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CONCERT PRIVé

Pink bien vivante

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
10-04-2006 | 10h44

Ils venaient du Québec, du Canada et des États-Unis. Il y en avait même deux qui avaient fait le voyage depuis l'Australie pour assister, hier soir, au spectacle privé de Pink, son premier à Montréal.

Le Café Campus était donc rempli de gagnants de concours de toutes sortes chapeautés par la compagnie de disques de la chanteuse, qui venait faire mousser son tout nouveau compact, I'm Not Dead.

Morte, Pink? Vraiment pas.

Son album de 2003, Try This, a fait patate après les cinq millions d'exemplaires écoulés de Missundaztood, deux ans plus tôt, mais l'auteure-compositrice-interprète - une anomalie chez les chanteuses blondes de la pop - a encore des choses à dire.

Flanquée de quatre musiciens et de deux choristes, Pink s'est pointée sur scène avec ses lunettes noires, une coiffure à la Marilyn, une robe digne des années 1950 et une cravache rappelant Madonna, période Erotica. Peu importe les emprunts, l'Américaine a du charisme et de la voix, même quand elle est ennuyée par une grippe.

«Si je me plante sur la prochaine, tant pis. Je ne fais pas de lypsync», a-t-elle lancé, avant d'entonner Nobody Knows, une nouvelle composition. Le commentaire faisait référence à Ashlee Simpson, qui s'était fait prendre en flagrant délit de postsynchronisation à Saturday Night Live.

Les midinettes, Pink aime les ridiculiser, surtout par l'entremise de son premier extrait, Stupid Girls. Durant la chanson, l'une de ses choristes était fringuée comme Paris Hilton. Tordant. Gros succès donc, comme ses incontournables Get the Party Started et Just Like a Pill. Avec son allure cool et ses allures légèrement vulgaires, Pink plaît aux jeunes filles. L'une d'entre elles ne cessait de lui hurler qu'elle l'aimait et qu'elle voulait coucher avec elle.

«Je ne suis pas exclusive à toi», lui a-t-elle lancé, en faisant semblant de minoucher sa bassiste.

Sous sa façade vaguement superficielle, Pink est capable du meilleur, comme le démontre la nouvelle chanson Dear Mr. President, où elle interpelle George W. Bush sur les maux des États-Unis avec un texte sensible, cru et percutant tout à la fois.

Offert à trois voix et soutenu par une guitare acoustique, le cri du coeur chansonnier a fait frissonner l'assistance. Dans le fond, Pink a vachement le droit de se moquer des blondes idiotes. Dear Mr. President l'exclut à jamais de cette catégorie. Ne reste plus qu'à faire partager un tel moment dans une salle montréalaise plus vaste.

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