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© Journal de Montréal |
Cali |
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LE BORDEL MAGNIFIQUE
Les neuf vies de Cali
Philippe Rezzonico
21-10-2006 | 21h14
On l’a vu aux FrancoFolies cet été, mais on pourra encore l’applaudir à l’automne dans plusieurs villes du Québec. Il est comme ça, Cali. Un type qui carbure à l’émotion et qui aime bien celles qu’il ressent chez nous.
Il y a une volonté absolue de revenir, assure le Français au bout du fil, depuis l’Hexagone. On vient de conclure une grosse tournée en Europe avec tout le groupe, mais je reviens au Québec parce que je ne voulais pas m’arrêter. D’autant plus qu’après cette série de spectacles, on prendra une très longue pause et on ne se reverra pas avant longtemps. On boucle la tournée chez vous.»
Celui qui est né sous le nom de Bruno Caliciuri commence peu à peu à être un abonné du Québec. Après un second passage au festival montréalais durant la période estivale, il revient pour offrir quatre spectacles dans trois villes de la province. Un peu comme ses contemporains que sont -M-, Philippe Katerine, Vincent Delerm ou Rafaël, Cali n’a pas une diffusion énorme sur nos ondes hertziennes.
S’il est vrai que la popularité d’un bon nombre d’artistes québécois atteint des sommets ces temps-ci, le Français estime qu’il faut être visible sur le terrain. «Je perçois un meilleur contact avec les gens du Québec par l’entremise d’internet, dit il. On le mesure bien. Je me souviens d’un festival sous la neige, à Québec ou Sherbrooke, ou on a joué devant 50 personnes… Cette présence chez vous, je crois que ça va finir par payer. C’est une évidence que tout doit passer par la route. Il faut dire qu’on existe. »
Spectacle modifié
Ce retour de Cali coïncide avec la mise en marché de son compact de spectacle Le Bordel magnifique, qui sera dans les bacs mardi prochain. Par contre, ceux qui le verront à Montréal, Québec et Sherbrooke ne reverront pas la même prestation que l’été dernier.
«Cette fois, je reviens seulement avec le piano et les cuivres. Les chansons seront donc revisitées. Tout est revu, même la façon de les interpréter. Et en plus, il y aura quelques chansons inédites. » Bien qu’heureux d’apprendre qu’on entendra Qui se soucie de moi, Je m’en vais et autres Je ne vivrai pas sans toi dans un autre enrobage, on a du mal à saisir la dernière réponse, la voix du Français étant en partie couverte par celle de sa petite fille qu’il vient de reprendre à la garderie.
– Difficile de concilier famille et art ?
«C’est ce qu’il y a de plus difficile. Et pourtant, j’ai une vie de famille merveilleuse et je vis des tournées qui le sont tout autant. Le bon côté, c’est que je suis heureux dans les deux cas. Le moins bon, c’est qu’il est toujours déchirant de laisser sa famille derrière, comme il est difficile de conclure une tournée qu’on adore. C’est une question d’équilibre. »
Carburer à l’émotion
«Parfois, tout est irréel. Cet été, on a joué dans des festivals devant 60 000 personnes. Ça fait vivre des émotions incroyables qui pourraient te faire déraper. À ce moment, il n’y a que les amis, les proches et la famille qui sont là pour toi. » Quand on observe les compositions de ses disques
L’Amour parfait et
Menteur qui ont été écoulés à 700 000 exemplaires en Europe, on se dit que le Français est plutôt du genre à carburer aux sentiments.
«En effet, j’écris des chansons sur l’émotion. Avant, je faisais ça tout seul dans ma chambre. Là, c’est parfois en tournée, comme ça m’est déjà arrivé chez vous. »