MARIE-JO THÉRIO NE RATE PAS SON RETOUR EN VILLEUne bouffée d'air fraisClaudia Larochelle Le Journal de Montréal 10-05-2006 | 07h49
C'est dans un décor d'abandon surmonté de deux immenses ballons projetant des images de mer, de désert et d'évasion que la mignonne Acadienne, dont quelques critiques français comparent le physique à Meg Ryan, est apparue sur la scène intime du Cabaret Juste pour rire. Elle revenait de Sudbury, mais avant, elle avait passé quelques jours au petit théâtre du Renard, à Paris. Et son spectacle là-bas, pour l'avoir vu moi-même à la fin avril, n'avait rien à voir énergiquement ou organiquement parlant avec ce qu'elle a offert aux Montréalais, conquis à l'avance. C'est sans doute pour cette raison que Marie-Jo Thério était aussi à l'aise sur scène dans son évanescente robe rose, entourée de ses trois musiciens libres et heureux d'être là, de la retrouver peut-être. Très drôle, touchante Fidèle à elle-même, la belle aux cheveux hirsutes n'a pas lésiné sur ses histoires cocasses et rigolotes, ses mises en contexte servant à introduire ses chansons, dont Café Robinson, que tout le monde attendait tellement. Volubile et dégagée de toute pression donc, elle ne s'est pas laissé impressionner par les ajustements de sons qu'elle a dû faire au tout début de son show. Son public l'appuie, ce public qui veut bien entrer avec elle dans son univers imagé, éthéré et désinvolte. Les spectateurs ont par ailleurs eu droit à des arrangements sonores différents de ceux qu'ont entendus les Français, plus peaufinés, plus surprenants et cadencés. D'autant plus que ses trois mecs musiciens du Québec savaient l'accompagner comme de vieux potes fidèles, connaissant ses mouvements et ses rythmes, ses angoisses peut-être, et ne daignant surtout pas se laisser aller au micro pour quelques sonorités improvisées. Très mignon. Éclectisme musical Aussi bonne auteure-compositrice-interprète que musicienne, Marie-Jo Thério a une fois de plus prouvé ses multiples talents, tant au piano qu'à l'harmonica, et ce don particulier pour intégrer les gens, sans leur prendre la main, dans son ciel déjanté. Indisciplinée sans qu'on ait envie de la chicaner, la gamine-adulte a assurément fait confiance à son public, lui laissant l'entière liberté de planer avec elle, de ne se soucier de rien d'autre que des rêves qu'elle sait nous mettre en tête. Même si l'atterrissage en fin de show, avec Évangéline, nous a semblé arriver trop vite, on est ressorti du Cabaret sustenté. C'était doux, réconfortant, parfait pour partir avec des ailes, la tête entre la Lune et le Soleil. Marie-Jo Thério sera au Cabaret Juste pour rire jusqu'au 12 mai.
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