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Cinq questions à…
Chimène Badi

Propos recueillis par Pascale Gauthier
06-03-2008 | 04h00
Venue faire connaissance avec le public québécois en octobre dernier, à l'occasion de la sortie de l'album de Gregory Charles sur lequel elle interprète un duo, Chimène Badi passait à nouveau quelques jours en notre belle province le mois dernier, accompagnant ainsi la venue de sa chanson Tu me manques déjà sur nos ondes.

Troisième extrait radio de son album Le Miroir, ce nouveau titre succède ainsi à ceux de Tellement beau et Une femme à qui l'on ment, fort bien accueillis déjà par les auditeurs de la radio québécoise, sans compter Quand on se voit, le duo à succès qu'elle a enregistré pour Grégory Charles.

Déjà en préparation de son quatrième album, la jeune femme de 25 ans a connu en quatre ans une montée fulgurante en France. Lors d'un concours télévisé appelé Popstar, lequel visait à composer un groupe à succès, Chimène fut rejetée par le jury car selon eux, elle était plutôt vouée à une carrière solo.

Valéry Zeitoun, qui était l'un des juges, saisit la jeune artiste au vol. Le producteur lui fit donc signer un contrat et la mit en contact avec Rick Allison, mentor de Lara Fabian. Devenue une véritable star en France, la chanteuse conserve une grande lucidité qui ne l'empêche toutefois pas de se laisser encore rêver. Rencontre avec une jeune vedette qui préfère sa vie près de la nature à la vie parisienne tumultueuse, rencontre avec une artiste qu'il nous reste encore à découvrir.

Quelle a été votre réaction lorsque l'un des juges de Popstar, concours où les gagnants étaient voués à former un groupe, vous a dit que vous ne gagneriez pas parce vous étiez plutôt faite pour une carrière en solo?

Je vais être honnête avec toi, j’ai fait le casting de ce concours qui était pour former un groupe, mais moi mon but était juste de rencontrer un professionnel qui me demande de signer un contrat. C’était déjà bien dans ma tête. J’espérais ça. Et c’est exactement ce qui s’est passé, ce qui est fou. Au bout de deux mois de casting, le producteur Valéry Zeitoun m'a dit devant les caméras: alors, moi je ne vous vois pas dans un groupe, je vous vois en artiste solo, alors ce que je vous propose si vous avez envie de bosser, je vais vous aider à le faire. Alors au début, comme c’était devant les caméras, je ne savais pas trop… Mais quand je suis sortie, il m’a rejoint, et là il n’y avait plus de caméras, et il m’a donné ses coordonnées et m’a dit : appelle-moi. Dès le lendemain, je suis rentrée chez mes parents, et il m’a rappelée. Il m’a dit : je t’attends à Paris, je voudrais te faire faire des maquettes… Et ça a commencé comme ça!

Lisez les cinq premières questions posées à Chimène Badi en vous procurant le 24 heures, édition du jeudi 6 mars.

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Vous êtes venue au Québec en octobre dernier pour le lancement de votre album, et vous êtes ici à nouveau pour en continuer un peu la promotion. Va-t-on vous revoir bientôt revenir pour nous offrir quelques spectacles?

Effectivement, nous sommes revenus pour créer des liens; je pense que c'est important. En France, quand mon premier album est sorti, j’ai mis deux ans à aller sur les routes, avant de monter sur scène, parce que je voulais vraiment d’abord que le public me connaisse et ait un véritable aperçu de ma musique. Je ne voulais pas monter sur scène que pour monter sur scène. Alors, pour ici, je n’ai pas envie d’attendre deux ans quand même, parce qu’il y a aussi ce sentiment d’impatience; j’ai vraiment envie de connaître ce public québécois et de savoir ce qu’il peut m’apporter. J’ai envie de savoir, parce que le public c’est quand même ma force, c’est mon énergie, et celui-ci pourrait m’apporter quelque chose de différent. Alors il y a des dates qui se profilent à l’horizon, pour octobre prochain! Ce sera vraiment une récompense pour moi.

Que connaissiez-vous du Québec avant d'y venir?

Je n’y connaissais pas grand chose! Je suis venue cinq fois au Québec déjà, mais j’étais enfermée dans des locaux, en studio avec (le producteur) Rick Alison… J’ai tourné un clip aussi. Je connais le Vieux-Montréal, que je trouve magnifique, ça c’est sûr, et j’ai été à la Ronde la dernière fois,… Mais ce que je retiens d’ici, c’est la chaleur et la générosité des gens. Quand j’ai fait le lancement de l'album, les gens ne me connaissaient pas, ils ne connaissaient pas forcément ma musique, mais ils étaient très à l’écoute. Ils ne m’ont pas boycottée, ils ne se sont pas dits : ah, encore une petite française qui vient, des chanteuses à voix on s’en fiche on en a plein ici… Non, ils m’ont écoutée, ils ont été très généreux, ils ont pris ce que je leur donnais, et ça, c’est resté dans ma tête.

On vous a en quelque sorte jumelée à Grégory Charles à l'occasion du lancement de votre album, Miroir, et de celui de Grégory, Loin de la lumière, sur lequel vous interprétez la chanson Quand on se voit en duo avec lui, une chanson un peu soul, posée…

Nous avons des univers totalement différents, c’est pour ça que c’était intéressant à faire. On devait donc venir en octobre pour le lancement, et cet été, mon producteur m’a appelée alors que j'étais en tournée pour me dire : « Écoute, il y a un artiste qui s’appelle Grégory Charles, un grand artiste au Québec, qui a envie de faire un duo avec toi. Donc, je vais te l’envoyer, tu écoutes et tu me dis ce que tu en penses. » C’était complètement à l’opposé de ma musique, de ce que je fais, mais j’avais toujours eu envie de flirter un peu avec cet univers-là, et c’était bien parce que je pense que ça pouvait apporter une nouveauté à ma voix, que je ne connaissais pas, que le public ne connaissait pas, une voix plus posée, plus tranquille, avec des notes plus accessibles. J’ai dit oui tout de suite. Alors j’ai fait mes voix en studio en France. Quand on s’est rencontrés, j’ai rencontré quelqu’un de super sympa, de très généreux, d'hyper intelligent, qui connaît énormément de choses!

Malgré l'assurance que vous avez prise ces dernières années, vous avez donc toujours une insécurité, un doute?

Il y des jours que je me dis que ça pourrait être la dernière fois que je fais de la musique, en tout cas en public, parce que je sais que je continuerais à faire de la musique dans mon coin, parce que j’aime ça, ne serait-ce que pour moi-même. Oui, je vis avec ce sentiment tout le temps. Mais je pense que c’est bien, parce que ça permet aussi d’avancer. Ça peut paraître bizarre ce que je vais te dire mais le fait que tu n’y crois pas, ça permet aussi d’y arriver. Moi je ne crois pas à ce qui m’arrive, je ne me rends pas vraiment compte de ce qui se passe, je ne me rends pas compte de l’ampleur que ça peut avoir en France… Et c’est ce qui me permet de me remettre tout le temps en question, de me dire : ce soir, je crois que je n’ai pas assuré. En plus, autour de moi j’ai une équipe, j’ai des gens qui vont me dire que c’était bien quand c’était bien, mais quand c’était nul, ils vont me dire : là, tu n’as pas assuré du tout. Ça c’est bien parce que, que la critique soit mauvaise ou bonne, elle te permet d’évoluer. J’ai toujours accepté qu’on me critique sur mon travail, sur ma manière de faire, parce que ça m’aide à grandir, ça m’aide à faire les choses de mieux en mieux.

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