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Charles Prévost Linton - Des Sinners au Canadien de Montréal
© Photo offerte par Charles Prévost Linton
Charles Prévost Linton à l’époque des Sinners dans les années 60

CHARLES PRÉVOST LINTON

Des Sinners au Canadien de Montréal

Géo Giguère
10-12-2008 | 21h40

Ce n’est pas très fréquent qu’un chanteur passe du rock et de la chanson pop à l’opéra. Charles Prévost Linton a donc dû faire des études sur le tard. Il faut dire que dans sa famille, il y avait des mélomanes et la musique classique était à l’honneur.

Son père et ses frères organisaient des soirées musicales. Ce fut donc relativement facile pour lui de devenir un chanteur lyrique dans la catégorie baryton.

Depuis quelques années, M. Linton saute sur la glace du Centre Bell et il est loin d’y chanter Penny Lane! L’ancien membre des Sinners, un groupe mythique des années soixante, est maintenant le chanteur attitré des Canadien de Montréal pour l’hymne national lors des matchs joués au Centre Bell.

Charles, vous avez une certaine nostalgie de l’époque des Sinners?

Oui et non. Je fais encore de la musique pop comme du swing, des chansons du style Broadway, etc. Et du rock et du blues avec des groupes d’amis pour le plaisir. J’ai d’ailleurs chanté au Mexique dans le groupe de blues de mon frère. Je touche encore un peu à tout même si ce qui me plaît le plus est le récital.

Avec les Sinners, j’avais une grosse boule de cheveux frisés! Les choses ont bien changé depuis, mais on me reconnaît encore (rires). Je suis encore surpris d’être reconnu et ce sont souvent des gens de la génération précédente qui font allusion aux Sinners. Je constate que les Sinners sont devenus un genre de groupe culte. Il faut dire que nous avions une énergie épouvantable et que nous étions parmi les premiers garages bands.

J’ai d’ailleurs dernièrement assisté à une soirée hommage aux Sinners intitulé Outrage aux Sinners! Il y avait là des musiciens de 20 à 30 ans qui ont interprété à leur façon nos succès. En les écoutant, je me suis dit que nous n’étions pas mauvais pour notre époque (rires). Les anciens Sinners se sont regroupés à l’occasion, dont une fois au Club Soda où nous avons remonté sur scène ensemble.

Que sont devenus vos anciens collègues?

Les membres fondateurs sont aujourd’hui dispersés et ne sont plus dans le métier. Il n’est pas encore question de revenir ensemble! Il y a François Guy qui est organisateur de l’événement Ma première Place des Arts. Je le revois à l’occasion.

Je n’ai pas de nouvelles de Louis Parizeau, le batteur. Georges Marchand, celui qui portait la mini-jupe à l’époque, est devenu par la suite directeur de banque et est aujourd’hui à la retraite. Jay Boivin, le beau blond, est déménagé en Californie il y a longtemps. Il est devenu un artiste graphique et il fait toujours de la musique là-bas. Je parle ici des membres originaux, mais il y a eu beaucoup de musiciens qui se sont succédé au sein du groupe.

Quel souvenir gardez-vous de la chanson Québécois?

Lorsque j’ai quitté le groupe en 1968, François Guy est revenu et le groupe a changé de nom pour celui de La Révolution française. Ce sont eux qui ont fait cette chanson. C’est Angelo Finaldi qui l’avait écrite en anglais et François l’avait traduite en français! Malheureusement, je n’ai pas participé à cette chanson.

40 ans plus tard, vous êtes le chanteur officiel du O Canada pour les Canadiens de Montréal. Comment ça se passe?

C’est drôle, car je n’ai jamais pensé à le devenir. J’ai toujours été un fan des Glorieux et je me souviens d’avoir vu et entendu Roger Doucet chanter au Forum. J’ai repris occasionnellement son flambeau depuis 8 ans et depuis 3 ans, je chante à toutes les parties régulières. Je suis donc leur chanteur de service et je revêts mon smoking quelques fois par semaine. C’est une autre corde à mon arc et ça me donne une visibilité inespérée.

Je n’ai pas accès au vestiaire des joueurs, mais j’ai accès au Salon des anciens. Je regarde la partie à partir de cet endroit où les anciens joueurs se regroupent. Je rencontre donc les anciens et je me suis lié d’amitié avec certains d’entre eux.

Quant aux joueurs actuels, je les croise dans le corridor avant ma performance. Certains me font un clin d’œil alors que Carey Price me donne toujours un high five. Je crois que l’on m’a choisi parce que je chante l’hymne national de façon formelle. Il n’y a plus d’orgue et je dois chanter a capella. Je suis loin de chanter de façon flyée comme avec les Sinners (rires)!

Quel est votre prochain spectacle, en terminant?

Pour la troisième année, je chanterai au parc Lahaye dans le cadre du Noël dans le parc. Le 19 décembre à 20 heures, je monterai sur scène pour interpréter des pièces traditionnelles, des cantiques du temps des Fêtes. Les familles sont bienvenues et, fait particulier, je chanterai avec ma fille unique Adèle-Élise. Nous chantons parfois ensemble même si elle ne prévoit pas devenir une chanteuse. Elle étudie actuellement pour devenir écrivaine. Soyez les bienvenues pour célébrer les Fêtes ensemble le 19 décembre!

En bref

Parmi les chansons importantes des Sinners, on note les versions de Penny Lane, des Beatles, et de Ne reste pas sous la pluie Sugar de Herman and The Hermits. Fait particulier, le groupe avait amené un éléphanteau dans les studios de TVA. L’animal s’était emballé en plein tournage et le groupe fut banni de TVA par la suite!

  • La 15e édition de Noël dans le parc se déroule du 6 au 21 décembre au parc Lahaie. Il est situé au coin de Saint-Laurent et du Boulevard Saint-Joseph à Montréal.
    Info: www.noeldansleparc.com

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