à un grand moment d'émotion, en tombée de rideau de cette 39e édition du Festival d'été.

Visiblement en forme, souriant, souvent badin, adorablement prétentieux, Jean-Pierre Ferland avait le coeur à la fête. Vraiment! Avant de monter en scène, il avait demandé un mouchoir qu'il avait dissimulé dans la poche de son veston; mais il a su contenir l'émotion de ce dernier tour de chant à Québec. D'ailleurs, tout au long de sa prestation, il évitera le sujet, préférant se consacrer à son parcours chronologique.

Il faudra attendre la toute fin du spectacle pour un moment vibrant d'intensité, lorsque Ferland, avec émotion, dira: «ça me fait drôle de faire mes adieux à Québec. Il faut que je vous dise: Québec a toujours été ma ville favorite; c'est ici que tout a commencé... Je voudrais vous remercier pour tous les bonheurs que vous m'avez procurés... je ne vous oublierai jamais...» Sur ces mots, la foule lui retournera l'hommage en entonnant «Mon cher Jean-Pierre, c'est à ton tour de te laisser parler d'amour...»

Joyeux festin

Tout au long de son spectacle, il gavera ses fans de ses plus grands succès, à commencer par Les Immortelles, Ton visage et Fleur de macadam.

Avec Les femmes de trente ans, Si je savais parler aux femmes, Qu'êtes-vous devenues mes femmes? Ferland continue de courtiser la gent féminine avec ce même sourire espiègle qui fait bien passer son petit côté macho. En présentant Sing Sing, il avertit: «aux personnes qui me demandaient si j'avais fait de la prison, je leur répondais non... mais j'ai été marié trois fois». Plus tard, il nous fera rire en nous racontant qu'il a eu sa période américaine, qu'il a fait des bêtises «dont j'ai honte». Sa présentation de God is an American sera ironiquement illustrée par la projection d'une photo de George W. Bush!

Le spectacle 3 Fois Ferland se poursuivra sur le ton de la bonne humeur, avec des choeurs qui se forment au parterre au gré de tous ces classiques, de Quand on aime on a toujours 20 ans à Je reviens chez nous, en passant bien sûr, par Le petit roi.

Quand, vers la fin, il entonne «Écoute pas ça, tu vas brailler», on sent un déchirement traverser la foule, placée devant l'implacable évidence. Entouré de ses dix musiciens et d'une choriste, Ferland donne l'impression d'enfiler un spectacle parmi tant d'autres, mais le public, en le saluant d'une généreuse ovation, ne peut s'empêcher de réaliser qu'Envoye à maison vient de prendre tout son sens!

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