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Osheaga - Iggy & The Stooges: puissance brute
Courtoisie
Iggy Pop, Scott et Ron asheton, The Stooges

OSHEAGA

Iggy & The Stooges: puissance brute

Évelyne Côté
03-08-2008 | 04h00
Si leurs détracteurs de la fin des années 60 se demandaient, incrédules, quelle mouche avait bien pu piquer Iggy and the Stooges, il faut savoir qu'elle les pique encore, même une fois les années d'héroïne passées.

Et les 60 ans bien sonnés.

Malgré un hiatus presque aussi long que la moyenne d'âge des lecteurs du journal ICI, de 1974 à 2004, l'infâme formation n'a jamais cessé d'exister.

Gracieuseté des riffs brutaux mais crus de Ron Asheton et du torse le plus célèbre et malmené du rock (ce n'est pas peu dire), le groupe palpite dans la musique du jour, de la pop au punk, mais derechef en chair et en os.

«C'est incroyable de voir des foules de 60, 70 000 personnes aussi engagées dans notre performance, de la scène jusqu'au fond!» commence d'emblée le guitariste Ron Asheton.

Quand on lui demande si l'effet comeback y est selon lui pour quelque chose, il répond sans hésiter: «Oh l'énergie a augmenté! Décidément. Le plus on joue, le plus on visite de nouvelles villes, le plus les gens se parlent et ça fait de nos shows un gros événement.»

On a presque envie de lui demander s'il vivait sous une roche ces 30 dernières années, alors que le groupe connaissait ses succès d'estime qui, au fil du temps, sont devenus des incontournables du punk - métissé pour le son, s'imprégnant notamment de la rugosité du blues, et pur pour l'attitude, faisant de leurs performances un rituel hémoglobiné où certains arguent que le stage diving aurait été créé.

Mais celui qui a entre-temps collaboré avec Thurston Moore ou encore des membres de MC5 est simplement désarmant d'enthousiasme.

Comme le jeune premier qu'il a déjà été, alors qu'il rencontrait Iggy suite à un renvoi de son école secondaire pour avoir séché plus de trois jours, question de voyager à Londres.

«Je n'avais que 17 ans; lui, 18. Il jouait du drum et moi, de la basse dans un groupe qui s'appelait les Prime Movers. Iggy était très bon batteur; il voulait d'ailleurs que notre premier band avec mon frère [le batteur Scott] s'appelle les Asheton Brothers, avec deux batteries! Mais je ne trouvais pas que ça sonnait bien, ce truc de frères, genre Walker Brothers ou Righteous Brothers.»

De là, prise de risques.

Mise de l'avant de l'anti-charisme d'Iggy et du sens viscéral de la mélodie des frères à ses cotés, donnant à nos collections de disques les Stooges, Fun House et Raw Power qui ont précédé The Weirdness, paru l'an passé.

Et qui n'ont pas pris une ride.

«L'âge n'a rien à voir dans notre capacité à donner un bon show. Si ça se trouve, Iggy en met davantage que dans ses jeunes années. L'attitude des gens a changé, par contre: c'est bien de pouvoir jouer sans se méfier de recevoir des trucs sur la gueule. Toutefois, pour ce qui est de la santé d'Iggy... disons que, quand je le perds du regard, eh bien, tu peux parier qu'il est grimpé quelque part!»

  • Iggy and the Stooges, dimanche 3 août. 20h à 21h
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