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© Le Journal de Montréal |
Michel Faubert |
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MICHEL FAUBERT
Sur la voie de service
Caroline St-Pierre
Le Journal de Montréal
02-08-2008 | 04h00
Pour Michel Faubert, porte-parole du festival La Grande Rencontre, la musique traditionnelle a plus que jamais sa place en 2008, puisqu’elle est inextricablement
liée à l’identité québécoise.
L’artiste pense que, même aujourd’hui,
dans une ville où les festivals
de musique contemporaine pullulent,
il importe de promouvoir la musique
traditionnelle. «Dans le courant de
standardisation de la musique, il faut
préserver la musique traditionnelle
et la faire évoluer», explique-t-il.
«Il y a une longue histoire entre
l’identité québécoise et ce genre de
musique. Contrairement à la
musique populaire, on ne peut pas
compter sur les Américains ou les
Français pour la faire. C’est seulement
nous qui pouvons puiser dans
nos sources.»
CONTEUR
Selon Michel Faubert, plusieurs
musiciens, chanteurs et conteurs traditionnels
d’ici sont plus connus à
l’étranger qu’au Québec. Le festival
constitue donc une vitrine importante.
«Le conteur Fred Pellerin est la
pointe de l’iceberg. Il est la personne
médiatiquement reconnue comme
conteur. Mais il existe tout un univers
de conteurs», dit-il.
Michel Faubert est à la fois chanteur,
conteur et compositeur. Bref,
c’est un touche-à-tout. Ses influences
sont autant folkloriques que jazz,
rock ou techno. Son dernier album,
La Fin du monde, sorti en 2006, a
remporté un Félix pour sa réalisation.
Il est également membre du
groupe Les Charbonniers de l’Enfer.
«Je suis peut-être un conteur-chanteur-
patenteux, mais le terme qui me
convient le mieux est conteur. Même
dans la chanson je suis conteur. Je
privilégie la complainte, soit des
récits légendaires souvent
tragiques», explique-t-il.
PRIX ALDOR
Le 15 juillet dernier, l’artiste s’est vu
décerner le prix Aldor à l’occasion du
lancement de la 16e édition du festival.
C’est pour sa contribution exceptionnelle
à la chanson traditionnelle
et à l’univers du conte que le directeur
artistique du festival, Michel
Garand, l’a choisi.
«Artistiquement, je me promène
toujours sur la voie de service, je n’aime
pas les autoroutes. Donc le fait
d’être reconnu par mes pairs, dans le
cadre d’un festival aussi important
que La Grande Rencontre, m’a
vraiment fait chaud au coeur»,
déclare-t-il.
Lorsqu’il n’est pas en tournée à travers
le Québec avec Les Charbonniers
et Gilles Vigneault, Michel Faubert
planche avec Jérôme Minière
sur son prochain album, qui devrait
paraître au printemps prochain. Il
monte également un spectacle sur les
légendes fantastiques avec le musicien
Daniel Roy, qui s’intitulera Le
Fantôme dans la télévision et autres
fantastiques récits de vie.
La Grande Rencontre,
du 8 au 10 août au parc La Fontaine, à
Montréal.
Michel Faubert présentera
le 10 août un spectacle des
chansons de son album La
Fin du monde dans le cadre
du festival La Grande Rencontre.
Il sera accompagné
de ses musiciens et d’invités
spéciaux dont Jérôme
Minière.
Le petit festival qui voit grand
Le festival La Grande Rencontre, rendezvous
montréalais de la musique et de la
danse traditionnelles, a le vent dans les
voiles. Année après année, il ne cesse de
grandir.
Depuis qu’il a vu le jour dans Hochelaga-
Maisonneuve il y a seize ans, le festival La
Grande Rencontre a connu une expansion
considérable. Aujourd’hui, plus de 20000 personnes
y assistent, contre 1300 lors de sa première
édition.
De HoMa, le festival a d’ailleurs migré vers le
parc La Fontaine, dans le Plateau-Mont-Royal,
où il offre près de 70 activités et spectacles
gratuits et présente une cinquantaine d’artistes,
dont plusieurs viennent de l’étranger.
Le tout grâce à un budget relativement petit
de 200000 $.
Pas mal pour un festival qui ne vit que des
contributions volontaires du public et de l’aide
financière du gouvernement.
Pour son fondateur, Gilles Garand, la survie
du festival est une victoire. «Cela démontre
notre vitalité, notre ténacité et notre volonté de
faire en sorte que la tradition soit mise en
valeur de façon exceptionnelle», dit-il.
INTERNATIONAL
Au fil des ans, le festival a d’ailleurs attiré plusieurs
artistes de renommée internationale.
«La Grande Rencontre, c’est plus que de la
musique traditionnelle. C’est aussi la rencontre
des artistes du monde et du public, de
l’univers traditionnel et du milieu urbain»,
explique Gilles Garand.
Cette année, la musique scandinave sera privilégiée
puisque des artistes originaires de la
Norvège, de la Finlande et du Danemark seront
à Montréal. Le duo finlandais Lepistö&Lehti,
un ensemble surprenant de contrebasse et
d’accordéon, sera un incontournable, selon
Gille Garand.
Les artistes de chez nous seront également
présents. Le chanteur et conteur Michel Faubert,
porte-parole de l’événement, interprétera
des pièces de son album La Fin du monde, au
Théâtre de verdure. Les Charbonniers de l’Enfer,
dont il fait partie, y fera également une
représentation.
Michel Faubert rappelle l’importance d’un tel
festival. «La Grande Rencontre permet de faire
connaître des artistes d’ici qui voyagent beaucoup
dans les festivals à l’étranger et qui
demeurent peu connus dans leur propre pays»,
affirme-t-il.