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Alain Lefèvre - Jardin d'amour au Québec
Photo: Stevens Leblanc
Alain Lefèvre
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ALAIN LEFÈVRE

Jardin d'amour au Québec

Denise Martel
Le Journal de Québec
14-11-2009 | 14h00
Depuis quatre ans qu’il travaille sur Jardin d’images, son quatrième disque de compositions, Alain Lefèvre affirme qu’il s’agit d’un hymne d’amour. «C’est un cri d’amour pour le Québec et mes concitoyens», affirme-t-il haut et fort en entrevue.

«C’est un opus qui est plus serein et plus léger, moins sombre que mon album précédent, parce qu’il appartient à une période plus heureuse. Les compositions de Jardin d’images m’ont été inspirées par des lieux et par des gens qui m’ont accueilli à bras ouverts et que j’aime tout particulièrement», précise le pianiste, en mentionnant Sous le ciel de Cap-Santé, Québec, Terre promise, Promenade italienne, qui font référence à des amis chaleureux.

«Je suis enfant d’immigrés, mais je suis arrivé ici à quatre ans, et mon pays, c’est le Québec. Je n’ai pas été un enfant gâté, mais c’est au Québec que j’ai eu la chance d’apprendre la musique et tout ce que je sais. Je considère que nous avons le devoir de donner de l’espoir à nos enfants», insiste Alain Lefèvre, qui souligne que ce 25e disque est aussi une réponse au négativisme qui domine si souvent dans les médias.

«Je voyage sur tous les continents et partout où je vais, on parle des Québécois en termes très élogieux. Encore récemment, j’étais en Grèce pour participer au gala de la flamme olympique et, dans une brève conversation, le président de la Grèce et sa femme me parlaient de Robert Lepage et du Moulin à images!»

«Quand je reviens ici, je suis un peu tanné d’entendre des commentaires peu flatteurs sur les Québécois. J’en ai ras le bol de cette attitude négative, de cette tendance à l’autoflagellation en laissant croire que c’est toujours mieux ailleurs. On ne peut pas bâtir une société et donner de l’espoir à nos enfants en répétant des messages aussi négatifs à longueur de journée», affirme Alain Lefèvre qui, fidèle à ses habitudes, ne mâche pas ses mots.

Il cite en exemple le cinéma québécois qui, à son avis, n’a pas la reconnaissance méritée, alors qu’on a tendance à vanter, souvent sans raison, le cinéma américain. «On devrait commencer à faire confiance à ce que nos oreilles entendent et à ce que nos yeux voient. Je vais beaucoup dans les écoles, et si on détruit constamment les nôtres, on ouvre la porte à une invasion étrangère. Nos enfants consommeront en masse ce qui vient d’ailleurs.»

C’est un peu ce qui est arrivé au compositeur André Mathieu. Il n’était peut-être pas le meilleur musicien du monde, mais il avait un talent immense et surtout le droit d’exister», affirme Alain Lefèvre. Rappelons que le pianiste lui a consacré de nombreux concerts et entrevues, tandis qu’un long métrage réalisé par Luc Dionne arrivera sur nos écrans en mai.

Comme des petits lapins

La danse des petits lapins, une des pièces de Jardin d’images, est particulièrement joyeuse. Pourtant, elle est née d’une situation triste qui a visiblement beaucoup touché Alain Lefèvre.

«Comme pianiste, je ne fais pas que des concerts. Je vais régulièrement dans des écoles pour parler de la musique aux jeunes. En décembre, une journée où le temps était froid et pluvieux, j’étais dans une école de Montréal, dans un milieu défavorisé, pour parler de musique aux enfants.

«En arrivant, un gros parka usé attire mon regard et un coffre avec des mitaines et d’autres vêtements usagés. La directrice m’explique qu’on demande aux gens d’apporter les vêtements dont ils n’ont plus besoin, pour les enfants qui n’en ont pas en prévision de l’hiver qui s’en vient.

«Peu de temps après, je vois près de 200 petits enfants qui s’amènent devant moi, en rangs bien serrés. Ils semblent tristes et fatigués... Dans ma tête, ça ne fait ni un ni deux et je me dis qu’ils n’ont sûrement pas très envie d’entendre parler de musique classique et de grands compositeurs.

«Pour les faire sourire et oublier un peu leur quotidien, j’ai improvisé La danse des petits lapins. Je les vois encore sauter comme de petits lapins», raconte Alain Lefèvre, insistant sur l’importance de faire tout ce qu’on peut pour aider les enfants dont la vie n’est pas aussi facile qu’elle le devrait.

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