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En magasin mardi prochain - Trois Accords à la sauce country
© Le Journal de Montréal
Les Trois Accords

EN MAGASIN MARDI PROCHAIN

Trois Accords à la sauce country

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
10-05-2008 | 04h00
« On fume pas assez de bats pour le faire en reggae, on est trop poches pour le faire en classique. Jazz ? Pas assez de talent. Métal ? Ça aurait peut-être un peu trop butché. »

Cet énoncé, c’est celui du batteur des Trois Accords, Charles Dubreuil, qui figure dans les suppléments du DVD Les Trois Accords en beau country, qui sera en magasin mardi prochain.

Voilà, selon lui, les raisons qui expliquent pourquoi le populaire groupe québécois recycle son catalogue en mode country plutôt qu’avec un autre genre musical.

L’humour étant un élément indissociable de l’univers des Trois Accords, Dubreuil et ses collègues, Simon Proulx, Alexandre Parr, Pierre-Luc Boisvert et Olivier Benoît, réunis autour d’une table, proposent une explication moins farfelue de ce projet inattendu.

«Quand on a travaillé avec Amnistie Internationale l’an dernier – pour la version française de Whatnever Gets You Through the Night, de John Lennon –, on a joué au Hard Rock Café dans le cadre du party du chapitre local, dit Dubreuil. Mais ils voulaient quelque chose de moins rock.

On a donc retravaillé des chansons et réalisé qu’on pouvait mettre le party pareil dans la place avec le country.»

«Certaines de nos chansons sont country à la base, renchérit Simon Proulx. Rendu là, c’était le fun de voir lesquelles pouvaient se refaire en country. Ça n’a pas été possible pour Hawaïenne et Tout nu sur la plage.»

PAS PRÉVU

Le plus ironique, c’est que Les Trois Accords n’avaient pas l’intention de faire un DVD de leur dernière tournée en dépit de plus de 150 heures de matériel couché sur ruban ou vidéo.

«On a jamais eu l’intention de faire un DVD pour faire un DVD, ajoute Dubreuil. On avait du bon matériel, mais c’était pas assez âgé. Il n’y avait pas assez de recul, pas assez d’histoire.»

En revanche, l’idée de refaire des chansons à la sauce country a fait du chemin, au point que le groupe s’est attaqué aux relectures sans parodier le country ni faire de l’humour facile (genre clin d’oeil aux Daltons) quand est venu le temps d’enregistrer le spectacle devant public au studio Piccolo. Le band s’est lancé dans l’aventure avec un réel plaisir… sans trop réaliser dans quoi il s’engageait.

«On a fait ça dans des délais bien plus courts que ce que nécessite le projet, admet Olivier Benoît, surtout pour la postproduction, comme le montage.»

«On dirait qu’on marche juste bien dans cette marde-là, ajoute Dubreuil. On se lance dans une aventure sans savoir les moyens qu’on va avoir, combien ça va coûter… Mais on a eu juste assez de temps pour mener le projet à bien et garder une spontanéité.»

Les Trois Accords lanceront leur DVD mardi prochain en faisant une projection au cinéma Quartier Latin.

Cours de banjo dans YouTube

Un clip tourné avec une semaine d’avis dans l’Ouest et des cours de banjo suivis via YouTube: avec Les Trois Accords, les surprises ne manquent jamais.

Cours de banjo via YouTube? En effet. Contrairement à l’impression qu’il donne sur le DVD, le guitariste Alexandre Parr n’avait jamais joué de banjo quelques semaines avant la captation du spectacle.

«Je me suis branché sur YouTube, dit Parr. J’ai suivi cinq leçons et c’était réglé. Ce qu’il y a de bien, c’est que dans YouTube, tu peux reculer la vidéo pour bien voir la pose des mains, le doigté, etc. Pour le picking, ça allait parce que j’avais déjà fait de la guitare classique.»

Situation similaire pour le clip de la nouvelle chanson, Nicole. Tout à la dernière minute.

«On se ramasse dans l’Ouest pour des spectacles, se souvient Simon Proulx. Et là, on se dit: Pourquoi pas faire un clip?»

«On a fait venir le directeur photo et le réalisateur pour deux jours, pour faire des extra pour le DVD et le clip à la dernière minute», note Dubreuil.

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