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©Eric Myre |
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ENTREVUE
Boom Desjardins en solo
Par Nathalie Slight

05-05-2005 | 16h05
Boom Desjardins est bien loin de l’état d’esprit dans lequel il se trouvait lorsqu’il a écrit son premier hit, Calvaire. Ces temps-ci, la vie lui sourit. Son premier album solo fonctionne à merveille, de nouvelles dates ne cessent de s’ajouter à sa tournée, son restaurant Rouge Olive est devenu le lieu de rendez-vous par excellence de plusieurs artistes québécois et sa conjointe donnera naissance à une petite fille à la mi-juillet. Rencontre avec un homme comblé.
Boom, vous venez de donner un spectacle au St-Denis, à Montréal. Il s’agissait de votre premier spectacle solo dans la métropole. Comment avez-vous trouvé l’expérience?
Ça va peut-être vous surprendre, mais j’étais un peu nerveux de me produire au St-Denis. Ma fascination pour cette salle remonte à l’enfance. Quand j’étais petit, en Abitibi, j’entendais dire que tel ou tel artiste allait être en spectacle au St-Denis. Pour moi, remplir cette grande salle de Montréal représentait la consécration d’une carrière. (rires) Cette semaine, je suis passé devant ce théâtre et je dois avouer que j’ai ressenti une certaine fierté lorsque j’ai vu mon nom en gros sur l’affiche. Je réalisais un rêve de petit gars!
Comment ça se passe, seul sur scène?
Après avoir fait 750 shows avec un band, ça demande une certaine adaptation. Dans le temps de La Chicane, je parlais au «nous» pour présenter les différentes chansons. Maintenant, je dois parler au «je». Lors de mes premiers spectacles, je me suis trompé à quelques reprises. (rires) Par ailleurs, comme les chansons de mon album parlent de mes expériences, de ma vie personnelle, de ma conjointe et de mon fils, Baptiste, il va de soi que je m’ouvre davantage lorsque je suis sur scène. Mes échanges avec le public sont plus intenses, plus profonds. Je n’ai pas de texte préparé… Comme je ne dépends plus d’un band, j’ai la liberté d’improviser selon mes états d’âme. Certains soirs, je fais rire le public alors que d’autres, l’émotion est au rendez-vous. Même lorsque je chante les hits de La Chicane, comme l’incontournable Calvaire, j’ai l’impression de les interpréter différemment maintenant que je mène une carrière solo.
La vie en tournée a dû changer depuis que vous êtes père de famille!
Bien sûr. La plupart des gens qui m’accompagnent en tournée ont également des conjointes et des enfants. Maintenant, au lieu de sortir dans les bars après les spectacles, nous nous précipitons dans nos chambres pour jouer au PlayStation. D’ailleurs, je suis devenu un vrai maniaque de jeux vidéo. Avec les autres membres de l’équipe, nous organisons des tournois de golf virtuels. Question de mettre un peu de piquant, nous prenons même des gageures. (rires)
Avec votre nouvel album, vous avez délaissé le joual. Est-ce une pure coïncidence?
Non, c’est voulu. Que voulez-vous, je partage ma vie avec une Martiniquaise qui parle un français impeccable! Sans le vouloir, Tania m’a fait prendre conscience de l’importance de bien parler notre langue. Voilà pourquoi je me suis donné comme mission de délaisser le joual comme les «moé pis toé» dans mes chansons. J’ai dû travailler plus fort pour la composition, parce que c’est beaucoup plus facile de trouver des rythmes en joual. Mais ça valait la peine parce que je suis fier du résultat. Et puis, je ne vous cacherai pas qu’utiliser le français international ouvre les portes d’une carrière dans toute la francophonie.
Récemment, vous avez fait la page couverture, du 7 Jours avec votre conjointe, qui était enceinte de six mois. Vous êtes l’un des rares artistes à partager volontiers quelques parcelles de votre vie privée.
Oui. Contrairement à d’autres chanteurs qui acceptent uniquement de parler de leur carrière, moi, je ne trace pas de ligne entre ma vie publique et ma vie privée. Boom le chanteur et Boom le conjoint et père de famille, c’est la même et unique personne. Je ne mène pas une double vie! Bien sûr, je peux comprendre que certains artistes entretiennent une certaine pudeur à l’égard du public. C’est peut-être parce qu’ils ont eu de mauvaises expériences. Mais, en ce qui me concerne, les médias ont toujours été très respectueux, alors je n’hésite pas à partager mon bonheur avec le public.
L’été 2005 s’annonce extrêmement chargé pour vous, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel!
Effectivement! Impossible de vous donner toutes les dates pour le moment, mais je vais effectuer une tournée de tous les grands festivals de la saison estivale. Par ailleurs, l’étiquette Boom Box vient de faire signer un nouvel artiste: Éric Maheux. C’est un gars qui a pas mal de talent et vous allez en entendre de plus en plus parler. Comme vous le savez, pour satisfaire ma fibre d’entrepreneur, j’ai ouvert un restaurant l’automne dernier sur la rue Saint-Denis, en compagnie de ma sœur Linda. Avec la terrasse, les expositions et les artistes invités, je crois que le Rouge Olive sera pas mal occupé cet été. Puis, à la mi-juillet, ma conjointe, Tania, donnera naissance à une fille qui portera le nom de Perle. Chose certaine, l’été 2005 s’annonce mémorable!