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Entrevue - Arman Méliès profite d’une nouvelle liberté
© Lisa Roze
L’artiste français Arman Méliès sera en spectacle les 26 et 27 juillet dans le cadre des FrancoFolies de Montréal.

ENTREVUE

Arman Méliès profite d’une nouvelle liberté

Vanessa Guimond
25-07-2008 | 19h49
Le chanteur français Arman Méliès foulera les planches de la scène Loto-Québec, de même que celles du Cabaret Juste pour rire les 26 et 27 juillet dans le cadre des FrancoFolies de Montréal.

Arrivé au Québec depuis à peine 24 heures, l’artiste qui en est à sa deuxième visite dans la métropole (il a participé à l’événement Pop Montréal en octobre 2007) semblait en pleine forme et complètement remis du décalage horaire. Profitant du soleil sur la terrasse de l’hôtel Hyatt Recency, Arman Méliès a pris quelques minutes de son temps afin de discuter de l’évolution de sa musique, ainsi que des spectacles qu’il présentera samedi et dimanche soir.

Vous n’êtes pas trop fatigué du voyage?

Arman Méliès : Non, non. Ç’a été finalement. Nous avons un peu lutté hier soir pour pas nous coucher trop tôt, alors avec les musiciens nous sommes allés de bar en bar, boire de la bière! Nous nous sommes couchés à minuit, alors du coup, aujourd’hui c’est super. Nous allons être en forme pour le spectacle de samedi.

Justement, est-ce que vous pouvez nous parler un peu de la formule du spectacle que vous allez présenter à Montréal?

A.M : Maintenant, je tourne avec des musiciens. Longtemps, j’ai fait des concerts solos où j’utilisais la guitare acoustique et des samples qui me permettaient de construire des morceaux. C’était très atmosphérique, très expérimental. J’avais envie de faire quelque chose qui soit plus concis, plus direct, plus nerveux. Je joue donc avec un batteur, un claviériste, un guitariste électrique et moi je joue essentiellement de la guitare électrique aussi. Il y a un côté un peu plus tendu.

Vous jouez vous-même de plusieurs instruments…

A.M : Je joue… C’est un bien grand mot. Quand j’enregistre, je joue un peu les claviers, un peu de basse et un peu de bongo. Sur scène par contre, je ne joue que la guitare. Je n’ai pas le niveau pour jouer autre chose.

Dans votre spectacle, vous allez présenter essentiellement les pièces de Casino, votre dernier album?

A.M : Oui, essentiellement. Je joue encore quelques anciennes pièces, mais naturellement, j’ai forcément envie de jouer les nouveaux morceaux. En plus, les nouveaux titres ont été écrits dans l’optique de pouvoir les jouer en groupe sur scène et de faire quelque chose de moins cérébral. Avant, mes concerts parlaient surtout à la tête et là j’avais envie que ça parle aussi un peu au corps.

L’album Casino est sorti en avril en France et en juillet au Québec, donc c’est la première fois que le public québécois aura la chance de vous voir jouer vous nouvelles pièces sur scène. Comment décririez-vous l’atmosphère qui englobe les pièces de cet album?

A.M : Il y a beaucoup d’influences folks et hip-hop anglo-saxons. Il y a un côté mélancolique qui est aussi assez présent. J’écris mes textes en français et je dois dire qu’ils sont assez travaillés. Ils peuvent être lus à différents degrés. Au départ, quand j’ai commencé, j’avais l’idée de présenter du folk à la française, de manière très dépouillée. Petit à petit, je me suis pris au jeu des arrangements et j’ai mis plus de guitare, de synthétiseur et parfois même des cuivres. Les ambiances ont un peu changé. C’est devenu plus nerveux, moins mélancolique et plus sophistiqué. Maintenant, c’est vrai que lorsque j’écoute Casino, ça n’a pratiquement plus rien à voir avec du folk finalement!

De quoi vos textes sont-ils inspirés?

A.M : Ils sont inspirés de plus en plus de ma vie. Ce n’était pas le cas au départ. Je me suis inspiré de mes lectures, d'autres disques et aussi de gens que j’admire comme Alain Bashung, Dominique A et Léo Ferré. De plus en plus, ce que je vis personnellement s’invite dans mes chansons. Peut-être que j’étais trop timide avant. Ça permet de me libérer de certaines émotions.

Vous avez eu la chance récemment de travailler avec Alain Bashung sur son album Bleu pétrole. Comment s’est déroulée l’expérience?

C’était très très bien. Pour moi, c’était un honneur. J’ai toujours manqué un peu d’assurance. J’ai toujours voulu être profil bas et je n’osais pas toujours faire les choses de façon totalement libérée. Le fait que quelqu’un comme Alain Bashung, que j’admire énormément, me demande de travailler avec lui, ça m’a libéré. D’un seul coup, tout est devenu possible. Toutes les limites fictives que je m’étais imposées ont disparu. Il m’a beaucoup influencé dans le sens où indirectement, je pousse beaucoup plus mes limites depuis notre collaboration.

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