MALAJUBEDéstabiliser pour mieux reconquérirCédric Bélanger Le Journal de Québec 14-02-2009 | 04h00
D’aucuns ont qualifié ce troisième album, lancé mardi dernier, de déstabilisant. Le bassiste Mathieu Cournoyer leur donne raison. «Déstabilisant? Je pense que oui. Nous sommes en constante évolution depuis le premier album et celui-ci est une suite logique. Il y a peut-être des gens qui nous aimaient qui n’accrocheront pas sur Labyrinthes. L’opération «table rase sur l’oeuvre antérieure» démarre avec la première pièce, Ursuline, un morceau de presque sept minutes aux accents prog-rock. Choix stratégique? «Il y a bien du monde qui souhaitait que ce soit plutôt la dernière. Moi, je trouve qu’elle «fesse dans le dash» et que c’est une bonne idée d’ouvrir avec une longue pièce.» La mutation se poursuit ainsi sur tout l’album. Même si on reconnaît clairement le son Malajube, on sent que Julien Mineau et compagnie avaient le goût d’aller voir ailleurs. Le choix du titre est évocateur à cet égard.
DANS TOUS LES SENS«Le nom est sorti avant même qu’on entre en studio. C’est un album qui va dans tous les sens. Sans dire qu’on se perd, ça vient un peu déstabilisant. On a tous accroché sur ce nom», explique Mathieu Cournoyer, pour qui l’effet «labyrinthes» s’est aussi fait sentir dans l’écriture de Julien Mineau, dont les textes laissent place à diverses interprétations. «Il y a des chansons dont je n’ai aucune idée de ce que les paroles veulent dire. Elles sont souvent basées sur des histoires qui lui sont arrivées à lui. Mais ce n’est pas nécessairement clair. Et c’est ça le but. Nous ne sommes pas un groupe dont le propos est clair, net et précis à l’instar des Cowboys Fringants, dont les textes sont très politisés et vont droit au but.» L’album dans les bacs, Malajube reprend maintenant la route pour une tournée qui, souhaitent-ils, les conduira encore une fois un peu partout sur le globe. «Grâce à la musique, nous avons visité des endroits où je n’aurais jamais rêvé d’aller, comme le Japon. Par contre, il y a des endroits où nous avons été diffusés et où nous n’avons pas eu la chance d’aller, comme l’Australie, parce qu’à la fin de la tournée de Trompe-l’oeil, nous étions épuisés», dit Cournoyer.
TOUT LE MONDE EN PARLEEn terminant, un mot sur la présence détonante de ces quatre grands timides à l’émission Tout le monde en parle, dimanche dernier. Bien que visiblement pas à l’aise dans ce type de décor, Mathieu Cournoyer est satisfait de l’entrevue et croit que «ça aurait pu aller pire». «Nous leur avions déjà dit non dans le passé, révèle-t-il, parce que nous aurions alors préféré aller simplement faire une chanson. On ne sent pas le besoin de justifier ce qu’on fait. D’ailleurs, c’est un peu plate qu’on ne nous ait pas permis de jouer.» |