DE NOTRE JOURNALISTE MOBILERencontre avec Guy-Philippe WellsFrédéric Mailloux 03-05-2007 | 09h03
Guy-Philippe est originaire de Chicoutimi et est venu s’installer à Montréal afin d’étudier en sciences économiques. Après son diplôme, il fait le saut en politique, où il deviendra après quelques années conseiller pour Lucien Bouchard. La musique l’attire depuis son plus jeune âge : « À 4-5 ans, je trouvais que la musique, c’était ce qu’il y avait de plus beau. » nous confie-t-il. Et la musique, il en fait son métier à temps plein depuis presque 8 ans. Vivre en margeLa majorité d’entre nous n’avons jamais entendu parler de Guy-Philippe Wells ou de ses chansons. Ses chansons tournent sur Espace Musique et il roule sa bosse un peu partout au Québec, dans les Maritimes et même en France. « L’important n’est pas d’être diffusé par les radios commerciales» qu’il nous dit, mais «d’avoir quelqu’un derrière nous.» Ce qui ne l’empêche pas de vivre de son art. «J’ai été chanceux. Mon spectacle a été aimé par les diffuseurs et ce sont eux qui remplissent les calendriers des salles de spectacles!» La tournée pour son premier disque, Futur antérieur, lui a fait faire quelques cinquante spectacles durant la dernière année seulement. «Je suis triste de terminer la tournée» avoue-t-il «On avait trouvé notre rythme et c’est l’fun partir la gang ensemble pour faire des spectacles.» Un autre cycle Mais la roue doit continuer de tourner et Guy-Philippe est présentement en écriture pour un second album. «Ce que je vois, c’est un petit bateau qui fait son chemin parmi les glaces. Ça peut vouloir dire faire son chemin malgré les obstacles, ça peut parler du réchauffement de la planète…» en parlant des thèmes de son futur disque. Je lui ai demandé ce qu’il pensait de la démocratisation des moyens de production de la musique (micros de qualité et interfaces d’enregistrement à bas prix). «J’ai été un de premiers bénéficiaires de ça! Je trouve ça génial! J’ai un petit studio comme ça à la maison et pour le prochain disque, je vais y enregistrer les voix et la guitare.»
«Commercialiser un disque, ça coûte cher. Cent, deux cent, trois cent mille dollars même!» Et ça ne s’arrête pas là. Il faut payer le studio, les musiciens, la tournée, la production des disques. Sur un disque qui se vend 18$, le détaillant fait un profit de 6$ et le distributeur se retrouve avec 2$ dans les poches. Il en coûte environ 3$ par disque pour la fabrication. Il reste donc 7$ à partager entre l’artiste et sa maison de disques…Après avoir payé les frais de studio, clip, promo, etc… « Au Québec, il faut vendre environ 7 000 albums pour recouper les frais. C’est beaucoup de disques. Une chance qu’il y a des subventions pour nous aider!» L’ère du numérique «Avec MySpace, tu peux être dans le salon de tout le monde!» s’extasie Guy-Philippe «Je suis pour ça, la distribution par internet, sans support physique, tant que l’artiste est payé!» Il croit fermement que le cd en tant qu’objet physique n’existera plus dans quelques années et qu’il faudra trouver d’autres moyens d’aller conquérir le public. Il devait quitter pour l’avant-dernier spectacle de sa tournée. Il s’enfermera ensuite pendant quelques mois pour concocter une suite à Futur antérieur. Peut-être aurons-nous la chance d’entendre le fruit du travail d’artistes qui, comme Guy-Philippe, travaillent d’arrache-pied dans l’ombre. Un site comme EspaceCanoë verra sûrement la prochaine sensation y planter une page… Pour visiter Guy-Philippe sur le web |