MUSIQUELuck Mervil devance la sortie de son disque pour aider les sinistrés d'HaïtiClaudia Larochelle -Journal de Montréal 24-09-2004 | 08h31
C’est aux Gonaïves, une ville d’environ 250 000 habitants au nord-ouest d’Haïti, qu’il y a le plus de victimes. C’est aussi dans cette même ville que Luck Mervil est allé à titre de porte-parole du Centre d’Étude et de Développement International (CECI) après la chute du président Jean-Bertrand Aristide en janvier dernier. «Ça fait deux jours que je ne dors pas. Je n’arrête pas de penser à tous ces enfants que j’ai croisés, à ces sourires qu’on m’a faits et à ces poignées de main. Je me dis que plusieurs de ces personnes sont peut-être mortes aujourd’hui», a exprimé le chanteur, la voix empreinte d’émotion. Aider malgré les menaces Mais ce ne sont pas ces menaces qui le convaincront de s’arrêter. Il est têtu. D’ailleurs, il a même choisi de devancer la sortie de son album Ti Peyi A, qui signifie «Petit pays», pour amasser des sous. Deux dollars par exemplaire vendu seront remis au CECI et à Médecins du Monde Canada pour l’achat de matériel médical et de médicaments. Le public pourra même s’impliquer lors du lancement de cet album le 26 octobre, à l’occasion d’un spectacle-bénéfice au Spectrum au coût de 15$ le billet. En attendant cette sortie musicale, les gens pourront acheter d’ici 15 jours un simple, la chanson Ti Peyi A. Tous les profits générés seront partagés également entre les deux organismes mentionnés plus haut. Dans la foulée des événements organisés pour venir en aide aux Haïtiens, la radio haïtienne montréalaise CPAM Radio Union organise aussi un radiothon demain toute la journée à l’hôtel de ville de Montréal pour amasser fonds, denrées non périssables et médicaments. Un Laferrière réservé «Oui je suis touché, c’est certain, mais je ne veux pas que ça devienne une affaire personnelle et qu’on se serve de ça comme prétexte pour me parler d’autres choses», explique le réalisateur du nouveau film Comment conquérir l’Amérique en une nuit, qui l’a justement amené en tournage en Haïti en janvier dernier. L’auteur a quand même évoqué brièvement la douleur qu’il partage avec les autres membres de la communauté haïtienne. «C’était prévisible. C’est un pays qui est dans une situation fragile. Toujours. Ils n’ont pas de structure, et là il y a 2 000 morts.» |