MUSIQUEAu Québec aussi, des bands protestentPhilippe Renault 17-07-2006 | 08h04
C'est le cas de Code d'éthique, un groupe skacore de Jonquière. Le quintette, qui se dit antiraciste, non homophobe et anti-sexiste, s'est élevé à quelques reprises contre l'administration Bush, principalement en ce qui a trait à ses interventions militaires. La chanson On récolte ce que l'on sème est parue en 2003 sur l'album La Pyramide des affranchis, tandis que Bush rit USA figure sur Introspection/misanthropique, lancé en avril dernier. Le chanteur du groupe, Jonathan Tremblay, mentionne qu'ils abordent ces thèmes «parce que faire la guerre n'a aucun sens. C'est quoi, les raisons de la guerre? L'argent, la politique et le pétrole». C'est ainsi qu'il chante «L'OPEP pompe le monde de ses accords immondes: assassins! L'Irak sous les bombes, des innocents s'effondrent: assassins? Soif de pouvoir au pays de l'or noir [...] Et Bush rit de ça la boucherie USA.» Objectif Et est-ce qu'un tel discours peut vraiment influer sur la population? Jonathan Tremblay affirme qu'il s'agit avant tout d'une question de prise de conscience. «Nous voulons semer le doute dans la tête du monde. Je pense qu'on peut amener quelque chose. L'important n'est pas que les gens adhèrent à nos idées, mais qu'ils se posent des questions. «Je ne suis toutefois pas certain que ça peut provoquer des actions concrètes. Les gens vont dire "oui, je suis d'accord", mais ils vont continuer à porter du Nike», souligne-t-il. Les chansons anti-guerre sont présentement en vogue, non seulement sur la scène underground, mais chez des groupes qui ont une plus grande portée, comme Loco Locass. Terrain glissant Le chanteur de Code d'éthique craint cependant que la surexposition de ce thème finisse par avoir des effets pervers. «Dans l'art, on est beaucoup happés par Bush, ça devient quasiment redondant. Ce qui me fait peur, c'est qu'à force de parler contre les États-Unis, les gens deviennent racistes envers eux. Ça peut devenir glissant», explique-t-il. Ce dernier donne en exemple un spectacle auquel il a assisté récemment. «J'ai vu un show de Loco Locass dernièrement, et quand ils parlaient à la foule contre les Américains, l'ambiance ressemblait presque à celle d'un rassemblement d'Hitler. C'était quasiment épeurant!» lance-t-il. Code d'éthique existe depuis 1999 et est formé de Jonathan Tremblay au chant, Carl-Luc Laferrière-Faucher à la basse, David Savard à la guitare, Janie Thibault au saxophone et Jérôme Rioux à la batterie. Au fil des années, le groupe a joué aux côtés d'artistes de la scène punk et métal québécoise de renom, comme Les Vulgaires Machins, Arsenic 33, Anonymus, Les Trois Accords et Capitaine révolte.
|