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PATRICK BRUEL À QUÉBEC

Le séducteur est de retour

Le Journal de Québec
07-06-2007 | 10h18
Après sept années d'absence, Patrick Bruel reviendra charmer les Québécoises demain, à la Salle Albert-Rousseau. Florence K assurera la première partie de ce spectacle tant attendu.

À 47 ans, il n'en finit plus de flirter avec les cimes de l'excellence. Après avoir présenté son nouvel album autobiographique Des souvenirs devant..., il a amorcé l'automne dernier une tournée à travers l'Europe. Un spectacle où il permettra aux spectatrices (et rares spectateurs) de découvrir son enfance par le biais de la chanson Je fais semblant. Il chante ses premières amours, ses coups de coeur. «Des souvenirs devant...» est le résultat de plus de 100 jours de dur labeur où il a puisé dans les plus imperceptibles détails, l'émotion des mélodies et des mots.

Voici ce qu'il avait à raconter...

Chaque fois que vous venez au Québec, c'est l'euphorie. Vous êtes un artiste aimé, adulé et admiré. Comment réagissez-vous devant autant d'amour?

Je suis très touché quand les gens m'arrêtent sur la rue pour me témoigner leur affection. Plusieurs me répètent que mes chansons ont eu un impact sur leur existence. Ce genre de témoignage n'a aucun prix. Je suis un être émotif et j'aime partager mes états d'âme avec les gens. Je ne viens pas souvent au Québec, mais à chacune de mes présences, j'ai l'impression que l'on vient tout juste de se quitter. Entre moi et le Québec, c'est une éternelle histoire d'amour. Je crois aux vies antérieures et j'ai cette belle impression que le Québec est dans mon for intérieur depuis des siècles.

Ça fait sept ans que vous n'êtes pas venu au Québec, qu'avez-vous fait durant cette longue absence?

J'ai fait des enfants. Tout d'un coup, la famille est devenue très importante dans mon quotidien. J'ai découvert toute la signification du bonheur auprès de ma famille. La venue des deux garçons a donné un nouvel équilibre à ma vie. Chaque matin, quand je me lève, je me sens comme un homme comblé quand j'observe ces beaux enfants avec leurs grands yeux bleus et grands yeux noirs. Quand je sors du lit, ce n'est plus pour les mêmes raisons. Tout ce que je planifie, c'est en fonction de nos deux garçons. Ces deux enfants sont ma raison d'être. Il y aussi mon épouse Amanda (Sthers). C'est elle qui m'a permis, à 44 ans, de goûter aux joies de la paternité. Je veux passer le message aux hommes qui approchent 45 ans et qui croient que la vie de famille est terminée pour eux, et bien c'est faux. Avoir des enfants à 45 ans, c'est comme renaître.

Après autant d'années, la scène n'a plus de secret pour vous. Vous la maîtrisez bien donc quel est votre plus grand défi quand le rideau se lève?

Mon défi est toujours le même soit de ne pas décevoir les gens qui sont assis dans la salle. Je veux que ces gens soient comblés après la soirée. Qu'ils soient cinq, sept cents ou deux milles personnes dans la salle, c'est important qu'ils quittent en murmurant les paroles de mes chansons.

Vous êtes un chanteur, un acteur et un homme de théâtre mais dans quel rôle êtes-vous le plus confortable?

C'est dans la chanson que je suis à mon meilleur. Pour moi la chanson, c'est l'apothéose, c'est en chantant que je retrouve toute ma liberté, que je partage mes émotions, que je me donne totalement. Quand je chante, je ne suis pas habité par cette peur de me tromper alors qu'en théâtre, c'est différent, ce cafard fait partie des deux ou trois heures que je passe sur la scène. Même si en chantant je suis ralenti ou déjoué par un trou de mémoire, la situation sera cocasse. Au théâtre, un blanc, une longue pause au moment de donner une réplique est catastrophique. De plus, tu es à la merci d'un autre comédien, d'une mise en scène, d'un personnage. Au théâtre, tu ne peux te permettre de sortir du cadre, c'est différent quand je chante où je sors souvent de mon texte pour blaguer avec les gens dans la salle. J'aime me sentir libre sur une scène et c'est la chanson qui me procure le plus de liberté.

Est-ce que votre nouvelle vie de famille vous oblige à être plus sélectif face aux projets qui tombent sur votre table?

C'est certain qu'on devient plus sélectif. Le temps que l'on passe en studio ou sur les scènes, c'est du précieux temps où l'on est éloigné de ses enfants. Délicatement, j'ai appris à dire NON, ce qui était inexistant de mon vocabulaire.

Avec ce retour sur la scène, est-ce que vous êtes animé par d'autres projets?

Je vais jouer dans un film qui s'appelle Un Secret, un film de Claude Miller. Ce film évoque le lourd secret de famille et l'histoire d'une passion, à travers le voyage intérieur de François, un enfant solitaire qui s'invente un frère et imagine le passé de ses parents. Le jour de ses 15 ans, une amie de la famille révèle au jeune François une vérité bouleversante, mais qui lui permet enfin de se construire. C'est une histoire d'après guerre.

Quel est votre plus grand défi?

C'est de devenir lentement ce que je suis. Prendre le temps nécessaire pour arriver à être en totale harmonie avec moi-même. Je le dis sans prétention, mais un autre défi est d'être excellent. Être excellent quand on se retrouve sur la scène, sur un plateau ou assis à une table de poker. Et pour arriver à toujours exceller, il n'y qu'une seule potion, c'est le travail acharné. Comme Jacques Brel l'a maintes fois répété, 90 % du talent, c'est l'envie d'exceller dans ce que l'on fait.

On rapporte que vous êtes un homme qui a l'environnement à coeur. J'imagine que vous êtes préoccupé par la question des changements climatiques?

Je suis préoccupé juste à la pensée de la sorte d'existence qu'auront mes petits enfants lorsqu'ils seront âgés de 30 ou 40 ans. Les ressources naturelles manqueront. Présentement, on croit que l'eau est une ressource inépuisable mais le portrait risque d'être différent dans 50 ans d'ici. Depuis quelques années, j'ai modifié mes habitudes de vie. Je ne laisse plus couler l'eau inutilement quand je me rase. Mon épouse est souvent dans mon dos pour me le rappeler.

Où trouvez-vous votre inspiration quand vient le moment de pondre des textes ou de préparer une tournée?

Jacques Brel sera toujours mon inspiration. Barbara et Georges Brassens ont aussi eu une grande influence sur ma carrière.

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