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© Photo Martin Bouffard, Le Journal de Montréal |
Diane Dufresne |
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DIANE DUFRESNE
Histoire d'un coup de foudre
Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
20-10-2007 | 05h00
Elle l’avoue sans retenue, ce disque elle l’a fait
pour son mari. Sans lui, elle ne chanterait plus.
Elle ne serait probablement plus en vie. Diane
Dufresne et Richard Langevin, c’est une
histoire d’amour qui carbure à la création,
tissée par une grande complicité.
«Je ne continuerais pas sans lui, je ne sais même si
pas si je serais vivante, j’aurais pu mourir dans une
chambre d’hôtel dans un pays où personne ne me
connaît. Je suis plus underground qu’on l’imagine»,
avoue Diane Dufresne, 63 ans, quand elle parle de son
amour, le sculpteur et metteur en scène Richard
Langevin.
Quand on lui demande ce qui dans sa carrière la
rend la plus fière, le nom de son mari émerge aussitôt.
«Parce qu’il m’a amenée à rechanter. Quand je dis
que je ne chanterai peut-être plus, il devient tellement
malheureux», dit-elle. C’est assez pour lui faire
reprendre le chemin épuisant des studios.
Ils se sont rencontrés il y a 12 ans, lors d’un tournage
de vidéoclip.
«Ce fut le coup de foudre. On s’est mariés peu de
temps après, on n’a pas niaisé! Depuis, je la suis partout,
ça fait partie du contrat de mariage!» confie
Richard Langevin pendant que sa belle se fait croquer
par les photographes.
«Je savais que c’était lui le bon, parce qu’il était
joyeux. Il sourit même quand il dort! Moi je suis grognon,
c’était mon alter ego», dit plus tard la chanteuse.
«Dans la quarantaine, je ne chantais presque plus, je
ne voulais plus qu’un homme me regarde. Je me suis
dit: terminé pour moi, les gars. C’est arrivé au
moment où je m’y attendais le moins», dit-elle.
Sur ce disque, elle lui adresse une chanson, J’t’aime
plus que j’taime. «Je t’aimais avant de t’avoir rencontré»,
chante-t-elle à Richard Langevin.
PERFECTION
Son mari, c’est aussi celui qui la soutient au cœur
d’une discipline de travail de fer. Parce que Diane
Dufresne est aussi une travailleuse acharnée.
Elle entre dans une bulle dont elle ne ressort qu’une
fois le disque terminé. Après, elle ne l’écoute plus.
«Elle passe des soirs et des soirs à chanter. Elle veut
donner le maximum de chaque mot, elle s’approprie
chaque chanson. Elle est dans sa bulle. C’est comme
un moine, elle a déjà voulu entrer chez les sœurs!»
raconte Richard Langevin.
«Apprendre une chanson, pour moi, c’est me coucher
avec les écouteurs, me réveiller avec. Il y a des
moments où je ne veux plus la faire, ensuite je dois
apprendre l’interprétation, les tonalités pour moi
c’est très long. Alors c’est des mois de travail pour
une chanson», dit-elle.
Avec Effusions, elle voulait toucher l’âme des gens
avec chacun des mots. Son mari est convaincu qu’elle
a réussi. «Elle a atteint son plus grand niveau d’interprétation», dit-il, fier.