 |
|
© Le Journal de Montréal - Catherine Lefebvre |
Biz, Chafiik et Batlam, le triumvirat derrière Loco Locass. |
|
|
|
|
LOCO LOCASS
Patriotes en 2008
David Patry
Le Journal de Montréal
24-05-2008 | 12h00
Nommé Patriote de l’année par
la Société Saint-Jean-Baptiste,
le groupe Loco Locass a livré une
prestation gratuite devant une
centaine de fans
inconditionnels trempés
jusqu’aux os cette semaine, lors
de la Journée nationale des
Patriotes.
Qu'est-ce qu'un patriote en 2008?
Biz: «Je crois que c’est quelqu’un
qui a à coeur la nation québécoise et
qui est concerné par notre destin
collectif.»
Pourquoi vous impliquez-vous dans la journée des patriotes?
Biz: «On le fait gracieusement parce
qu’on croit que c’est important.
Nous sommes Patriotes de l’année,
donc c’est un devoir qu’on accomplit.
En fait, ce n’est pas un devoir, mais
un honneur. Les gens bravent la
pluie, ils sont là avec nous.»
Est-ce que vos fans sont tous aussi déterminés?
Biz: «Disons qu’il y a une concentration
patriotique ici. Tous nos fans
n’ont pas une fibre patriotique aussi
développée. Mais ils sont très
dévoués et on leur en est très reconnaissants.
On n’existe pas sans eux.»
À la fin de chaque spectacle, vous chantez Libérez-nous des libéraux, mais pourtant, vous soulignez chaque fois que vous êtes tannés de le faire...
Biz: «Originellement, on la faisait
le temps d’un mandat avec l’espoir
de ne plus jamais avoir à la chanter.
Mais avec le temps, c’est devenu une
espèce de classique, au même titre
qu’Heureux d’un printemps, de Paul
Piché. S’il y avait des élections
demain, les libéraux pourraient
encore être portés au pouvoir. Donc,
dans ce sens-là, la chanson est
pathétiquement nécessaire.»
Batlam: «On se demandait si on
allait continuer à faire le couplet sur
le fédéral et on le fait encore. À la
limite, il témoigne d’une histoire, de
quelque chose qui s’est déjà passé au
Québec.»
Vos chansons sont souvent inspiriées d'un événement qui marque l'actualité. Qu'en est-il de M'accrocher, qui porte sur le suicide?
Biz: «M’accrocher, c’est peut-être
un aspect qu’on n’avait pas encore
exploité. C’est quelque chose de plus
social. C’est pas politique, c’est pas
maudit gouvernement, tu fais rien
contre le suicide. C’est plutôt un
point de vue personnel d’un problème
qui affecte la collectivité québécoise.»
Quel événement récent vous a inspirés?
Biz: «On n’a pas encore mis en
commun ce qu’on a fait individuellement,
mais dans mon cas, l’absence
du Québec au lancement des fêtes
du 400e en France m’a fait réagir.
J’étais à Québec la semaine passée,
j’étais dans le ventre de la bête pour
constater ce qui se passait, et ça m’a
fait capoter. On ne fera pas de chanson
là-dessus à proprement parler.
Mais il y a juste ici ou on peut se permettre
de dire qu’on envoie le
ministre de la Santé nous représenter.
Ça veut dire que notre identité
est vraiment malade.»
À quoi votre prochain album ressemblera t-il?
Biz: «Le nouvel album n’existe pas
encore tout à fait, mais ça va être du
Loco Locass. Le propre de Loco
Locass, c’est de ne pas avoir de recette.
Donc, nécessairement, il va y
avoir des surprises. Pour M’accrocher,
on a eu 100 000 clics dansYouTube en quatre mois. Et les
plus beaux commentaires qu’on
a, c’est: Crisse que j’aime pas
Loco Locass, mais la toune est
crissement bonne. Ça veut dire
qu’on a réussi à intéresser des
gens à ce qu’on fait en dépit de
l’image de crieurs à la fleur de
lys. C’est ce qu’on est, mais pas ça
seulement. On a d’autres idées
aussi, et ça va paraître dans le
prochain album.»
Et c'est pour quand, ce nouvel album?
Biz: «On ne sait pas, mais on
espère encore pour la fin 2008.»