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One Night Band - Le reggae des survivants
© Le Journal de Montréal
One Night Band

ONE NIGHT BAND

Le reggae des survivants

Philippe Meilleur
Le Journal de Montréal
29-09-2008 | 04h00
Les derniers mois n’ont pas été faciles pour le groupe reggae-ska montréalais One Night Band. Après une longue et éreintante tournée qui aura eu raison de presque tous ses membres, la formation a quand même trouvé le moyen de revenir avec son deuxième album, qui puise dans les racines de la musique jamaïcaine.

Quand le One Night Band est revenu de sa tournée nord-américaine il y a un an, c’était la catastrophe. Pas que le public n’ait pas été au rendez-vous, au contraire. Simplement que cinq mois de vie commune sur la route dans des conditions exécrables ont eu raison de la volonté d’à peu près tous les musiciens du groupe.

Sur les six qu’ils étaient au début de l’aventure, deux seulement n’ont pas renoncé.

«Les résultats étaient là, on sentait que les amateurs et le milieu nous appuyaient, se souvient Alex Giguère, chanteur et guitariste du groupe. Mais plusieurs choses ont mal été. Notre camion de tournée s’est fait dévaliser, on mangeait du beurre de pinotte tous les jours, des tensions sont apparues…»

Dès le retour à la maison, le meneur s’est retrouvé seul à faire vivre le groupe avec un autre membre.

«Mais je n’ai jamais pensé lâcher, dit-il. Pas à mon âge. Je suis trop orgueilleux pour ne pas réussir selon mes propres critères, et j’ai toujours su que le groupe allait continuer.»

Remettant immédiatement l’épaule à la roue, Giguère s’est déniché de nouveaux musiciens et a rapidement relancé la machine.

BELLE RENCONTRE

Il semble que cette détermination n’ait pas été vaine.

Au cours d’un voyage à Los Angeles, le One Night Band fait la connaissance de Brian Dixon, guitariste du populaire groupe reggae The Aggrolites. Une complicité se crée et les deux parties décident de s’associer pour plancher sur la suite de Way Back Home, lancé en 2006.

«Dixon n’aime pas qu’on dise qu’il a réalisé l’album, mais c’est pas mal le rôle qu’il a joué, raconte Alex Giguère. C’est quelqu’un de la vieille école, alors il nous a fait enregistrer toutes nos chansons de façon très spontanée, imparfaite même. C’est en plein le résultat que nous cherchions. »

Le produit fini, Hit and Run, sera lancé le 7 octobre. Les douze chansons de l’album plongent dans le vieux reggae jamaïcain et le ska dans une esthétique résolument brute, premier degré. Rien, ou presque, n’a été retravaillé après l’enregistrement initial.

«On voulait absolument capturer l’essence du groupe sur scène, explique Alex Giguère. C’est devant le public que notre musique prend tout son sens et il fallait que l’album reflète ça.»

VERS L’AVENIR

Avec le recul, le chanteur estime que le changement de garde qui s’est opéré au sein de son groupe aura été bénéfique. «Nous sommes sortis de notre zone de confort, ça nous a forcés à changer notre façon de composer et de travailler», dit-il.

Le passé étant réglé, le One Night Band se tourne maintenant vers l’avenir et fonde beaucoup d’espoir sur Hit and Run. «Nous allons faire notre première tournée européenne en novembre, se réjouit Alex Giguère. À long terme, nous sommes convaincus que la reconnaissance du public va nous servir. Et nous allons travailler très fort pour que ça continue.»

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