TENDANCESLes «vétérans» dominent le marché anglophone Philippe Rezzonico Le Journal de Montréal 03-06-2006 | 08h42
MONTRÉAL - Madonna, James Blunt, Coldplay, Black Eyed Peas, System of a Down : s'il est vrai que les Québécois achètent beaucoup de disques des jeunes artistes d'ici, ce sont les artistes confirmés qui dominent le marché anglophone.
Si l'on observe les coureurs de fond, ces artistes dont les albums sont vendus depuis plus de trois mois mais depuis moins d'un an au Québec, la tendance est claire.
Madonna est tout juste devant James Blunt, mais son disque est en vente depuis 27 semaines, contre 42 pour le jeune Anglais. Signe indiscutable de cette tranche de marché, les vedettes qui y figurent ont, en général, plusieurs disques sous la ceinture et pas mal d'années de métier, l'exception étant Blunt.
On remarque aussi que les seules entrées québécoises parmi les dix premières places sont celles de deux collectifs (Star Académie, Salut Joe) et d'une compilation (Jean Leloup). De par leur visibilité mondiale, il est normal que les disques de grosses pointures anglophones venant d'ailleurs s'écoulent à un rythme plus soutenu que les disques locaux durant cette période.
Sans compter le fait qu'il y a des anglophones et des allophones qui consomment de la musique internationale sans consommer de musique francophone, alors que l'inverse est plutôt rare. Les Québécois d'expression francophone, souvent bilingues, peuvent acheter le nouveau Metallica et le plus récent Loco Locass avec le même plaisir.
Pierre tout seul...
Seule tranche où il n'y a pas de tendance nette selon l'origine des artistes: celle des récentes parutions, dominée par Pierre Lapointe.
Avec les sprinters, on ne sait jamais quand la course va se terminer. On peut quand même parier que celle de La Forêt des mal-aimés va se poursuivre, mais que celle de Tool n'ira pas beaucoup plus loin, tous les fans du groupe métal ayant acheté 10 000 Days lors de la première semaine.
Entre les artistes d'ici, d'ailleurs, les disques hommages et les compilations, il est toujours ardu de prédire un succès à court terme. N'empêche, un bon cheval sur lequel miser serait probablement celui des Red Hot Chili Peppers, dont la qualité du disque - et la tournée qui s'en vient - devrait mener à un beau succès.
Certifications
En passant... Si vous trouvez que les chiffres publiés ici sont légèrement inférieurs à ce que vous pensiez, il y a une bonne raison.
Il y a, bien sûr, quelques centaines de disques francophones qui sont vendus en Ontario (Ottawa) et dans les provinces de l'Atlantique dont le scan du Québec ne tient pas compte, mais l'industrie du disque (étiquettes, promoteurs, distributeurs) a la fâcheuse habitude de décerner des disques d'or et de platine à des artistes dont l'album n'a pas encore franchi cette marque. Les disques ont bel et bien été pressés et distribués, mais ils n'ont pas nécessairement été tous vendus.
Certifier un disque d'or (50 000 exemplaires) quand 47 000 disques ont été vendus, ça va. Les disques restant en magasin vont combler l'écart.
Mais on doit préciser qu'on a été renversé de constater que le disque Alain Barrière: Mes plus grands succès, certifié or la semaine dernière, ne s'est vendu en vérité qu'à 26 415 exemplaires. Une annonce prématurée, peut-être?
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