EDGAR BORIÀ visage découvert Cédric Bélanger Le Journal de Québec 27-09-2009 | 09h02
Huit albums, presque 600 spectacles et 15 ans de carrière plus tard, Edgar Bori profite du lancement de son nouvel album, Fous les canards, pour mettre son anonymat de côté et dévoiler enfin son visage. L'auteur-compositeur-interprète a franchi ce pas important lors de sa tournée de promotion qui l'a amené à Québec cette semaine. Les médias locaux ont finalement pu le photographier et le filmer sans devoir utiliser des artifices pour cacher son visage. Qu'est-ce qui explique ce changement de cap? Bori indique qu'«il en est rendu là», tout simplement. «Au début, ça ne me tentait pas, comme tu n'as pas le goût de jouer au hockey un soir et le lendemain, ça te tente. Moi, c'est comme ça. Forrest Gump se met à courir d'un bout à l'autre des États-Unis et le lendemain, il s'arrête. Les raisons sont longues à expliquer, mais en 15 ans, j'ai appris à être à l'aise sur scène», explique celui qui a longtemps été pétrifié à l'idée de montrer son visage en public. «Le public qui paye 35$ pour venir te voir, ce n'est pas un public qui vient pour te lancer des tomates. Ça ne me met plus mal à l'aise. Si les gens me reconnaissent dans la rue, ça ne me dérangera plus.»
Retour de la chanson à texteÀ l'instar de ses prédécesseurs, Fous les canards mise sur les chansons à texte, un genre en pleine résurrection, estime Bori. «On revient à la chanson avec un propos qu'il faut que t'écoutes et que tu sois attentif. Il y a un retour à cette envie de passer une soirée avec quelqu'un qui dit quelque chose. C'est plaisant, la chanson festive, celle où tu danses, tu rencontres tes amis, tu prends un verre, tu vibres physiquement. Mais c'est plaisant aussi une chanson que j'assimilerais davantage au monde du théâtre», confie celui qui ne s'est jamais vu faire autre chose que de la chanson à texte. «Mon but était de faire mes chansons. J'ai jamais fait ça pour faire l'argent et pour être connu. C'est peut-être pour ça que ça tient encore après 15 ans.» Son meilleurSans vouloir jouer au prétentieux et même s'il avait dit la même chose à propos de Dans ce monde poutt poutt, Bori estime que Fous les canards, qui paraît mardi, est son meilleur album. «Je suis content en cibole. Je l'ai réalisé au complet avec mon ami Guy Hébert. Je suis content de tous mes collaborateurs-musiciens, qui sont tous des amis. Je suis content de mon interprétation. J'aime le propos camouflé. J'aime les textes à double sens.» «C'est un album qui est politiquement peu correct. Je décris la façon peu humaine de gérer notre planète par certains gestionnaires, l'envahissement des médias au service des grosses corporations», indique Bori, qui a aussi dédié l'oeuvre à son père, décédé le 8 mars dernier. «La chanson À l'arraché, ça parle du départ de quelqu'un qui est rendu en fin de vie. Et moi, j'ai eu la chance de l'accompagner dans les quatre dernières années, durant sa maladie, et de le voir perdre ses feuilles tranquillement. Quand il s'est éteint, à la maison, entouré de tous les siens, j'ai pensé que ça valait la peine de lui dédier cet album.» |