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Guy Bélanger - L’homme à l’harmonica
courtoisie
Guy Bélanger

GUY BÉLANGER

L’homme à l’harmonica

Caroline Éthier
29-02-2008 | 13h26
La première fois qu’il souffla dans les anches d’un harmonica, Guy Bélanger avait 16 ans.

«J’avais une flûte à bec, j’en jouais tout le temps. Les gens trouvaient ça tannant. Un jour, un ami en a eu assez, il a cassé ma flûte à bec et m’a remis une musique à bouche».

Connu des amateurs de blues depuis une trentaine d’années, Guy Bélanger est ce brillant harmoniciste que l’on a vu aux côtés des Colocs, Bob Walsh et Nanette Workman pour ne nommer que ceux-là.

C’est le film Gaz bar blues - réalisé par son frère Louis - qui a fait connaître Guy Bélanger au grand public. L’harmoniciste a co-composé la trame sonore du film avec le guitariste Claude Fradette, collaboration qui leur a valu en 2004 le prix Jutra de la meilleure musique de film.

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«J’aimerais ça que tu le mentionnes, Claude. Je trouve ça triste quand mes collaborateurs ne sont pas mentionnés dans les médias».

Voilà qui résume bien le personnage, généreux et modeste.

Après des décennies à souffler pour les autres, voilà que l’homme à l’harmonica accouche d’un premier album solo.

Sans être un album blues traditionnel, les pièces offrent un mélange de folk américain et de soft blues.

Parmi les titres, on retrouve plusieurs compositions de Bélanger dont une relecture de Retour à Berlin écrite pour Gaz bar blues, une adaptation de The Last Song d’Elton John et, moment fort de l’album, une reprise de My Baby Don’t Tolerate de Lyle Lovett, chaudement interprétée par Bob Walsh.

Guy Bélanger dédie les deux premières pièces de l’album à sa mère, Jacqueline O’Brien, d’origine irlandaise.

«Ma mère a élevé sept enfants. Elle était une femme drôle, très allumée, avec un sens de l’humour aiguisé. Elle a toujours encouragé ses enfants à aller jusqu’au bout, à être heureux.»

De grandes rencontres ont contribué à élargir ses horizons musicaux: Muddy Waters, Koko Taylor, Big Mama Thornton, Jean-Jacques Milteau, James Cotton et Dutch Mason.

En septembre dernier, on lui offre un cadeau: Céline demande aux musiciens de Bob Walsh de jouer avec elle. C’est la quatrième fois que Guy Bélanger joue avec la diva.

«C’était un party pour remercier les musiciens et danseurs du spectacle A New Day au Ceasar’s Palace. Elle m’a invité à monter avec elle sur le catwalk.»

Le compositeur du thème de Et Dieu créa… Laflaque parle de son instrument sans grand attachement.

«Un harmonica, ce n’est pas comme une guitare. Ça ne se conserve pas, ça se jette au bout de deux jours. Moi, je peux en acheter deux par semaine».

On le croit sur parole: le soir du lancement, après quelques notes poussées dans son harmo, il projette l’instrument de métal par terre pour le remplacer presto par un autre.

«Mais oui, il faussait!».

Flûte à bec ou harmonica, Guy Bélanger ne peut se permettre de s’attacher à ses instruments. Mais ne touchez pas à sa ceinture d’harmonica.

«Un jour, on me l’a volée. J’étais très déçu, elle a une grande valeur sentimentale.» Heureusement, une réplique de ladite ceinture avait été fabriquée pour le tournage de Gaz Bar Blues. «J’ai pris une chance et j’ai appelé la production du film. Ils l’ont retrouvée dans une boîte».

Le soir du lancement, Guy Bélanger était accompagné de ses amis Stephen Barry (du Stephen Barry Band - basse), Rob McDonald (guitare) et Gordon Adamson (batterie). Nous avons été gâtés.

L’harmoniciste, qui joue avec une intensité hors du commun, n’offre aucun moment de répit. Il faut le voir et l’entendre jouer l’époustouflante Snow Falling Grey Day, offerte par Bob Walsh. Y a pas de doute, Guy Bélanger possède un troisième poumon.

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