PATRICK BRUELÀ la conquête de l'AmériqueDavid Patry Le Journal de Montréal 28-02-2007 | 11h09
Q Vous êtes à Montréal pour enregistrer une seule chanson avec Claude Dubois... R J'ai rencontré Claude à Paris. Honnêtement, on aurait pu faire la chanson à Paris. Mais je trouvais sympa de venir faire un tour ici. En plus je ne suis pas venu souvent à Montréal sous la neige. Et je savais que j'allais passer la journée dans la maison de Claude dans les montagnes, près du lac, donc ça me plaisait. J'avais envie de ça. J'en profite aussi pour parler de mon spectacle. Q Vous connaissez Claude Dubois depuis longtemps? R Pas du tout! Je ne le connaissais pas du tout! On m'a téléphoné il y a un mois ou deux pour me demander si je voulais faire un duo avec Claude Dubois. J'ai dit: Écoutez, je ne le connais pas du tout, je connais Le Blues du businessman parce que j'ai vu Starmania, mais sinon je ne connais pas ses chansons. Laissez-moi au moins les écouter voir s'il y en a une avec laquelle je me sens bien. J'ai choisi deux ou trois chansons, mais elles étaient toutes prises. Q Quelle chanson avez-vous choisie finalement? R L'Infidèle. Dans une version assez jolie. Avec un accordéon derrière. C'est chouette! Q Vous avez choisi cette chanson-là un peu par défaut? R C'était mon troisième choix. Le premier c'était Pas question d'aventure, le deuxième c'était Si Dieu existe et la troisième c'est L'Infidèle. Cette chanson, je l'ai encore plus découverte en la chantant. Des choses que je n'avais pas décelées en l'écoutant. Q Vous qui ne connaissiez pas le répertoire de Claude Dubois, maintenant que vous l'avez écouté, qu'en pensez-vous? R Il est très proche de ses racines. Il est très ancré dans son univers, dans son pays, dans sa culture. Il est typiquement québécois, c'est-à-dire qu'il raconte vraiment une histoire. Je trouve ça bien qu'il fasse cet album avec tous ces artistes parce que je pense que ça va lui permettre de se faire connaître un peu mieux en France. De mieux faire connaître son répertoire et la place qu'il occupe au sein de la chanson québécoise. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais vu de l'extérieur, il y a les grands dinosaures, qui sont les Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois. Je pense qu'il s'inscrit dans cette famille, mais en France les gens ne le connaissent pas bien. Q Et l'homme? R On s'est rencontrés, il est venu à Paris. On a écouté des chansons ensemble, on a parlé et on a rigolé. On a tout de suite senti un truc sympa. J'ai vraiment aimé le mec. C'est un gars qui a de l'humour. On sent qu'il n'y a pas beaucoup de différence entre ce qu'il exprime et ce qu'il est. Et je suis à Montréal parce que je voulais absolument voir sa maison. Il m'en avait parlé... C'est dingue! Vous avez l'habitude, mais pas nous. C'est une maison qui est jolie, sûrement comme plein de maisons, mais devant il y a un lac et puis il a quoi, 800 hectares? Avec des lacs, des forêts partout. C'est très beau. On a passé un bon moment. J'ai bien aimé cet homme-là. Q Vous reviendrez à Montréal en juin avec votre nouveau spectacle que vous présenterez un peu partout... R Je fais Los Angeles, Québec, Montréal, Miami, New York et Ottawa. C'est ma tournée internationale, dans le nord de l'Amérique! Q Vous en parlez avec beaucoup de fierté. R C'est la première fois que je chante aux États-Unis, donc c'est vrai que je suis un peu fier. Je vais me faire un t-shirt marqué «Amérique du Nord Tour» (rires). Je trouve ça drôle! Il faut prendre ça avec un peu de distance. Je ne vais pas chanter au Shea Stadium, je vais chanter au Beacon Theater, à New York, mais c'est vachement bien! Il y a beaucoup d'artistes illustres qui ont commencé là-bas. Q Vous avez un public aux États-Unis? R Il y aura beaucoup de Français, des Québécois et peut-être que quelques-uns auront convaincu des copains américains de venir voir. Q De quoi a l'air ce nouveau spectacle que vous présentez déjà en France depuis octobre? R Je ne dirais pas que c'est pas un bilan, mais c'est un premier tour d'horizon sur ce que j'ai fait. Il y a donc toutes les chansons dites incontournables que les gens attendent. Quelques chansons du nouvel album aussi. C'est un spectacle avec plein d'énergie, plein de tendresse, plein de chaleur, et il y a la gravité, forcément, parce qu'on ne peut évoquer le 11 septembre sans la gravité. Mais à travers ça, il y a une pirouette qui nous ramène à New York, à mes débuts. Je raconte mon arrivée à New York en 1979 et ça fait beaucoup rire les gens. Q Vous faites même de l'humour dans ce spectacle... R À force de me voir faire rire les gens dans la vie, ma femme m'a dit: C'est un peu dommage de ne pas en faire profiter tout le monde, pourquoi ne mets-tu pas ça dans ton spectacle? Donc on a écrit 3-4 sketches, et je fais du stand-up. À un moment donné, je me retrouve seul avec ma guitare devant des milliers de personnes et elles sont pliées en quatre de rire avec le tas de bêtises que je raconte! Je m'amuse beaucoup à faire ça. Ça n'a aucune prétention. |