YELLELa musique sans limitesVanessa Guimond 30-07-2008 | 16h57
La chanteuse française Yelle a beaucoup fait parler d’elle depuis la sortie de son album Pop Up à l’automne 2007. En effet, avec des «tubes» comme À cause des garçons et Je veux te voir, la jeune artiste de 25 ans et ses deux complices GrandMarnier et Tepr ont réussi à séduire les amateurs de musique électro un peu partout sur la planète. Des États-Unis à la France, en passant par l’Australie et le Japon, les admirateurs de Yelle fredonnent les paroles dénuées de pudeur de la chanteuse, tout en se déhanchant au son électrisant des pièces de Pop Up: «Cuisi c’est quoi ta position favorite/ Tes performances olympiques/ Mais tu n’as rien d’orgasmiques/ Tu es tout nu sous ton tablier/ Prêt à dégainer/ Mais j’t’avoue rien n’y fait.» À quelques heures du premier spectacle qu’elle offrira dans le cadre des FrancoFolies de Montréal, la chanteuse qui luttait encore contre les effets du décalage horaire en a profité pour discuter de sa carrière musicale et du succès dont elle jouit depuis ses débuts. Vous avez connu un succès pratiquement instantané depuis vos débuts en 2005. Est-ce que vous aspiriez à une carrière musicale avant que le phénomène Yelle voie le jour? Je ne pensais pas que ça débloquerait aussi rapidement. J’avais envie de faire ce métier-là depuis longtemps, depuis que je suis toute petite. Je me disais que j’allais prendre le temps de faire les choses et de voir, mais je ne pensais jamais que ça irait aussi vite. Ç’a été beaucoup plus vite que prévu, en effet. Nous nous sommes retrouvés propulsés par les médias alors qu’on se disait que nous allions faire un album et prendre notre temps. Après, ce n’est pas mal, parce que ça nous a vraiment permis de faire les choses qu’on aimait et de profiter de tout ce qui s’est passé depuis comme les voyages par exemple. Justement, par rapport aux voyages, la vie en tournée vous plaît-elle? Oui, mais c’est difficile dans le sens où tu es loin de chez toi et que tu as seulement ta petite valise qui te rappelle juste un peu tes trucs. C’est vrai que ce n’est pas toujours évident, mais c’est génial quoi! Nous vivons des trucs complètement fous. Nous sommes allés en Australie, aux États-Unis, en Scandinavie. Nous allons au Japon dans une semaine. C’est complètement dingue! Nous hallucinons! Nous allons avoir vécu une année complètement folle. Nous sommes vraiment ravis. Est-ce qu’il y a une ville ou un pays en particulier qui vous a particulièrement marqué? C’est vrai que j’ai eu plusieurs coups de cœur. Sydney a été un gros coup de cœur, New York aussi. Montréal pareil je dois dire. C’est vrai qu’ici, nous avons eu un accueil assez fort. La dernière fois que nous avons joué, c’était au Club Soda et nous avons eu un accueil complètement dingue. Nous nous disions que vu que nous chantons en français, nous allions certainement être mieux reçus ici, mais nous ne nous attendions pas à l’accueil que nous avons reçu. C’était incroyable, c’est pourquoi nous sommes contents de revenir pour les Francos. Avec l’expérience, sentez-vous que votre musique a connu une certaine forme d’évolution? Ouais, certainement. De toute façon, notre vision de la musique en général a beaucoup changé et évolué. Nous avons appris beaucoup. Ici ça se passe bien, mais il y a d’autres pays où c’était plus difficile, où les salles n’étaient pas forcément blindées. Donc, ce n’était pas toujours facile, mais nous avons appris. Notre musique va évoluer elle aussi. Nous avons envie d’avoir notre son à nous, notre identité musicale, et je pense que ce sont des choses qui vont venir au fur et à mesure. Je pense déjà que sur le prochain album ce sont des choses qui vont se sentir. Allez-vous poursuivre votre carrière en français? Oui, je pense que nous allons continuer en français, même si nous avons parfois envie de faire quelques morceaux «clin d'œil» avec des mots en anglais. Le français est quand même notre langue maternelle et la langue dans laquelle nous avons une facilité à écrire pour évoquer des sentiments et des choses comme ça. En anglais, c’est vrai que ce serait moins facile d’exprimer des émotions. Vous ne semblez pas vous imposer de limites quant aux sujets que vous exploitez dans vos chansons. La musique est-elle un moyen pour vous de briser certains tabous? Yelle, ce n’est pas un personnage. C’est vraiment moi, mais c’est la partie extravertie de moi. Je ne suis pas complètement exubérante comme ça au quotidien, mais c’est vrai que ça me permet de parler de certaines choses comme la sexualité. Je ne me cache pas derrière quelque chose, mais ça me permet d’aborder tous les sujets sans aucun tabou. Vous est-il déjà arrivé de vous autocensurer? Non, pas pour jusqu’à présent. Sur l’album, on s’est vraiment lâchés. On a vraiment tout gardé. Même au niveau de l’écriture, nous sommes vraiment très spontanés, mais nous n’avons rien coupé finalement. On se dit que ça va continuer comme ça. Nous avons envie de garder cette liberté de ton. Pouvoir avoir la liberté de parler de ce que nous voulons, c’est génial. Avez-vous commencé à travailler sur votre prochain album? Nous avons quelques idées déjà, quelques bouts de morceaux, mais rien de concret pour le moment. Au mois de septembre, nous allons avoir congé alors nous allons pouvoir nous y mettre. Nous ne savons pas quand nous allons le sortir avec tous les spectacles que nous allons donner au cours des prochains mois. Nous espérons pouvoir le lancer à l’été 2009. |