 |
|
©Le Journal de Montréal |
Avec Red Carpet Massacre, Duran Duran revient à un son contemporain qui le ramène sur les planchers de danse. |
|
|
|
|
DURAN DURAN
À la sauce Timberlake et Timbaland
18-11-2007 | 05h00
Si vous vous êtes procuré le
nouveau disque de Duran Duran,
Red Carpet Massacre, lancé mardi,
vous avez remarqué que le son a de
sérieuses similitudes avec les
productions de Justin Timberlake
et Timbaland. Et pour cause, ce
sont eux qui ont donné le ton.
Joint à New York, où Duran Duran donnait
mardi soir le dernier d’une série de
spectacles dans la Grosse Pomme, Nick
Rhodes nous met au parfum de cette
relation entre le vétéran groupe anglais
et les nouvelles pointures de la pop.
«On s’était déjà croisés dans un gala en
2003, comme ça se voit souvent, en se
disant qu’on devait travailler ensemble,
ce qui ne se produit généralement pas»,
lance Rhodes, un monsieur au sens de
l’humour bien particulier.
«Sauf que Justin, il est un fan de Duran
Duran depuis toujours. L’an dernier, il
traversé l’Atlantique pour nous
remettre en personne un prix aux Brits
Awards. C’est là que la proposition est
devenue plus sérieuse. En septembre
dernier, Justin et Timbaland sont venus
à Londres pour enregistrer rapidement
trois chansons, Nite-Runner, Skin
Divers et Zoom In. Ça c’est fait très vite,
car ces deux gars-là travaillent à une
vitesse folle tellement ils ont de projets
en chantier.»
Ce que Rhodes, Simon Le Bon ainsi que
John et Roger Taylor ne savaient pas
encore, c’est que cette collaboration, qui
devait être un à-côté de leur album, allait
totalement teinter la réalisation et les
autres chansons à venir de Red Carpet
Massacre.
NOUVELLE SONORITÉ
«On voulait travailler avec eux parce
qu’on aimait ce qu’ils faisaient, mais on
s’est rendu compte qu’on avait un ‘nouveau’
son avec ces trois chansons-là.
Après, nous avons enrôlé le réalisateur
Nate Hills pour les autres chansons et
Justin est revenu pour le final», note
Rhodes.
Le plus rigolo dans toute cette affaire,
c’est que cette succession d’événements
qui a mené à ce disque cadre parfaitement
dans la vision de Duran Duran.
«Cet album a été complètement différent
au plan du processus créatif, dans
la mesure où on a continué à faire de la
tournée et où on est retourné en studio
plusieurs fois, plutôt que de mettre un
frein à toutes nos activités et de s’enfer-
mer en studio durant des mois.
«Par contre, chaque fois qu’on aborde
un nouveau disque, on se demande tous
ensemble: Cette fois, qu’est-ce qu’on
fait? Un disque électro, plus rock ou
atmosphérique? Quand tu regardes
notre catalogue, tu vois qu’on a pas mal
modifié notre approche. On fonctionne
comme une unité globale. Non seulement
on était emballés par la perspective
de travailler sur de nouvelles bases
sonores, mais c’est évident que le contenu
de ce disque nous ramène sur les
planchers de danse et que ce n’est pas
pour nous déplaire.»
UN CERTAIN
REGARD
En dépit d’un titre d’album comme
Red Carpet Massacre, on a du mal à
croire que les gars de Duran Duran
détestent le glamour et les jolies
filles qui sont souvent liées aux tapis
rouges.
«En effet! dit Nick Rhodes en riant. Ce
n’est pas tant une thématique retenue
pour le disque que notre regard d’une forme
de culture pop. Nous sommes comme
des éponges et nous tentons de nous servir
de ça pour créer nos chansons. Red
Carpet Massacre, c’est une chanson pince-
sans-rire qui fait état de la bataille des
médias sur les tapis rouges.
«Il est toujours plus facile d’écrire sur
des choses qui sont proches de toi. La
chanson Falling Down, par exemple, a été
écrite par Simon (Le Bon) en souvenir de
la fois qu’il était tombé d’une moto en
public, moment durant lequel il n’avait
pas bien paru. Il faut conserver son sens
de l’humour. C’est l’une des raisons de
notre longévité.»
Populaires depuis le tournant des
années1970 et 1980, les gars de Duran
Duran ont connu la frénésie des boys
bands avant que le terme soit galvaudé.
N’empêche, Rhodes trouve que les choses
ont changé.
«Avant, pour être une vedette, il fallait
que tu le mérites. Tu lançais un disque, tu
faisais un film, bref, tu faisais quelque chose
que les gens pouvaient apprécier et ça
faisait de toi une personnalité. De nos
jours, ce n’est plus vrai.»
Preuve à l’appui, Rhodes est fasciné par
un phénomène récent en Angleterre.
«Il existe maintenant chez nous des
magazines qui ne servent qu’à parler des
gens qui défilent sur les tapis rouges! L’attrait pour les célébrités a existé à toutes
les époques, mais on est passé à un niveau
de jamais vu.»
Et même si Duran Duran est encore très
populaire, Rhodes est bien heureux de ne
pas être une vedette âgée de 22 ans.
«C’est évident que l’on se fait photographier
dans des endroits publics, mais on
ne se fait pas pourchasser comme Paris
Hilton ou Britney Spears.»