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Pauline Croze - Sur le divan
© Canoë - Caroline Ethier
Pauline Croze insuffle des accents funk et soul à une chanson française modernisée.

PAULINE CROZE

Sur le divan

Caroline Ethier
04-08-2008 | 15h24

Insufflant des accents funk et soul à une chanson française modernisée, les confessions intimes de Pauline Croze sont douces sans être doucereuses, introspectives sans être nombrilistes. Remarquée en 2005 avec son premier album éponyme, l’artiste sortait à la fin 2007 Un bruit qui court, son deuxième opus.

Incursion dans l’intimité de la chanteuse qui nous parle de ses sentiments, de sa relation avec la scène, et de l’influence de sa mère psychanalyste.

Sur votre premier album éponyme, vous chantiez «malgré les mises au point, je suis floue». Un album plus tard, êtes-vous toujours envahie par le même sentiment?

Ça peut m’arriver mais avec moins d’intensité. Mais il y a des points où parfois il est toujours question de ce flou. Par exemple, le fait de faire de la musique ou pas, d’être à ma place ou pas, d’avoir envie de continuer ou pas. Pour moi, c’est toujours flou (rires).

Bien que je me sente plus sûre de moi avec ce deuxième album, cela laisse place à de nouveaux doutes. Un peu comme des vases communicants, ça tourne. Sur scène, j’ai plus confiance en moi, j’arrive plus à gérer mon trac. C’est la même chose dans mes rapports avec les gens, je me sens plus solide et je sais plus où je vais.

Cette scène, vous l’abordez avec appréhension ou impatience?

Des deux façons. Avec impatience parce que je vis des moments sur scène que je ne vis pas ailleurs. Cette sensation vraiment forte du contact avec le public, une intensité physique et musicale en même temps. Et avec appréhension parce que je ne sais pas si je vais arriver à être dans un état qui me permette de vivre ça. Je ne suis pas quelqu’un de forcément showgirl, je ne suis pas très visuelle ou extravertie. Je me dis, est-ce que c’est un manque que les gens ressentiront eux aussi?

Comment combattez-vous cette appréhension de la scène?

Ce qui me pousse sur scène, c’est l’envie de chanter et comme cette envie est plus forte que tout, elle me prend par la main et m’emmène sur la scène.

Sur ma première tournée, je subissais beaucoup, je souffrais d’être sur scène. Par de rares moments seulement, je me suis sentie à peu près bien. Moi, je veux chanter, je ne veux pas qu’on me voie. Par contre, sur cette deuxième tournée, je me fais plus confiance. J’assume plus le fait d’être là et je n’essaie plus de repousser le moment. Le fait que les gens étaient au rendez-vous lors de ma première tournée m’a aidée un peu à m’aimer. Je ne m’attendais pas à ce que les gens aient envie de me voir. Aussi, je m’amuse plus sur scène, j’arrive plus à m’extérioriser.

Votre premier album est très introspectif. Retrouve-t-on ce même univers dans Un bruit qui court?

Je pense, oui, mais il est différent, un peu plus léger, un peu plus entraînant et plus détaché de moi. Il y a bien sûr des morceaux où je parle de choses plus ou moins heureuses par rapport à moi. J’ai essayé de ne pas toujours employer le «je» mais j’ai l’impression que si on parle d’une chaise, d’une maison ou d’une fleur, quelque part on parle toujours de soi. C’est un chemin contourné qui vient de nous quand même.

Le titre de ce deuxième album, Un bruit qui court, qu’évoque-t-il?

Ça évoque deux choses. La première, c’est cette idée de mouvement, de dynamisme, de quelque chose qui avance. La deuxième, c’est l’idée qu’un bruit qui court, quelque chose qui est sur le fil. On en parle, mais il faut laisser passer un peu de temps pour voir si ça sera du solide ou si ce n’était que du vent.

On dit souvent que le deuxième album confirme l’artiste. Mon premier album a connu un certain succès. J’emploie un certain cynisme en disant, est-ce que je ne suis qu’un bruit qui court ou je serai confirmée auprès des gens?

Votre mère est psychanalyste. Est-ce que cela a influencé la personne que vous êtes? Les mères peuvent être assez inquisitrices de la vie privée de leurs enfants. Imaginons ce que peut être une mère psychanalyste!

(Rires) En tout cas, ça m’a toujours mise dans un esprit d’introspection. Pour moi, le rêve est un univers qui me nourrit beaucoup. Le métier de ma mère m’a permis de me concentrer sur le phénomène de la rêverie et de l’inconscient. Je crois que c’est ce qui a accompagné le côté introspectif de mes chansons.

En 2005, vous révéliez vos talents d’interprète en présentant une version reggae de Enjoy The Silence de Depeche Mode. Est-ce que vous revisitez des chansons dans votre spectacle actuel?

En fait, je n’ai pas eu d’idée, rien ne m’a inspirée. Ce que je trouve intéressant c’est de trouver une façon de détourner une chanson, de la faire carrément autrement. Je préfère que ça vienne tout seul plutôt que de faire un truc dont je suis à moitié convaincue. Mais j’aimerais bien en refaire une.

Vous pourriez lancer un concours sur votre site, vos fans pourraient vous souffler quelques idées!

(rires) Oui, pourquoi pas! Ça ne serait pas une mauvaise idée! J’aime bien reprendre des chansons. J’ai repris la chanson You’re The One That I Want de Grease. J’en ai fait une version très, très, très lente. J’aimerais que quelqu’un me propose quelque chose de vraiment à l’envers. Mais c’est vrai que je devrais proposer cela aux gens!

Peut-être recevrez-vous des propositions de vos fans québécois?

Oh oui, je l’espère! (rires).

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