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Concert - Un héros national
© Photo Rogerio Barbosa, Le Journal de Montréal
Raôul Duguay et Walter Boudreau rendront hommage au compositeur québécois Claude Vivier à l’église Saint-Jean-Baptiste, à Montréal.

CONCERT

Un héros national

Philippe Meilleur
Le Journal de Montréal
01-09-2007 | 05h00
Raôul Duguay et Walter Boudreau rendront hommage au compositeur de musique contemporaine québécois Claude Vivier au cours d’un grand concert présenté à l’église Saint-Jean-Baptiste dans quelques semaines. Le Journal de Montréal a rencontré les deux hommes au cours d’une rare réunion montréalaise.

«Est-ce que tu connais Claude Vivier?» lance d’entrée de jeu Walter Boudreau. Le dirigeant de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) laisse à peine le temps au journaliste de répondre. «Tu vois, c’est ça, le problème avec la société, on écrit sur nos plaques d’immatriculation qu’on se souvient, mais dans les faits, on ne se souvient de rien.» Assis en compagnie de son complice

Raôul Duguay, avec qui il a fondé le groupe L’Infonie en 1969, Walter Boudreau s’illumine dès qu’il aborde l’œuvre de celui à qui il s’apprête à rendre hommage. Claude Vivier était un compositeur de musique contemporaine québécois qui est mort assassiné à Paris en 1983. Selon Walter Boudreau et Raôul Duguay, il est actuellement le Québécois dont les compositions sont les plus jouées dans le monde de la musique contemporaine.

Pour marquer le vingt-cinquième anniversaire de sa mort, les deux amis se sont lancé le pari d’en faire un héros national.

Pour cela, ils ont convaincu différents acteurs du milieu de consacrer une partie de leur programmation au répertoire du disparu.

«Il a un lyrisme, une tendresse très spirituels dans sa musique, décrit Raôul Duguay. On y trouve des principes universels qui rendent l’œuvre relativement accessible.»

«Mais ce n’est pas le genre de musique que l’on écoute dans son sous-sol en se versant un verre de vin», prévient Walter Boudreau.

«Il faut pourtant faire un effort pour le faire reconnaître en tant que héros, poursuit-il. Tout est une question de code. Si un poète chinois se présente à toi avec la clé de l’existence, tu ne la comprendras pas car il ne parle pas la même langue que toi. «Au Québec, nous avons exactement ce problème avec notre expression musicale. Elle n’est pas encore entrée assez dans les mœurs.»

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