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RNDM en concert à Montréal - Projets solos pour le bassiste de Pearl Jam
Photo Rick Diamond / Getty Images / AFP
Jeff Ament

RNDM EN CONCERT À MONTRÉAL

Projets solos pour le bassiste de Pearl Jam

Darryl Sterdan
04-11-2012 | 17h34

Le bassiste de Pearl Jam, Jeff Ament, le chanteur et guitariste Joseph Arthur et le batteur Richard Stuverud ont lancé un nouveau projet intitulé RNDM avec lequel ils seront de passage vendredi, à Montréal, pour un concert au Théâtre Corona.

S’il évolue musicalement parlant, Jeff Ament admet toutefois que le projet RNDM n’aurait peut-être pas été possible sans Pearl Jam. «Il y a un lien direct entre les deux», a affirmé le bassiste, en entrevue téléphonique depuis sa maison de Seattle.

«J’ai demandé à Joe (Joseph Arthur) de jouer pour notre PJ20 (le 20e anniversaire du groupe) l’année dernière à Alpine Valley, a-t-il raconté. C’est donc là qu’on a discuté pour la première fois de la possibilité de faire quelque chose ensemble. Un psychologue pourrait certainement se pencher là-dessus et me dire : «En plein moment de nostalgie, tu cherchais à trouver des moyens de regarder vers l’avant.» C’est sûrement ce que je faisais. À certains moments, c’était très difficile pour moi de regarder le documentaire Pearl Jam Twenty. Je sens que le groupe a assez donné côté nostalgie ces dernières années.»

Jeff Ament passera donc les prochains mois à se ressourcer en partant en tournée avec l’album Acts et ses acolytes de RNDM. Écrit et enregistré le printemps dernier au studio personnel du bassiste, situé dans le Montana, cet album marie le rock musclé de Jeff Ament à la sensibilité poétique de l’auteur-compositeur Joseph Arthur. Le disque est sorti le 30 octobre sur l’étiquette de Pearl Jam, Monkeywrench Records. Le groupe sera de passage à Montréal vendredi et, pour l’occasion, Jeff Ament a accepté de discuter de ses projets solos.

Pourquoi as-tu voulu travailler avec Joseph Arthur?

Principalement, c’est parce que je suis un adepte de sa musique. C’est la raison initiale. En 1999, il avait donné cinq ou six concerts en première partie de Three Fish (autre projet musical de Jeff Ament) et c’est là que j’ai réalisé l’ampleur de son talent. Sa musique est riche et sombre, mais il a aussi le don d’écrire des chansons accrocheuses. Quand je me suis mis à rassembler certaines pièces solos que j’avais écrites, je lui en ai envoyé une et, en 48 heures, il me l’avait renvoyée avec des voix en supplément. C’était vraiment bon! J’ai alors réalisé ce qu’on pouvait faire ensemble.

Comment ça s’est passé quand vous vous êtes retrouvés pour écrire?

J’ai appris, au fil des ans, à ne jamais avoir d’idées préconçues. Même avec Pearl Jam, on essayait de faire comme si c’était la première fois. C’était facile avec RNDM puisqu’on n’avait jamais joué ensemble. Ce n’était pas un groupe; c’était seulement nous qui expérimentions. Nous étions donc plus en confiance et avions moins d’appréhensions que d’habitude. On dit souvent que les premiers disques, les premières peintures, les premiers livres d’un artiste sont les plus marquants. Je crois que c’est parce qu’au début, on ne s’attend à rien. Personne ne se soucie du cachet, c’est purement créatif.

Avez-vous établi une certaine division du travail, ou vous avez touché à tout?

C’était plutôt mélangé. Je n’avais pas beaucoup de chansons qui étaient complètement écrites, alors on en a enregistré cinq ou six pour lesquelles Joseph a dû composer des paroles. Sinon, les cinq ou six autres, il les avait écrites, on a donc dû composer la musique. Tout le monde a dû s’impliquer et ça nous a donné le sentiment d’être un vrai groupe.

Comment ça s’est déroulé comparativement aux séances d’enregistrement avec Pearl Jam?

C’est un trio, il y a donc plus de marge de manœuvre. Avec Pearl Jam, tout le monde essaie de prendre sa place et de jouer le mieux possible, sans voler la vedette, sans jouer trop fort, etc. C’est donc plus difficile de trouver sa place. Avec RNDM, au contraire, il faut remplir les espaces vides. Une partie de mon travail consistait toutefois à laisser certains espaces vides, le résultat est donc assez épuré.

Avec tous tes projets solos, tu sembles être le membre de Pearl Jam le plus actif…

C’est d’autant plus vrai ces dernières années. J’ai passé 15 ans à écrire des bouts de chansons seulement. Il y a cinq ou six ans, j’ai réalisé que j’avais environ 200 chansons non terminées. Je me suis donc engagé à les terminer. Dès que j’avais deux ou trois semaines de vacances, je m’y mettais, j’allais dans mon studio quelques heures par jour. C’est comme ça que ç’a commencé.

Quelle est la prochaine étape pour Pearl Jam?

On n’a rien de prévu actuellement et c’est voulu. Quand on est très occupés pendant une période, on aime ensuite profiter de quelques mois de répit, question de recharger les batteries. Une fois la période des Fêtes passée, on devrait décider de la suite.

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