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BON JOVI ET NICKELBACK

«Parfois, j'ai l'impression que nous sommes des canadiens français»

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
13-07-2006 | 07h51
En décembre 2005, à quelques jours de son programme double au Centre Bell, Jon Bon Jovi nous annonçait en primeur que son groupe allait revenir à l'été 2006. Le chanteur a tenu parole.

«Je suis bien content d'avoir été fidèle à ma parole», lance Bon Jovi, sans ironie aucune, au bout du fil. Le monsieur nous propose la même tournée dans un enrobage bien différent. De l'amphithéâtre du Canadien, le groupe va se pointer sur la massive structure qui est érigée au parc Jean-Drapeau depuis le début de la semaine.

«Comme chaque tournée, l'essence de celle-ci demeure la même, assure le chanteur. On a bien apporté quelques variantes aux chansons, histoire de garder l'intérêt pour nous et pour les fans, mais l'intention demeure la même.»

Tout ceux qui ont assisté au spectacle du 14 décembre dernier s'ententent pour dire que la relation particulière entre le groupe originaire du New Jersey et ses fans montréalais n'a pas changé d'un itoa en deux décennies. Cela dit, le spectacle extérieur ne pourra permettre à Jon Bon Jovi de s'installer au beau milieu des spectacteurs pour chanter Blaze of Glory, par exemple.

«En effet. Je ne peux faire dans un environnement extérieur ce que je fais en aréna. La logistique ne le permet pas. Mais si vous avez vu quelques photos de la tournée en Europe, vous pouvez vous attendre à ce qu'on vous propose quelque chose de très intéressant.»

La raison du succès

Cela fait bientôt 25 ans que Jon et ses collègues sillonent l'Amérique et le monde, ce qu'il estime être un privilège. Mais quelle est la raison de ce succès. Les chansons? L'attitude? La musique?

«Probablement un peu de tout ça. C'est évident que certaines chansons - sutout les anciennes - sont devenues une partie prenante du quotidien de bien des gens. Il y a aussi notre façon de faire. Que l'on joue devant 5000 ou 50 000 personnes, on essaie toujours d'offrir le meilleur show possible. Je pense que c'est une question d'honnêteté de notre part sur scène, mais aussi de respect envers le public.»

Et la relation avec Montréal?

«Parfois, j'ai l'impression que nous sommes des Canadiens français. Montréal fait partie des quelques villes avec lesquelles il y a un lien tout à fait particulier, mais c'est difficile d'expliquer pourquoi.»

Deux côtés

S'il n'est pas monté aux barricades avec autant de fougue que son compatriote du New Jersey - un certain Springsteen -, Bon Jovi critique son gouvernement par l'entremise de quelques chansons de Have a Nice Day. Depuis notre jasette de décembre dernier, on a appris que le gouvernement de George W. Bush faisait espionner ses propres citoyens.

«Il y a deux côtés à la médaille dans cet affaire. Certains se disent que si le gouvernement permet d'empêcher un seul geste malvenu avec une telle façon de faire, ça vaut le coup. Je peux comprendre la position de mon gouvernement, mais je ne la partage pas. Et ce n'est pas parce que je suis moins patriote qu'un autre.»

Bon Jovi admet que lui et ses collègues veulent poursuivre leur aventure musicale, mais il ne se voit pas faire des tournées jusqu'à la nuit des temps.

«Faire des disques? Ça va. Faire un film? Ça va. Tant qu'il y a une forme de pertinence et d'intérêt du public, je veux bien. Faire des tournées? Il ne faut pas dire jamais, mais je ne me vois pas avec les boys faire une tournée à l'âge de 60 ans, comme le font les Rolling Stones, ce qui est tout à leur honneur.»

Bon jovi et Nickelback, en concert ce soir au parc Jean-Drapeau de l'Île Sainte-Hélène

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