DURAN DURAN
Comme au bon vieux temps
Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
08-12-2008 | 10h21
Duran Duran offre un spectacle en club à Montréal. Sommes-nous en 1981? Non. On parle bien d'un show en 2008, au Métropolis, mercredi soir. Les fans -les femmes- vont délirer au possible.
Dans les faits, Duran Duran va rééditer un événement survenu il y a 27 ans. Le 25 septembre 1981, le groupe anglais formé de Simon LeBon, Nick Rhodes, Andy, John et Roger Taylor (aucun lien de parenté) s'offrait leur premier spectacle à Montréal au légendaire Club Montréal, qui allait devenir le Spectrum l'année suivante. À son passage suivant, en 1984, Duran Duran, propulsé par l'album Rio, s'offrait le Forum avec les Payolas en première partie.
Au bout du fil depuis New York, le batteur Roger Taylor avoue ne pas avoir de souvenir précis du show du Club Montréal. À cette époque, Duran Duran ne jouait qu'en club ou s'offrait des premières parties, comme celle de Blondie en 1982 -tournée qui a fait impasse sur Montréal.
Le dernier segment de l'actuelle tournée Red Carpet Massacre est des plus curieux. Duran Duran s'offre des arénas -comme le Air Canada Center de Toronto demain-, des clubs comme le Métropolis et des salles de dimensions variables entre les deux.
«Rendus où nous sommes, nous voulons avoir du plaisir et rien de tel que de jouer dans des contextes différents pour ne pas avoir de routine. Nous avons été l'un des premiers bands -sinon le premier -à se servir d'écrans pour leurs spectacles. Nous ne le faisons pas cette fois et ça nous permet de jouer dans des clubs.»
Choses à dire
Si le guitariste Andy Taylor n'est plus de la partie depuis 2006, Duran Duran compte quatre de ses membres originaux qui n'ont nullement l'intention de lancer l'éponge, eux dont la moyenne d'âge est de 48 ans. Les albums Astronaut (2004) et Red Carpet Massacre (2007) ont démontré que le groupe avait des choses à offrir.
«Comme bien des bands, on se disait qu'on allait avoir une carrière de cinq ans, se souvient Taylor. Non seulement nous sommes encore là près de 30 ans plus tard, mais nous avons cette chance d'être un band international, en ce sens que notre musique semble plaire sur tous les continents. Nous n'avions encore jamais mis les pieds au Brésil avant cette année, où plus de 20 000 personnes se sont déplacées pour nous voir. Tant que la musique nous animera, que les gens vont aimer ce que nous faisons et qu'il y aura de nouveaux lieux à explorer, on va continuer.»
Long terme
Le vétéran admet que la notoriété sert bien son groupe, qui s'est bâti un public fidèle au cours des décennies.
«Dans le temps, quand une compagnie de disques te mettait sous contrat, elle pensait à long terme et se disait que ça pouvait prendre un disque ou deux avant que tu perces. La jour-née qu'on nous a mis sous contrat, six autres groupes étaient signés la même semaine. Certains ont disparu, mais la plupart ont eu une carrière. Aujourd'hui, si ça ne marche pas du premier coup, tu te fais larguer.»