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Album hommage - Gregory Charles honore Félix Leclerc
© Martin Bouffard - Le Journal de Montréal
Gregory Charles

ALBUM HOMMAGE

Gregory Charles honore Félix Leclerc

Vanessa Guimond
03-09-2008 | 22h50

À l’occasion du lancement de l’album hommage à Félix Leclerc hier, le musicien Gregory Charles, qui y interprète la pièce Contumace, se confie à propos de sa vision d’un des plus grands poètes qu’ait connu le Québec et sur les motivations qui l’ont poussé à s’impliquer dans un tel projet.

Quel a été votre premier contact avec l’œuvre de Félix Leclerc?

Quand j’étais jeune, je faisais partie de la chorale de mon école et j’accompagnais les chanteurs au piano. Je me rappelle qu’une fois, nous devions faire une version de L’hymne au printemps. Je devais la jouer au piano et mes petites mains de jeune garçon de sept ans étaient trop petites.

Ma mère avait dû adapter la partition pour moi. Ensuite, l’année d’après, j’avais gagné un concours et c’est Félix qui avait été invité à remettre les prix. Je me rappelle d’avoir été très impressionné. Mes parents aussi l’étaient. Au début des années soixante-dix, mes parents me traînaient dans une foule de concerts, dont certains de Félix Leclerc. Il est décédé en 1988, au moment de mes premiers pas dans le monde du spectacle Je suis vraiment de la génération d’après.

Au fil des années, votre perception de l’homme et de l’artiste qu’était Félix Leclerc a-t-elle changé?

J’adore l’histoire et ma perception de celle-ci est très liée à la musique. Les gens qui me connaissent savent que pour moi, tout est lié à la musique. Même quand j’étais jeune, j’ai été amené à écouter tous les genres de musique. Pour moi, Félix est le premier gars après la Deuxième Guerre mondiale qui chante, qui conteste, qui déclare et qui définit qui sont les Québécois. Félix Leclerc représentait les paradoxes québécois.

C’était un romantique, mais il était aussi dur et très moralisateur, sans être cynique. C’est ce que j’aime de lui. Il n’a pas de cynisme dans ses paroles. C’est un croyant. C’est ce qui vient me chercher. Je ne prétends pas être de son calibre, mais j’espère qu’il y a un peu de ça dans ma musique.

Justement, lorsqu’on est amateur de musique comme vous l’êtes, est-ce que l’on cultive une certaine crainte face à la reprise d’une œuvre d’un artiste comme Félix Leclerc?

Certainement. Je dirais que j’ai résisté longtemps. Je ne me sentais pas comme un candidat potentiel pour faire ça. Si l’on regarde l’album en hommage à Félix, on se rend compte que les artistes qui y ont participé vont tous se faire honorer un jour et je ne dis pas cela pour paraître modeste. Il va y avoir un hommage à Gilles Vigneault un jour, il va y avoir un hommage peut-être dans dix ou vingt ans à un gars comme Vincent Vallières.

Pour ce qui est de Chloé Ste-Marie, elle va probablement recevoir une médaille bientôt, c’est certain. Ce ne sont que des exemples, mais moi, je ne suis qu’un clown. Il n’y aura pas d’hommage à Gregory Charles. Je pense que des gens vont applaudir ce que j’ai essayé de faire, mais je ne pense pas que ce soit de ce calibre-là.

Je suis un des 14 interprètes, mais il y aurait pu en avoir d’autres. Qui suis-je moi? Je pense que ma seule valeur rédemptrice, c’est que j’aime la musique plus que n’importe qui d’autres là-dedans. Personne ne peut aimer la musique plus que moi. Je suis un freak. C’est pour ça que je suis impossible à cerner. J’aime Félix en freak aussi. J’aurais pu chanter toutes les chansons sur cet album. Ça m’a pris cinq mois avant d’accepter. Je crois que je suis le dernier à avoir dit oui.

Croyez-vous que la production d’un album de ce genre va contribuer à perpétuer l’œuvre de Félix Leclerc?

Je crois que toutes ces chansons devraient faire partie du patrimoine musical des Québécois. Je voudrais que ce répertoire-là traverse les générations. C’est pour cette raison que ce genre de compilations peut être utile. Cette démarche est pédagogique. En plus, je ne suis pas innocent, je sais qu’à ce moment-ci de notre histoire, mon nom ne nuira pas à la promotion de l’album. Je suis aussi conscient de l’impact que ce projet peut avoir. Je trouve que c’est mon devoir d’y participer, en plus d’être un plaisir, un honneur et un privilège.

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