GUY NADON ET VIC VOGEL100 années de jazzChristophe Rodriguez Le Journal de Montréal 06-07-2006 | 07h58
Quand il est question de faire honneur à la note bleue, ces deux complices savent y faire. Au milieu des années cinquante, le Montreal by night était leur demeure et, d'est en ouest, ils faisaient danser des milliers d'habitués. Surnommé «le roi du drum», Guy Nadon est de la trempe des Gene Krupa et Buddy Rich, tandis que Vic Vogel, roi des cuivres et des arrangements qui «pètent le feu», ne s'assagit pas. En deux temps, ces grands corsaires nous ont parlé du jazz sous toutes ses formes. Un royaume pour ma canisse Même s'il joue un peu moins, Guy Nadon cultive le feu sacré, celui de ses jeunes années, où, avec une boîte de conserve, tout était possible: «La musique, man, c'est tout pour moi. Venant d'une famille pauvre, j'ai appris tout seul avec de vieilles boîtes de conserve, des chaudrons et des branches d'arbre en guise de baguettes. À l'école, rien ne me passionnait, à part entendre des big bands à la radio et aller voir des musiciens dans les clubs même si je n'en avais pas le droit.» Vous citez comme maître le batteur Gene Krupa, principalement associé au clarinettiste Benny Goodman: «Un virtuose qui transportait littéralement la foule et, ce jour-là, Guy Nadon est devenu drummer. J'ai joué dans tous les hôtels, mais aussi pour CKAC, Radio-Canada, sans oublier Aznavour, Claude Blanchard et Alys Robi.» Jamais amer, même s'il regrette que les machines aient tué les orchestres, Guy Nadon parle avec enthousiasme du concert: «Un groupe solide avec qui je vais présenter de nouvelles pièces, dont Ça swingue à Montréal, plus quelques surprises.» Et des solos? «Mets-en!» La recette du grand Vic Pour celui qui a composé la musique des Jeux olympiques de Montréal, accompagné Offenbach ainsi que les trompettistes Dizzy Gillespie et Freddie Hubbard et reçu le grand Duke Ellington, le jazz est un art de vivre: «Concert ou pas, la musique est toujours présente. À côté de mon piano, il y a un grand chapeau rempli d'idées, de partitions non terminées qui me serviront à un moment où à l'autre. Comme je répète tous les lundis soir, mon esprit ne s'encrasse pas, surtout avec les jeunes musiciens qui viennent se faire les dents.» Donc, les nouveautés seront au rendez-vous: «Il y aura Looping, du saxophoniste baryton Jean Fréchette, une relecture de Battle Royal, gracieuseté du tandem Basie/Ellington, et une surprise parce que monsieur va chanter.» Vous? «Impossible à dire parce que le concept (rires) n'est pas totalement défini.» Vieillir? Un mot à bannir de son vocabulaire. Guy Nadon & Vic Vogel Big band, Jeudi 6 juillet 18h, Théâtre Maisonneuve, PdA, (514) 790-1245.
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