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Jean-Pierre Ferland  - Une vague d'émotions
© Photo d'archives PC/Jacques Boissinot
Jean-Pierre Ferland.

JEAN-PIERRE FERLAND

Une vague d'émotions

Philippe Rezzonico
Journal de Montréal
14-01-2007 | 06h29
Qu'est-ce qui nous a fait frissonner le plus? La foule de 13 500 personnes qui chantait «Mon cher Jean-Pierre...», ou l'ovation monstre qui a salué Une chance qu'on s'a, avant l'ultime rappel. Je l'ignore, mais l'émotion était à son comble, hier soir, au Centre Bell, pour les adieux à la scène de Jean-Pierre Ferland.

Le chanteur accompli et l'auteur-compositeur d'exception nous aura gratifié d'une dernière présence émouvante au possible.

Curieusement, la première ovation de la soirée qui a salué son arrivée nous semblait plus dédiée à l'homme qu'à l'artiste. Cet homme pour qui l'on a craint durant un moment, lors de cette folle soirée d'angoisse du 12 octobre dernier. Heureusement, il n'en fut rien. De tous bords tous côtés au Centre Bell, c'était le rescapé qu'on saluait avec des cris et des applaudissements assourdissants.

Trois grandes périodes

Le patrimoine de Ferland, son legs inestimable à la chanson québécoise, s'est ensuite décliné avec aisance en trois grandes périodes. De Ton visage, magnifiquement enrobée par les cuivres, à l'exceptionnelle Sing Sing - jamais jouée avant cette tournée -, tout en passant par T'es mon amour, t'es ma maîtresse, tout faisait mouche.

Certains - certaines en fait - ont adoré le triplé de chansons de femmes, qui comprenait Les femmes de trente ans ; d'autres auront préféré la relecture inspirée de God Is An American, qui incluait un refrain en quatre langues ; alors qu'une partie de cette foule qui écoutait de façon religieuse a été sûrement chavirée par cette interprétation sublime de T'es belle.

En dépit des mots d'humour judicieusement choisis de Ferland - qui allaient de son amie Ginette Reno aux Hells Angels - et d'un parti pris de lier ses chansons, ce qui donnait un rythme à la livraison, quitte à écouter les compositions, ce qui était émouvant, c'était de réaliser que chaque succès, chaque classique, chaque monument en était à son ultime tour de piste de la part de son créateur.

Un peu plus loin: dernière livraison; Sainte-Adèle P.Q., au revoir; Le Petit Roi, rideau ! Il y avait dans cette finalité une émotion qui pouvait toucher les fans de toutes les générations, qui, dans bien des cas, voyaient une partie de leur vie ou de leur jeunesse défiler devant leurs yeux.

Et c'était probablement tout aussi vrai pour Ferland, qui a simplement conclu en disant: «Adieu!»

Quand on l'a suivi des yeux par l'entremise du moniteur jusque dans sa loge, le regard un peu triste, on avait tous le goût de lui dire: «Monsieur Ferland. Jean-Pierre, petit roi... Salut!» Et merci.

Des beaux moments avec la foule

Entre les participations demandées par un artiste, et celles spontanées de la foule, ce sont toujours les secondes qui offrent les meilleurs moments.

Ce fut le cas, hier, quand Ferland a inséré Swinguez votre compagnie dans Envoye à maison, sous le regard amusé de Gilles Vigneault. Ferland s'est interrompu trois fois dans la chanson tant il avait du mal à retenir son rire. Voyant que ça n'allait pas, il a invité une spectatrice de la deuxième rangée à se joindre à lui. Une jeune âgée de 25 ans, «trop vieille pour moi».

Ovation

Mais la petite a livré Swinguez votre compagnie ainsi que La danse à Saint-Dillon sans faille, se méritant une ovation monstre. Un moment aussi pétaradant que fut touchant l'ajout d'un groupe de femmes durant Si je savais parler aux femmes, plus tôt dans le spectacle. À la phrase «M'aimes-tu?», un sonore «Ouuuiiii!!!» est parvenu du fond du Centre Bell.

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