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Maryse Letarte - Artiste accomplie, mère en devenir
© Agence QMI
Maryse Letarte
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MARYSE LETARTE

Artiste accomplie, mère en devenir

Michelle Coudé-Lord
13-11-2010 | 04h00

L’auteure-compositrice Maryse Letarte enceinte de sept mois, pleine de vie et de défis donc, est fière de ce nouvel album, Ni le feu, ni le vent qu’elle présente sur scène un peu partout en province.

Cet album, il est totalement de son cru ayant signé les arrangements et sa réalisation. Fille déterminée de Saint-Hyacinthe, Maryse, la future maman que les gens pourront découvrir ou redécouvrir le 7 décembre prochain au La Tulipe, nous parle de son métier, qu’elle saura faire cohabiter avec le bébé à venir.

La petite famille est bien prête. Paroles d’une artiste accomplie et d’une mère en devenir.

Pourquoi ce projet est-il important?

C’est mon évolution.

Quelle est, à votre avis, la plus grande difficulté de ce projet?

Ce fut de résister à la tentation de tout recommencer à partir de zéro quand est venu le temps d’y replonger après l’euphorie que j’ai connue avec Des pas dans la neige.

Que vous apporte ce métier?

La possibilité d’exprimer tout plein de sentiments et de réflexions grâce aux mots et la musique. De faire de belles rencontres. De sentir que je sers à quelque chose.

Parlez-nous de cette première grossesse. C’est quoi chanter lorsqu’on a la vie en soi?

C’est une grossesse que j’espérais depuis plus de cinq ans. Une grande surprise et le plus grand bonheur. Le plus grand cadeau que je pouvais recevoir. Il semblerait qu’un bébé entend la voix de sa mère au stade où je suis (29e semaine), alors chanter lorsqu’on porte la vie en soi, c’est donc chanter déjà pour son bébé. Cette grossesse m’apporte confiance et courage.

Comment allez-vous concilier travail et carrière?

J’ai la chance d’avoir mon studio à la maison. C’est ici que je fais la grande majorité des étapes de la production de mes disques (écriture, composition, arrangements, enregistrements, etc.) en solitaire, à part pour la présence de mon chat Bardamu, qui fait office d’assistant à la prise de son (rire). Après la naissance de Stella (c’est, sous toute réserve, le nom que portera ma fille), j’ai donc l’intention, de reprendre la vie de studio à la maison, avec l’aide de quelqu’un de la famille à la maison pour rester près de ma petite. À la mi-décembre, quelques semaines avant l’accouchement, je termine une série de spectacles intitulés Le feu, le vent et la neige.

Chanter vous apporte quoi?

Chanter, pour moi, c’est une des multiples facettes de mon métier. Ma voix est un instrument. Mais, c’est l’instrument le plus fascinant du monde. Mon but, lorsque je chante, n’est pas de ressentir un pouvoir grâce à des prouesses ou des acrobaties, mais d’interpréter le plus sincèrement, le plus justement qui soit, le sentiment que je veux que ma chanson dégage.

Vous êtes sur scène, il y a le public devant vous. Quels sentiments vous habitent?

Je me sens privilégiée.

La situation de l’industrie du disque vous inquiète? Comment réagir?

Mon travail est de faire de la musique, et ce, même si plus aucun support pour la vendre n’existait. Mais comme on vit dans un monde où tout se vend, quelle inquiétude y a-t-il vraiment? Moi, ça fait près de 10 ans que je tiens le même discours: ça coûte terriblement cher au public d’écouter de la musique aujourd’hui (connexion Internet, ordi, iPod, en plus des systèmes de son traditionnels); comment se fait-il que les revenus des créateurs baissent plutôt que d’augmenter? Ce sont les fabricants d’ordi, etc. qui en profitent. Ne s’agit-il donc pas que d’un problème de répartition des revenus de chacun? Ça, c’est la guerre que les organismes de gestion du droit d’auteur et des producteurs de disques doivent livrer à chaque instant, mais ce n’est pas ma guerre à moi personnellement, heureusement. Moi, je fais la guerre aux accords qui ne sonnent pas bien! Ha! Ha!

Pourquoi le titre Ni le feu, ni le vent?

Il s’agit du titre d’une des pièces de l’album et je trouvais qu’il résumait à merveille le contenu de l’album qui est habité par les éléments et par l’amour que ni le feu, ni le vent ne peuvent détruire. Mes propos illustrent souvent l’ambiguïté face à l’amour et le fait que plus on aime plus on va, tôt ou tard, souffrir, parce que tout le monde quitte un jour, d’une façon ou d’une autre. La solution n’est pas de rester fermé et de passer à côté du bonheur pour éviter le malheur. On doit se faire à l’idée qu’on ne peut passer à travers la vie en restant indemne, qu’il faut aimer autant qu’on en a besoin. Et Dieu sait qu’on en a besoin. Qu’on s’en rende compte ou non.

Maryse Letarte sera en spectacle le 25 novembre, au Marine Cabaret, à Sorel, et le 1er décembre, au Petit Champlain à Québec.

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