Accueil Divertissement
 
JDM
Nouveaux coffrets CD/DVD - Les deux trips de Daniel Boucher
Annik MH De Carufel - Le Journal de Montréal
Daniel Boucher

NOUVEAUX COFFRETS CD/DVD

Les deux trips de Daniel Boucher

Philippe Renault
Le Journal de Montréal
10-03-2007 | 12h45
Bien que les spectacles Chansonnier et La Patente soient artistiquement à l’opposé, il n’est pas question pour Daniel Boucher de les dissocier. C’est pour cette raison qu’il a décidé de lancer simultanément les coffrets CD/DVD de ces deux trips musicaux qu’il a menés de front au cours des derniers mois.

«Je trouvais que c’était une bonne idée de lancer ces deux live le même jour. Ce sont deux projets tellement paradoxaux.»

«La Patente, c’est un band complet, avec projections, éclairages, mon costume blanc, tourné avec une équipe de télévision professionnelle.

«Chansonnier, c’est un gars, une guitare, une chaise, captés par mes chums. Ce sont deux trips opposés que j’ai joués jusqu’au bout de mon sang», décrit-il.

Par-dessus tout, Boucher souligne que de mener de front ces deux projets en même temps lui a permis de s’accomplir au maximum en tant qu’artiste.

«J’ai besoin des deux. Je ne pourrais pas juste avoir Chansonnier, que je roule en parallèle de mes autres projets», note-t-il.

Chansonnier pour durer

C’est d’ailleurs pour cette raison que si ce double lancement marque le chant du cygne de La Patente, il n’est aucunement question de mettre un terme à l’aventure Chansonnier.

«C’est certain que je vais continuer de le présenter. Je me vois encore faire ce show dans plusieurs années, avec du nouveau stock.»

«Il y a déjà des numéros qui étaient là au départ et qui n’existent plus», envisage celui qui présentera ce spectacle les 16, 17, 22 et 23 mars, au Cabaret Juste pour rire.

Tandis que le DVD La Patente offre dans son intégralité ce spectacle entamé en 2004, Chansonnier propose en extras des extraits filmés en coulisses ainsi que cinq pièces inédites.

«Ce sont des chansons que je n’avais jamais endisquées et qui vont rester uniquement sur ce coffret.

«Il y a entre autres Chansonnier bonhomme, que j’ai écrite pour ce show, et Mon soleil, enregistrée en studio», indique-t-il.

L'acteur

Mais ce qu’on retient surtout des extras de Chansonnier, c’est un court métrage nommé Hôtel. Boucher y campe le seul rôle, dans lequel il semet littéralement à nu. On le voit dans une chambre d’hôtel, seul et désespéré, trouvant refuge dans le travestisme.

«Ce n’est pas quelque chose de gratuit. Il n’y a pas de plans vulgaires. Ça montre juste un gars en détresse et c’est ce que je voulais qui passe», explique-t-il. Ce dernier désirait depuis belle lurette monter un tel projet.

«J’ai fait ce court métrage avec François Blouin, qui réalise mes vidéoclips. Je me disais qu’il fallait faire quelque chose sur l’hôtel et cette idée a popé dans nos têtes.

«Nous avons fini par faire ce court métrage plutôt qu’un vidéoclip et c’est ce que j’ai toujours voulu. Ça faisait longtemps que je souhaitais tourner un court métrage avec François et là, c’était l’occasion de le faire», poursuit-il.

Cette expérience a d’ailleurs enchanté le chanteur, qui songe sérieusement à récidiver.

«Je suis un débutant, mais j’aime ça. J’aimerais bien recommencer, même si ça demande beaucoup de travail», annonce-t-il.

Plonger dans le vide

«J’ai eu la chienne et j’ai encore la chienne aujourd’hui. »

Daniel Boucher a pris une décision qui allait chambarder sa carrière avant la sortie de son second album en 2004, celle de quitter sa maison de disques, GSI, pour fonder sa propre compagnie, Boucane Bleue.

Il effectuait alors un plongeon vers l’inconnu et surtout l’insécurité, sentiment qui l’envahit encore aujourd’hui.

«Ce qui me reste en mémoire quand je pense à La Patente, c’est une phrase: tu peux faire tout ce que tu veux faire dans la vie si tu plonges.

«Ce projet au complet, tant l’album que le show, c'était un gros plongeon», mentionne-t-il.

S’il a pris cette direction professionnelle, c’est avant tout pour une question d’indépendance. «C’était surtout pour rester propriétaire de ce que je fais. Oui, j’ai eu la chienne et j’ai encore la chienne aujourd’hui, parce que tout est sur mes épaules», confie-t-il, en prenant le soin de peser chacun de ses mots.

Avenir incertain

Même avec la fin de cette aventure, Boucher ne peut se permettre de lâcher un soupir de soulagement. En se rendant sur son site Internet, dans la section Profil, on peut d’ailleurs constater ce sentiment d’incertitude.

«Un profil, ça évolue. Boucane Bleue aussi évolue. En ce moment, Boucane Bleue est à repenser sa job, sa nature même. Qu’est-ce qu’elle veut? Pourquoi? Pour qui? Quand? Comment? Avec qui? Où?

«Pour l’instant, Boucane Bleue représente seulement Daniel Boucher, question de bien faire les choses. Boucane Bleue ne sait pas ce que l’avenir lui réserve. Elle sait cependant qu’il faut qu’elle prenne le temps de prendre les bonnes décisions, question de continuer à avancer», peut-on y lire.

Lorsqu’on demande au principal intéressé d’expliquer cette pensée, il avoue ne pas trop savoir pour l’instant quelle direction prendre sa maison de disques.

«Je ne remets pas en question Boucane Bleue, mais je ne peux pas dire à quoi ça ressemblera dans deux ans.»

«Le temps va dire ce que je dois faire ou si je dois arrêter», explique-t-il.

«L’orgueil, ça tue!»

Chose certaine, celui qui a fait des débuts remarqués en 1999 avec l’album 10000 Matins n’hésitera jamais à piler sur son orgueil pour aller chercher des alliés, comme il l’a fait pour la sortie de ses deux coffrets CD/DVD, coproduits avec GSI.

«L’orgueil, ça tue! À un moment donné, tu te rends compte que tu as besoin d’un coup de main.

«Pendant un bout de temps, j’étais seul. Mais j’ai réalisé qu’on ne peut pas tout faire nous-mêmes et que j’avais besoin de support», souligne-t-il.

haut