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Dan Bigras - Tendresse exposée
PHOTO LE JOURNAL – YVAN TREMBLAY
Dan Bigras

DAN BIGRAS

Tendresse exposée

Philippe Renault
14-09-2008 | 04h00

Le coeur de rockeur de Dan Bigras ne cesse de s’attendrir au fil des années. Voilà qu’il lance maintenant Duos de la tendresse, un disque sur lequel il reprend ses succès, bien entouré de 13 voix féminines.

De Marie-Chantal Toupin à Ginette Reno, en passant par Lise Dion et Marie-Mai, Dan Bigras n’a pas eu peur de donner de toutes nouvelles directions à son oeuvre en faisant appel à des artistes de tous les horizons, sans oublier les femmes déjà présentes dans sa vie artistique telles Laurence Jalbert et Luce Dufault. Lui et ses musiciens ont dû faire preuve d’une grande polyvalence pour s’adapter à chacune d’entre elles.

«Je me suis tout d’abord entouré d’Alain Sauvageau (pianiste) et Dan Mongrain (guitariste) dans le but de trouver un son qui pourrait se situer au milieu de tout ce monde. Après, nous avons continué à travailler en fonction des chanteuses. Il fallait décoder ce qu’elles voulaient», relate-t-il.

C’est ainsi que Florence K. offre une interprétation plutôt jazzy de Pourquoi tu veux, qu’Isabelle Boulay se paye une version country de Rivière perdue et que Renée Martel s’est laissée bercer par Soirs de scotch (que Dan Bigras avait écrite pour Luce Dufault).

Cette dernière collaboration avait une signification très particulière pour Dan Bigras.

«Ça c’était une belle surprise. J’ai connu Renée Martel dans une période où j’en arrachais et elle m’a beaucoup aidé. Je me suis retrouvé à parler de ça dans cette toune», explique-t-il.

LES YEUX DANS LES YEUX

Il est vrai qu’un album de duos, c’est du déjà-vu au Québec. On n’a qu’à penser à Voix croisées, de Luc De Larochellière, ou encore à Duos Dubois, de Claude Dubois. Mais celui qui a vu sa carrière prendre du tonus avec le succès Tue-moi en 1992 tient à souligner que cette démarche de complicité fait partie de lui depuis ses débuts.

«Ça fait partie de moi. Même dans le temps des bars je le faisais», relate-t-il. On le voit évidemment partager la scène chaque année avec bon nombre d’artistes dans le cadre de son Show du Refuge, mais ici, le chanteur tient à apporter une nuance.

«Au Show du Refuge, il y a des gars. Mais là, je ne suis pas fou, je n’ai fait appel qu’à des filles! Quand je regarde mes tournées ou mes disques, je me rends compte que la moitié du temps, je collabore avec des filles», soutient celui qui a notamment tenu la barre de la tournée Dan et ses Blondes.

Chose certaine, ces collaborations féminines lui ont permis d’extérioriser plus que jamais son côté émotif.

«Ce disque devait se faire les yeux dans les yeux tout le long. Sans ça, je n’aurais pas fait de duos. C’est dans les yeux que tout passe et en plus, en chantant, on dit tout plus fort. C’est le disque où je montre ma tendresse avec le moins de cachette. J’ai toujours mis un paquet de codes pour la cacher. C’est un réflexe de gars de la rue. À cette époque, il a fallu que je devienne tough très vite. J’ai donc développé des réactions de macho et il fallait décoder mes messages de tendresse», évoque-t-il.

NOUVELLE VIE

Chose certaine, ses chansons, complètement remaniées, connaissent une toute nouvelle vie entre les mains de ces femmes. Un aspect très motivant pour l’avenir.

«Plusieurs de ces chansons, je ne les chantais plus. Mais là, en les entendant différemment, je crois que je vais les rechanter. Nous avons tous une sorte de top 10 de nos chansons, mais là je crois que je viens de le fourrer!» s’exclame-t-il.

Les duos de la tendresse

  • Marie-Chantal Toupin, Tue-moi
  • Marie-Élaine Thibert, Le Vent bleu
  • Ginette Reno, Lettre d’un vieux guerrier
  • Laurence Jalbert, Un homme ça pleure aussi
  • Isabelle Boulay, Rivière perdue
  • Marie-Mai, Naufrage
  • Marie-Mai, Lulu Hughes et Laurence
  • Jalbert, Trois Petits Cochons
  • Lise Dion, Entre les draps
  • Renée Martel, Soirs de scotch
  • Florence K., Pourquoi tu veux
  • Luce Dufault, Blessure d’amour
  • Lulu Hughes, Malbrook et le Président
  • Marina Orsini, Sarajevo
  • Natalie Choquette, Ange animal

Laurence Jalbert

Un homme ça pleure aussi

«Nous avons fait deux ans de tournée et donné 160 shows ensemble. Je me rappelle des gars qui venaient voir Dan lors des séances d’autographes. Ces machos venaient lui en parler avec sincérité et disaient que ça leur faisait du bien. Si Dan Bigras le chantait, eux aussi pouvaient le faire. C’est quelqu’un qui a su prendre sa souffrance et se faire des bras pour la lever le plus haut possible et la chanter.»

Lise Dion
Entre les draps

«Je pense que pour chanter ça, il lui fallait une humoriste. Peut-être qu’une chanteuse aurait eu de la difficulté à chanter ces phrases. Lorsqu’il m’a appelée, j’ai eu les jambes sciées puis, plus la date approchait, plus je me demandais pourquoi j’avais dit oui. Chanter des satires en show, ce n’est pas la même chose. Finalement, vu qu’il enregistrait chez lui, une barrière est tombée. Il a ensuite fallu que je m’ouvre pour laisser sortir ma voix.»

Florence K.
Pourquoi tu veux

«J’ai déjà travaillé avec Dan au Show du Refuge. Il m’avait intégrée au spectacle à la dernière minute et nous avions joué piano, voix, saxophone. Je l’ai ensuite invité à jouer du saxophone sur mon album. Lorsqu’il m’a envoyé une version très jazzy de cette chanson, j’ai tout de suite accepté et même lorsqu’il m’a proposé de m’en envoyer d’autres, j’ai dit que je voulais celle-là. J’aime aussi la façon dont le texte raconte la scène entre l’homme et la femme.»

Marina Orsini
Sarajevo

«Dan était déjà un ami. Quand il m’a demandé de participer en tant que lectrice de ce poème, ça m’a beaucoup touchée. Il parle de la misère à Sarajevo, mais aussi au coin de la rue chez nous. De le faire avec lui, surtout qu’il est allé à Sarajevo, a été un moment très intense. Il est un acteur formidable. C’était comme si nous étions sur scène et que je jouais au théâtre avec lui. C’était magique !»

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