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© Photo Alfred Lanctôt |
Jérôme Minière |
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JÉRÔME MINIÈRE
Retour aux sources
Philippe Renault
Le Journal de Montréal
02-12-2007 | 05h00
Le cœur de Jérôme Minière balance.
Il passe allègrement de l’électro à la
chanson, des grands concepts aux
structures traditionnelles. Pour sa rentrée
montréalaise, c’est au Jérôme Minière simple,
dépouillé, dans sa formule la plus classique
que nous aurons droit.
Cela est tout en contraste avec sa
tournée précédente, tirée du deuxième
album signé sous son pseudonyme
techno Herri Kopter, qui dépeignait
notre économie de marché.
Cœurs se veut un album de chansons,
un disque qui touche des sujets
plus traditionnels, ce qui se reflétera
sur scène.
«C’est comme la différence entre
crémeuse et traditionnelle. Herri,
c’est la crémeuse, tandis que là, je suis
de retour à la traditionnelle», compare-
t-il en riant, prouvant ainsi que ce
Français, installé depuis plus de dix
ans au Québec, est très bien intégré.
Minière ajoute qu’il est tout à fait
normal pour lui d’alterner entre les
diverses approches artistiques.
«Je n’aime pas trop me répéter. J’ai
l’esprit ludique, j’aime jouer avec les
paramètres. C’est peut-être aussi une
question de laisser certains territoires
en jachère, pour les renouveler.
«En faisant Cœurs, je pensais tout le
temps que je pourrais faire une suite
Herri Kopter. Mais je ne veux pas
remettre le pied dans l’économie de
marché. J’ai dit ce que j’avais à dire et
je ne voulais pas banaliser ce sujet. Le
prochain disque pourrait cependant
être un autre sujet de fiction ou
quelque chose de farfelu», indique-t-il.
TERRAIN DANGEREUX
Mais offrir un album, et du même
coup un spectacle, où tout est axé uniquement
sur le travail de l’artiste, comme
c’est le cas ici, représente un défi
beaucoup plus imposant pour Minière.
«En abordant des thèmes comme
l’amour, ça devient dangereux, car
c’est facile de tomber dans les clichés.
Il faut oser aller là où on ne va pas.
«Et contrairement à mon spectacle
précédent, le petits gars timide que je
suis doit sortir de sa coquille. Avec
Herri Kopter, je me protégeais derrière
mon personnage de compagnie et
j’évitais de m’exposer», décrit-il.
Jérôme Minière sera ainsi accompagné
sur scène d’un groupe dans sa formule
la plus traditionnelle. Formule
simple n’est cependant pas synonyme
de préparation facile.
«Quand j’ai commencé à penser à ce
spectacle, je me suis dit que ça allait
davantage couler de source et que
tout serait plus simple. Finalement,
c’est plus délicat que je pensais, parce
que ça me ramène aux problèmes que
j’ai rencontrés avec Petit cosmonaute.
«Comment je peux m’assumer sur
scène et prendre mon spectacle en
main? Je veux que ce soit simple et
naturel, mais en même temps, ça
demande une mise en scène et
plus d’implication de ma part, car
l’album va dans plusieurs directions»,
poursuit-il.
L’auteur-compositeur-interprète
également de quoi être stressé en vue
de ces deux importantes représentations,
alors que le spectacle ne sera
que très peu rodé.
«Je n’ai fait le spectacle que trois fois
jusqu’à ce jour, donc la rentrée m’obsède pas mal, confie-t-il. Il y a encore
beaucoup d’ajustements à apporter.
J’ai été chanceux à l’époque de Herri
Kopter, puisque j’avais été invité
en Allemagne pour une quinzaine
de dates.
«Quand je suis revenu, j’avais déjà
donné une vingtaine de shows.
Souvent, on y va par essais et erreurs.
Je trouve donc ça rapide cette fois.
Mais dans un autre sens, j’ai déjà vécu
pire», avoue-t-il.
Jérôme Minière, au National les
4 et 7 décembre