André Péloquin
Journal de Montréal

Pour oublier la meute: Tire le coyote

En critiques cette semaine: Ringo Starr, Cat Stevens, Marie-Élaine Thibert, Tire le coyote et Nicolet! - Pour oublier la meute: Tire le coyote

André Péloquin

De moins en moins méconnu du grand public, Benoit Pinette - le coyote en chef - sort de sa tanière (j'arrête, promis) avec un ­quatrième album folk surprenant.

Tire le coyote

  • * * * ½

Désherbage

Plus « pesant » que Neil Young

Poursuivi, depuis ses débuts, par des comparaisons à Neil Young pour son genre de prédilection ainsi que sa voix à fleur de peau, Pinette se détache finalement de la légende vivante. D'un côté, le temps et l'usure ont fait en sorte que Young chantonne maintenant comme une vieille grand-maman. De l'autre, Tire le coyote propose aujourd'hui un LP presque aux antipodes de Panorama (2015). Alors que son album précédent était plus « planant », Désherbage est assurément plus « terre à terre », sincère et direct.

Un changement de cap aussi ­inattendu que satisfaisant. À un ­moment donné, on se lasse des détours et des fioritures !

Difficile à cerner

« Terre à terre » entre guillemets, car c'est l'impression qui s'impose. Musicalement, Pinette et ses compagnons de route tirent dans tous les sens (ok, là j'arrête).

Ça demeure folk (évidemment), mais aussi bluesy et pop (Toit cathédrale en est un bel exemple), voire country (la chanson titre en témoigne) et rock un brin seventies. Pour une raison que j'ignore, Les couleurs de notre équipe me rappelle étrangement Don't Fear The Reaper. À ma défense, j'aimerais préciser aux lecteurs que je carbure en ce moment aux nuits de quatre heures et aux « pets » sur la bedaine d'une adorable fillette de neuf mois qui refuse le sommeil autant que le patriarcat...

Pour revenir à Tire le coyote, ­Désherbage est sûrement le meilleur album du projet à ce jour, en plus d'être idéal pour se réchauffer en cet automne qui s'annonce « frette » en climat et en actualité.

Yusuf (Cat Stevens)

  • * * * *

The Laughing Apple

Pour son 15e LP en carrière, l'homme derrière la trame sonore de mon enfance revient doublement aux sources. En plus de mettre de l'avant ses influences folk pop tout particulièrement sixties (sans toutefois se vautrer dans la nostalgie), le monsieur combine également chansons originales et reprises... tirées de ses deux premiers albums dont on souligne le 50e anniversaire cette année ! Vous me direz que je le jupon dépasse et je vous répondrai que, malgré un déficit d'objectivité, ça demeure du bonbon.

Marie-Élaine Thibert

  • * * ½

Un hymne à l'amour

Inconditionnelle de la môme devant l'éternel, Marie-Élaine Thibert fait finalement passer cette passion de la scène au disque avec cette compilation de reprises d'Édith Piaf. Premier constat : la chanteuse n'a pas froid aux yeux pour se frotter à un tel monument ! Aussi à souligner : l'interprète ne se contente pas de faire du karaoké (son adaptation de Non, je ne regrette rien en témoigne). Malgré tout, Un hymne à l'amour demeure malheureusement trop sage et académique. Dommage. Pour fans, seulement.

Ringo Starr

  • * *

Give More Love

Tout d'abord, une mise au point : en dépit de cette vilaine et ­increvable croyance populaire, Ringo Starr n'est pas un mauvais batteur. Ceci étant dit, Give More Love, son 19e disque solo, demeure décevant. Malgré son talent - et un peu d'aide d'amis comme Paul ­McCartney, par exemple -, Starr livre un album rock ­particulièrement pépère sans aucune surprise musicale ni strophe mémorable du côté des textes. Pour nostalgiques, ­seulement.

Coup de coeur

Nicolet

  • * * * *

Hochelaga

Difficile de non seulement cerner Nicolet, le projet mené par Étienne Hamel, mais aussi ­Hochelaga, son second album... et c'est très bien ainsi. En résumé : synthpop sombre, romantique, teintée de post-punk et même d'afrobeat. Au final, ça rappelle autant ce qu'on peut entendre dans un café branchouillard du moment que ce qui jouait à Rock Détente à ses débuts. Un étrange - et ­séduisant - croisement entre Daniel Lavoie, circa les ­années 80, et le son très actuel de Future Islands ou encore de TV On The Radio. En prime : y'a du saxophone. Yé !



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