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© PHOTO D’ARCHIVES – RAYNALD LEBLANC |
Thomas Fersen |
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TROIS PETITS TOURS
Thomas Fersen à la sauce québécoise
Philippe Rezzonico
07-09-2008 | 04h00
Trois Petits Tours est le septième disque
en 15 ans pour le Français Thomas Fersen.
Et qui se retrouve à la réalisation? Le
Québécois Fred Fortin.
Remarquez, ce n’est pas tant une surprise
quand on connaît la relation de Fersen avec le
Québec, lui qui l’a visité à satiété depuis la
parution du Bal des oiseaux, dans l’autre
siècle.
«En fait, ça fait déjà deux disques que je pense
confier la réalisation à Fred, note Fersen,
joint en France. J’ai découvert sa musique en
2001, lorsque je faisais une de mes tournées
chez vous, mais ce n’est qu’en 2007 que tout
était en place pour qu’il s’acquitte de la tâche.
Il était assez sur le cul quand je lui en ai fait la
proposition !»
Fersen et Fortin ont enregistré la quasi-totalité
de l’album au Québec à l’automne 2007 et
quelques titres manquants en février 2008, lors
du passage du Français sur nos terres pour de
nouveaux spectacles, avant de faire le mixage à
Paris il y a quelques mois.
Et qu’est-ce que Fred Fortin apporte aux compositions
et à la musique de Fersen?
«Son apport le plus flagrant tient à sa rythmique,
note-t-il, mais il y a aussi un dynamisme.
Il donne envie d’écouter ce qu’on fait.»
RÉFÉRENCES FAMILIÈRES
Les fans de Fersen ne seront pas surpris d’apprendre
que Trois Petits Tours regorge de références
familières à l’univers du cher Toto, mais
que pour la première fois, les références aux
objets, notamment aux malles et aux valises
(Germaine, Embarque dans ma valise, La
Malle) –, sont plus nombreuses que celles aux
personnages animaliers.
«Il y a toujours eu des références aux objets,
mais c’est vrai que les objets étaient parfois un
peu cachés. Quand j’ai écrit Germaine, la première
chanson et le nom que j’ai donné à ma
valise, qui m’a suivi sur les sièges de train, les
banquettes de café et les avions, je ne savais
pas que ça allait être la base d’un autre disque.
Puis, de compo en compo, j’ai parlé de mes
contacts avec les douaniers, de ma peur de
l’uniforme ; bref, des choses qui meublent les
voyages.»
Tout comme son dernier disque de spectacle
et ses deux récentes tournées intimistes, l’ukulélé
est l’instrument central de l’album.
DU PIANO AUX CORDES
«À 14 ans, je voulais être guitar hero, puis,
pendant des années, je privilégiais mes compositions
faites au piano parce que je ne tirais
rien de bon de mes compos gratouillées sur
l’ukulélé dans les chambres d’hôtel. Maintenant,
depuis Germaine, j’en suis satisfait. La
cocasserie de l’instrument propose de bons
reliefs. On ne l’a pas gardé pour toutes les
chansons, mais quand il était indispensable,
on le conservait.»
Après toutes ces années, Fersen est-il satisfait
du chemin parcouru en tant qu’auteur-compositeur
?
«En dépit de la singularité de mon univers et
de mes personnages, j’ai un propos universel
auquel les gens se sont rattachés. Vous savez,
je n’ai rien de prémédité, je n’ai pas de matériel
qui traîne dans les tiroirs. Ça me permet
de conserver une fraîcheur. J’ai une trajectoire
un peu sinueuse, un peu emmêlée, mais qui
se tient par le même fil.»