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© Photo Raynald Leblanc, Le Journal de Montréal |
Bïa |
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BÏA
Implication totale
Philippe Renault
Le Journal de Montréal
22-03-2008 | 05h00
Ça peut paraître cliché, mais Bïa a véritablement mis ses tripes dans la conception de
Nocturo. Jamais elle n’aura fait autant sentir sa présence, tant musicalement qu’au
point de vue personnalité. Une nouvelle étape dans sa carrière qui lui servira
d’exemple pour encore bien des années.
Pas étonnant que dans les secondes
précédant l’entrevue, l’artiste tenait
prendre dans ses mains cet opus fraîchement
matérialisé, afin de le contempler
avec fierté.
Pour la première fois, Bïa signe presque
la totalité des textes et compositions d’un
album. Mais pour elle, l’attachement vis-à-
vis ce nouveau projet va bien au-delà
de cet aspect.
«J’ai également joué toutes les guitares.
C’est un choix d’Érik West-Millette,
le réalisateur, qui a aussi collaboré sur
ce projet depuis l’étape de la gestation. Il
m’a aidée à tirer le meilleur de moi. Il
pensait que je devais jouer les guitares
pour bien rendre ces chansons qui sont
si personnelles.
«J’avais peur au départ parce que je ne
me trouvais pas assez bonne, surtout
qu’on avait des guitaristes comme Simon
Godin et Bernard Falaise, qui ont tout de
même apporté leur touche. J’ai composé
d’après des pulsions personnelles et je
devais les assumer. J’ai travaillé tellement
fort que j’avais mal aux doigts!» raconte la
chanteuse d’origine brésilienne.
Celle qui a remporté de Félix 2006 de
l’album de l’année-musiques du monde
a même failli craquer en début de
processus.
«Je me suis mise à pleurer lors de la
première journée de studio parce que je
m’entendais faire des erreurs. Érik m’a
alors dit de ne pas m’en faire et de retourner
chez moi répéter pour revenir une
semaine plus tard.
«J’ai l’impression d’avoir franchi une
nouvelle étape et j’en suis reconnaissante.
C’est quelque chose qui va me rester»,
exprime-t-elle.
BIEN MIJOTÉ
L’idée de faire de Nocturo, qui fait suite
à l’album de reprise Cœur vagabond, un
disque très introspectif n’est surtout pas
née du jour au lendemain.
«En 2003, j’ai sorti un disque assez personnel.
Après, je savais que j’allais faire
un disque encore plus personnel. Mais
pour ce faire, il fallait beaucoup de temps.
Chaque chanson devait venir de quelque
chose de spécial que j’avais vécu. Ça ne
se fait pas en un an. En attendant, j’ai fait
un projet plus léger tout en continuant
composer.
«Avec Érik West-Millette, je suis allée
fouiller dans la matière des chansons. Le
but était d’avoir une histoire de 10, 12 ou
14 chapitres. On s’est donné le temps et les
moyens de travailler de façon à sortir le
parfum de ce que je voulais, sans ajout de
produits chimiques bidons», poursuit Bïa.
RICHE INSTRUMENTATION
Si cette dernière a atteint de nouveaux
sommets quant à son implication, sa
nouvelle oeuvre comprend aussi une
nouvelle richesse d’instrumentations
avec des sections de cuivres et de bois
exploitées avec doigté.
«Dans notre démarche, on voulait aller
aussi loin que nécessaire de ce côté, tout
en considérant que certaines chansons
n’avaient besoin d’aucun enrobage. Dès
le départ, Érik est allé chercher Charles
Papasoff pour les arrangements.
«L’album représente la symbolique de
la nuit, qui comprend les phases festive
et introspective. Les cuivres rendent le
côté extraverti, tandis que les bois font
référence à l’aspect introspectif. Les
assemblages permettent aux chansons
de dire ce qu’elles doivent dire. C’est
pour cette raison que certaines sont
pures, alors que d’autres sont plus
riches», évoque Bïa.
Nocturo sortira ce mardi.