ENTREVUEClaude Dubois s’entoure de 1001 choristesVanessa Guimond 03-06-2008 | 11h52
Après avoir marqué les Québécois par ses multiples duos réalisés avec des monuments de la chanson francophone tel Isabelle Boulay, Patrick Bruel, Céline Dion, Garou, Gilles Vigneault et Richard Desjardins, Claude Dubois est de retour avec un tout nouvel album. Conçu après avoir capté les voix de 1000 choristes lors des quatre spectacles donnés par Claude Dubois dans le cadre de La Semaine internationale de la chanson à l’automne 2007, ce nouvel album comporte 22 chansons revisitées, dont les succès Plein de tendresse, Infidèle, Lettre à l’univers et Si Dieu existe. À LIRE AUSSI
Canoë: C’est vous qui avez initié le projet de présenter un concert avec des choristes? Claude Dubois: Nous avons été approchés pour ce projet il y a un peu plus de deux ans. J’avais dit que j’allais le faire seulement si on me laissait enregistrer les concerts. À la lumière de ça, nous avons été très attentifs aux arrangements et nous leur avons demandé de nous faire un genre de démo. Nous avons été vraiment chiants (rires). Nous leur avons demandé de recommencer maintes et maintes fois. Il faut dire que les arrangeurs ont été charmants, parce que même si ce qu’ils avaient produit était très bien, il y a eu l’album Duos qui est arrivé entre temps. Alors, sur les chansons qui allaient se retrouver dans le concert Duos Dubois, nous avons aussi amené des modifications au niveau des arrangements. Ça été très laborieux. À un moment donné, j’ai failli tirer sur la plogue comme on dit. Nous tenions depuis le départ à ce que ce soit un album très pop, ou alors très doux, très ouvert. Nous ne voulions pas nous diriger vers une sonorité trop «chorale». Ce n’était pas notre but. C’est pour cela que les choristes ont été enregistrés en live, mais que nous avons tout bougé et replacé. Nous avons trafiqué les choses en fait! C: Est-ce que certaines des chansons sur l’album ont été épargnées par ce processus? C.D: Il y a peut-être deux ou trois chansons qui sont restées identiques, mais nous avons utilisé tout ce que nous avons pu pour les autres. Nous nous sommes servis des enregistrements des quatre spectacles. Je dois absolument mentionner le travail exceptionnel d’Alain Sauvageau, car il a passé tout l’hiver là-dessus. Nous avons fignolé tout ça ensemble seulement au mois de mars. C’est étonnant ce que nous avons pu réussir à obtenir. Au bout du compte, par moment, certaines chansons vont même jusqu’à sonner gothique. Nous sommes allés dans toutes les avenues imaginables. C’est ça qui fait qu’à l’écoute de l’album, nous pouvons sentir quelque chose de captivant. Je pense que nous sommes allés à la bonne place. J’ai hâte de voir comment ce disque sera reçu. Il va sûrement faire comme Duos, qui n’a eu qu’une seule chanson très présente à la radio. Duos était un disque qui était plus présent chez les gens. C’est un album que les gens se sont accaparé. J’ai donc hâte de voir si c’est la même chose qui va se produire avec celui-là. C: Est-ce que vous avez senti que certaines de vos chansons se prêtaient moins bien à la venue de choristes? C.D: Je dois avouer que nous en avons jeté une. Nous n’avions pas réussi à récupérer cette chanson de la bonne façon selon moi, alors nous l’avons tout simplement enlevée. Mais en principe, nous avons tout pris. Quand nous sentions une faiblesse, nous allions tout de suite régler le problème. Pour être honnête, ça fait uniquement trois mois que je sais que nous tenons l’album dans l’état dans lequel il est présenté aujourd’hui. Avant ça, j’hésitais encore à annuler le projet. Ce n’est pas un travail facile. Nous voulions obtenir un esprit précis et nous avions l’intention de continuer de travailler jusqu’à ce que nous puissions y arriver. C: Quel serait votre coup de cœur parmi les 22 pièces de l’album? C.D: J’en ai quelques-uns. Je trouve ça difficile de n’en identifier qu’un seul. Il y a tellement de chansons. Je dois avouer qu’au point de vue de la diversité, les chansons Tu peux pas et Clin d’œil sont deux extrêmes. Ce sont des chansons qui démontrent assez bien la capacité des choristes et les miennes comme chanteur. Il ne faut cependant pas oublier les musiciens qui ont travaillé fort eux aussi. Quand nous entendons les chansons de l’album, nous nous retrouvons dans un monde que nous avons connu et qui subitement arrive au 21e siècle. C’était quelque chose de très important pour moi. C: Dans cet esprit, voyez-vous vos chansons un peu comme de nouvelles compositions? C.D: Non, pas comme de nouvelles compositions. Par contre, je les considère comme de nouvelles découvertes. Je crois que ce sont des chansons qui font partie de nous, que nous connaissons par cœur, mais que nous apprenons à redécouvrir cette fois-ci à travers des gens qui proviennent de tous les coins du Québec. Il y a plus de mille personnes qui chantent sur ce disque. Elles ne l’ont pas fait en même temps, mais au bout du compte, le résultat est fabuleux. Ces personnes qui sont venues chanter avec moi sont devenues mes vedettes. Ce sont elles que j’ai choisies. J’aurais très bien pu faire un deuxième Duos, ça aurait été très facile pour moi. Ça aurait été pas mal moins compliqué aussi, mais dans la vie, il n’y a pas que la recette. Au fond, je ne crois même pas qu’il y ait une recette. Je crois que les gens viennent nous voir, car nous réussissons à leur renvoyer leurs rêves. Le rêve, ce n’est pas nous qui l’apportons. Il est en chacun de nous. Mais nous devons être assez présents pour le ranimer. Je sais que ça s’est produit avec Duos et j’espère que ça va se reproduire avec Par chœur. C’est ça mon but… C’est ce que je fais dans la vie: je suis un réanimateur de rêves! C: Avez-vous déjà commencé à travailler sur votre prochain projet? C.D: Absolument. Je ne pourrais pas dire quand il va arriver cependant. Je veux faire un retour vers la chanson plus intellectuelle. Les contrastes m’attirent énormément. J’ai toujours beaucoup aimé mon métier et je n’ai jamais arrêté d’avoir cet appétit de continuer. Ce sont les gens qui viennent voir mes spectacles qui me le donnent. Ce n’est pas Duos qui me l’a donné. Duos, c’est ma rencontre avec beaucoup d’autres artistes à qui je donne énormément de crédit dans la réussite de ce disque-là. Ne le perdons jamais de vue. Cette fois-ci, le crédit ira aux 1000 choristes, pourquoi pas? |