Accueil Divertissement
 
JDM
Isabelle Boulay | Yves Desgagnés - Un écrin pour sa voix
© Photo Raynald Leblanc, Le Journal de Montréal
Yves Desgagnés

ISABELLE BOULAY | YVES DESGAGNÉS

Un écrin pour sa voix

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
23-02-2008 | 05h00
Isabelle Boulay parle de sa rentrée montréalaise comme d’un spectacle «plus théâtral» que son précédent. Se pourrait-il que la présence d’Yves Desgagnés à la mise en scène ait quoi que ce soit à y voir.

«Chaque fois qu’on touche à quelque chose en dehors de notre milieu, on qualifie notre apport de théâtral, note Desgagnés en rigolant. Je suppose que si Isabelle venait se joindre à nous au théâtre on parlerait de son aspect variétés, ou de son apport musical. Je ne sais pas.»

Une évidence: dans sa production qu’il décrit comme étant «sobre et simple, à l’image d’Isabelle», Desgagnés estime que sa principale préoccupation était d’accorder toute la place la chanteuse.

«Isabelle a beaucoup d’élégance dans la voix et dans le geste. Je voulais que cette mise en scène soit un écrin pour le personnage principal: sa voix. Contrairement à plusieurs chanteuses qui jappent et qui crient, Isabelle chante avec cette voix douce, pure et quelque peu granuleuse, dotée d’une double harmonie.»

Desgagnés n’avait encore jamais mis en scène le spectacle d’une chanteuse. Il avait failli le faire il y a une éternité, pour un spectacle de Pauline Julien, mais cette dernière était tombée malade et le projet n’avait pu être mené à terme.

LE DÉCLIC

«Ce sont les gens de Chic Musique qui m’ont appelé. Je ne connaissais pas Isabelle personnellement et j’ai écouté tous ses disques avant même de la rencontrer. Il y a eu comme un déclic. Trente secondes après notre première rencontre, on commençait à travailler ensemble.»

Dans le fond, les comédiens et les chanteuses ont un trait commun : ils s’expriment sur une scène. Ça, c’est l’élément, le trait d’union que Desgagnés pouvait comprendre et maîtriser.

«Au théâtre, on peut passer une heure sur une réplique ou sur le déplacement d’un comédien. J’ai donc approché cette mise en scène comme si je m’attaquais à du Shakespeare, du Tchekhov ou du Molière. Mais contrairement au théâtre, il n’y a pas de notion de personnage. Je devais donc savoir qui était Isabelle. Je ne l’avais vue qu’une fois sur scène, remplir l’espace de sa voix gracieuse au Centre Bell, comme un petit ange. J’ai donc appris à la connaître. Pour moi, surtout quand elle chante du western, c’est la k.d. lang francophone. La tournée a déjà plus de 15 représentations et on a peaufiné la mise en scène en chemin.

«S’il y a un parallèle avec le théâtre, c’est qu’on a voulu aller à l’essentiel. Isabelle a une voix formidable. On voulait garder la promiscuité qu’apporte cette voix, on voulait garder les mêmes qualités.»

PRÉSENCE HUMAINE

Ainsi, la scène au plancher incliné permet de cacher des tas de fils. Le décor, tout simple avec ses rideaux, ne détourne pas l’attention de l’actrice principale.

«Quand tu vas voir un spectacle, tu vas entendre de la musique, mais tu veux aussi une présence humaine, sinon, tu écoutes le disque chez toi. Je ne sais pas si on peut parler d’une mise en scène théâtrale, mais sûrement opératique, comme un opéra de chambre.»

Selon Desgagnés, l’éclairagiste Michel Beaulieu a travaillé des heures pour doser le degré de lumière qui enveloppera la chanteuse et ses musiciens.

«La lumière joue un rôle essentiel dans cette production et je crois qu’on peut parler de raffinement. Il y a de belles choses que l’on veut montrer. Les musiciens d’Isabelle seront habillés par le designer Philippe Dubuc, alors qu’elle-même s’est fait faire deux robes magnifiques par le couturier français Christian Lacroix. Isabelle aime être élégante, et notre mise en scène est dans ce ton: simple mais élégante.»

haut
POUR EN SAVOIR PLUS
Consultez notre dossier complet!