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Portrait - Élizabeth Blouin-Brathwaite: l’émotion à fleur de peau!
©Jean Langevin / avec Normand Brathwaite: Pascal Lévesque

PORTRAIT

Élizabeth Blouin-Brathwaite: l’émotion à fleur de peau!

Par Daniel Daigneault
06-04-2005 | 17h20
C’était en novembre dernier. Élizabeth Blouin-Brathwaite, invitée à l’émission animée par son père, interprète la chanson My Immortal, du groupe Evanescence. Une grande prestation, et un moment mémorable. Normand Brathwaite est visiblement ébloui par sa progéniture, d’autres invités tels Patrick Norman et Judi Richards aussi. Bien des gens ont alors compris que la chanteuse de 18 ans était vraiment très talentueuse.

«Quand j’ai interprété My Immortal à Belle & Bum, c’était la première fois que j’avais l’occasion de chanter dans le cadre d’une grosse émission. Je suis fière de ce moment, parce que j’ai pu toucher certaines personnes. J’ai pu transmettre toute l’émotion que j’avais à l’intérieur de moi.»

Élizabeth a commencé à chanter à l’âge de 9 ans; elle a fait deux albums, puis elle a délaissé la chanson vers l’âge de 12 ou 13 ans pour se consacrer à ses études. «Quand tu arrives au secondaire, tu découvres une nouvelle vie sociale, et j’avais besoin de m’y investir à fond, d’être ancrée là-dedans. C’est pourquoi j’ai alors décidé d’arrêter de chanter. Je ne savais pas si je reviendrais à la chanson, mais je me disais que si ça se produisait, j’allais revenir comme choriste. Maintenant, je suis choriste et je suis heureuse.»

Pour sûr, la jeune fille ne manque pas de détermination, mais lorsqu’on lui demande où elle se voit dans cinq ans, Élizabeth répond simplement: «Je veux seulement aller là où la vie m’emportera. Je ne veux rien rusher; je veux me sentir prête, faire des choses que j’aime et travailler avec des gens que j’aime. Je veux me sentir en sécurité dans ce métier.»

Père-fille et collègues de travail
Élizabeth habite toujours chez son père et l’épouse de celui-ci, Marie-Claude. Lorsqu’on lui demande quel genre de père est Normand, elle précise aussitôt qu’il faut faire la distinction entre leur relation à la maison et leurs rapports professionnels. «Je le connais comme père, mais aussi comme une personne avec qui je travaille. Quand on travaille ensemble, ce n’est pas une relation père-fille, et c’est plus facile comme ça parce que personne ne se sent rejeté. Mon père et moi, on est bien là-dedans. À la maison, c’est autre chose parce que l’on ne fait que se croiser; nous ne sommes presque jamais là en même temps! dit Élizabeth, qui avoue avoir conservé un bon souvenir d’un voyage à New York effectué il y a deux ans avec son père. Nous avons vu quatre ou cinq comédies musicales et nous avons visité des musées. C’était vraiment cool!»

Comme elle quitte souvent la maison pour aller chanter à l’extérieur de la métropole et qu’elle doit parfois rentrer chez elle tard dans la nuit, Élizabeth est heureuse de constater que son père lui laisse plus de liberté: «Mon père connaît mes amis; il connaît mon chum, et je pense qu’on a passé l’époque où il me demandait où j’allais et avec qui je me tenais. Il sait que je travaille et qu’il m’arrive de rentrer à la maison à 4 h du matin.»

Ainsi, père et fille adorent travailler ensemble, et Élizabeth affirme que leur relation est teintée de respect et d’amour. «Moi, je suis une émotive. Mon père est une bonne personne, mais il a une carapace qui l’empêche de me donner des becs, de me dire qu’il m’aime, de me donner de l’affection. Cependant, j’ai toujours, toujours su qu’il m’aimait, je n’en ai jamais douté une seconde. Par exemple, quand je chante au cours d’émissions et que je les visionne à la télé par la suite, je vois comment il me regarde chanter et ça me fait capoter, tellement il y a de l’émotion dans ses yeux!»

Vie d’artiste
Assis pas très loin d’Élizabeth lors de l’entrevue effectuée dans les coulisses de Belle & Bum, Jeffrey, beau gosse plutôt tranquille, attendait patiemment de pouvoir retrouver sa blonde. «Nous som mes ensemble depuis cinq mois, dit-elle. Il me suit, et je le suis; c’est un chanteur, et on fait de la musique ensemble. On étudie tous les deux à la même école, à l’Académie Johanne Raby.» Johanne Raby est professeure de chant depuis 30 ans et elle a enseigné la gymnastique vocale lors des deux éditions de Star Académie. Élizabeth, qui a terminé ses études secondaires. «J’ai décidé de me lancer en musique parce que c’est mon monde. Et là-bas, on peut faire de la musique, de la danse, du théâtre, de l’interprétation... Et puis, l’horaire me permet de continuer à travailler et à chanter. La musique fait vraiment partie de moi», dit-elle avec conviction.

«Ce qui m’étonne le plus, c’est que ma fille semble posséder une vieille âme.» — Normand Brathwaite

©Jean Langevin / avec Normand Brathwaite: Pascal Lévesque
Normand Brathwaite ne cesse d’être étonné par sa grande fille; elle l’impressionne par son talent et sa maturité. Et s’il ne dit pas quotidiennement à Élizabeth à quel point il la trouve extraordinaire parce qu’il est foncièrement timide, il ne manque pas de vanter ses mérites au petit écran, et on comprend aisément pourquoi!

«Ce n’est pas moi qui ai fait le choix d’inviter régulièrement Élizabeth à l’émission, tient à préciser Normand, pour éviter que certains crient au favoritisme. Elle est venue une fois à l’émission l’an dernier, et on a reçu énormément de courriels. Et quand on a su que Sylvie Desgroseillers devait s’absenter de Belle & Bum durant un certain temps pour aller jouer dans Génération Motown, les producteurs ont eu l’idée de faire appel à Élizabeth.»

L’animateur de l’émission dit ne pas être étonné par le talent que manifeste sa fille. «Elle a le talent de sa mère [Johanne Blouin], qui est une excellente chanteuse. Ce qui m’étonne, c’est qu’Élizabeth semble posséder une vieille âme, c’est-à-dire qu’elle est comme une chanteuse de 40 ans, comme l’a si bien dit Patrick Norman lorsqu’il l’a entendue. Et puis, il y a cette attitude qu’elle a sur le plateau. Aussitôt qu’on a fini, elle me lance: “Papa, qu’est-ce qu’on fait, qu’est-ce qu’on mange?” Mais tout au long de la journée, elle est extrêmement professionnelle et mature. Ce qui est mon plus beau cadeau, c’est que les gens qui l’engagent — par exemple, Lulu Hughes, Dan Bigras, le chef d’orchestre Guy Dubuc et les membres du comité organisateur de la fête nationale à Québec — me disent qu’elle est gentille et qu’elle fait du bon travail. Quand tu es père, c’est davantage ça qui est important; que ton enfant soit un être que les gens apprécient plutôt que de savoir s’il chante bien. Je dis à Élizabeth de faire des choses qu’elle aime avec des gens qu’elle aime, et de ne pas les faire en ayant comme unique objectif un certain but à atteindre. Aujourd’hui, on entend souvent quelque chose qu’on n’ententait pas il y a quelques années, soit: “Je veux être connu.” Avant, on entendait: “Je veux chanter, je veux faire du théâtre”.»

Rencontrés tous deux sur le plateau de Belle & Bum, père et fille ont visiblement une belle complicité et beaucoup de plaisir à se retrouver sur scène ensemble. «Quand on interprète des chansons ensemble à l’émission, on les pratique à la maison auparavant, et c’est très convivial. C’est fait dans une ambiance de party. Je ne donne pas de conseils à Élizabeth sur le métier, à part le fait d’arriver à l’heure et d’être propre, ajoute Normand. Chez nous, on a bien d’autres sujets de discussion, et puis il y a Édouard, huit ans, qui prend beaucoup de place, qui se lance sur sa sœur quand elle arrive et se colle à elle comme une méduse! Et il faut dire qu’à la maison, ma fille, elle entre et elle sort! Elle travaille beaucoup, et c’est correct, elle fait bien ça.»

Normand a déjà eu l’occasion d’aller voir sa fille sur scène en tant que spectateur. Elle agissait alors à titre de choriste pour Lulu Hughes. «Quand Lulu a décidé d’engager Élizabeth, elle m’a dit qu’elle la trouvait très bonne. Puis, elle a ajouté qu’elle aimait que ses choristes soient sexy sur scène et elle m’a ensuite demandé si ça me dérangeait. Je lui ai dit: “Écoute, as-tu vu comment ma fille s’habille tous les jours? Ça va sûrement être moins pire sur scène, alors je n’ai pas de problème avec ça!”» Et lorsque Normand a vu Élizabeth sur scène, il a été impressionné. «Même si c’est ma fille, je dois avouer que je suis impressionné parce qu’elle est très talentueuse: elle chante, elle danse, elle habite la scène... et ce n’est pas évident à cet âge-là.»

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas peu fier de sa fille, Normand. Es-tu capable de lui dire qu’elle est belle et qu’elle est bonne, lui ai-je demandé? «Je lui dis, je lui dis à la télé! Moi, dans la vie, je suis bien gêné, mais quand la lumière rouge de la caméra est allumée, ça va et je lui dis devant tout le monde!»

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