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À l’Anglicane le 15 mars - Édith Butler raconte son pays
© Canoë/Marc-André Boivin
Édith Butler sera à l'Anglicane le 15 mars.

À L’ANGLICANE LE 15 MARS

Édith Butler raconte son pays

Marc-André Boivin
05-03-2008 | 15h14
QUÉBEC - Édith Butler n’était pas dans la meilleure des formes lorsque nous lui avons parlé mercredi matin, tentant de se relever d’une bronchite et d'une sinusite. Mais ce n’était pas assez pour lui enlever sa légendaire bonne humeur et pour l’empêcher de continuer sa série de spectacles où elle nous raconte son pays.

«Je suis passée de -30 o C à 30 o C alors d’après moi, les microbes que j’avais ont tous dégelé dans le temps de le dire», lance l’Acadienne en riant. C’est que la chanteuse était de retour de Hallandale en Floride où elle a présenté Si Paquetville m’était conté devant un public de snowbirds québécois. «Il y a 500 000 Québécois dans ce coin-là, c’est très impressionnant. Je ne pensais pas qu’il y en avait autant», ajoute-t-elle entre deux quintes de toux.

Le 15 mars prochain, Édith Butler sera de passage à l’Anglicane de Lévis afin de présenter ce même spectacle en compagnie de deux de ses musiciens. «C’est un spectacle en deux parties, et très intime. J’y raconte ma vie, ma famille, l’Acadie et je raconte aussi beaucoup d’histoires, chacune d’entre elles menant à une chanson», confie-t-elle en soulignant qu’il n’y a pas beaucoup de temps pour souffler durant la soirée.

La chanteuse et musicienne, qui compte 27 albums, revisite son répertoire en entier et s’est entourée pour l’occasion, de jeunes musiciens histoire de redonner vie à certaines chansons un peu plus âgées.

«J’ai choisi des jeunes qui sortaient de l’école, mais je suis en train de me les faire voler. Ils apportent une certaine fraîcheur parce qu’ils lisent la musique, mais voient tout ça autrement, pas de la même façon qu’à notre époque où tout était très peace and love», affirme-t-elle.

Elle admet trouver plutôt étrange le monde d’aujourd’hui où les guerres et les gangs de rue défraient la manchette. «Dans mon temps, on pouvait se promener pratiquement tout nue dans les rues sans problème. On vivait une liberté totale. Quand je regarde aller mes neveux et nièces, aujourd’hui, ce n’est plus du tout la même chose. C’est un bizarre de monde.»

Si vous croyez qu’il n’y a que les baby boomers qui s’intéressent à Édith Butler, sachez que cette dernière fait aussi la tournée des écoles primaires et secondaires, présentant une version de son spectacle condensée et interactive de 55 minutes aux jeunes élèves. Ceux-ci doivent obligatoirement apprendre les chansons qu’elle leur présente seule, avec sa guitare. La chanteuse doit d’ailleurs se rendre dans les écoles francophones de l’Ontario à la fin de l’année.

Vigneault l’avait prévenue!

Bien installée au fond des bois, entre Sherbrooke et à quelques minutes de la frontière américaine, où son plus proche voisin est à quelques kilomètres, la chanteuse semble prendre la vie beaucoup plus à la légère qu’auparavant, ne prévoyant pas trop à l’avance ce qui va lui arriver sur le plan artistique.

«Vigneault m’avait prévenue en 1980 de ne pas acheter de maison à la campagne, me disant que j’allais faire bien des choses, mais très peu de musique et c’est en plein ce qui m’arrive en ce moment. Je suis devenue un peu paresseuse depuis que je me suis installée ici, il y a trop de chevreuils à nourrir», affirme-t-elle toujours avec le sourire.

Son dernier album, Mme Butterfly, qui alliait une sonorité musique du monde aux rythmes plus traditionnels, remonte à 2003 déjà. Elle confirme avoir du nouveau matériel en banque, mais le travail en studio semble l’inquiéter quelque peu.

«Ça me prendrait quatre ou cinq chansons de plus. Je voulais présenter quelque chose au mois de septembre, mais le studio et tout ce qui entoure l’enregistrement, ça représente beaucoup de travail. On m’a offert d’enregistrer tout ça chez moi alors on va voir où mes jeunes musiciens vont m’emmener avec tout ça», affirme-t-elle.

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