André Péloquin
Journal de Montréal

L'esprit de bottine de Nickelback

En critiques cette semaine: Nickelback, Rancid, Lenni-Kim, Fleet Foxes et Louis-Philippe Gingras! - L'esprit de bottine de Nickelback

Photo courtoisie

André Péloquin

Nickelback - Feed The Machine

* *

Quand j'étais enfant, je caressais le rêve de devenir le premier astronaute à se poser sur le Soleil, croyant bêtement que l'Agence spatiale canadienne ne s'aventurait pas sur une étoile de plus de 5000 °C située à 149 millions de kilomètres de notre planète que par manque d'audace.

Malgré l'humiliation publique - j'ai révélé ce souhait devant toute ma classe! -, je retire un certain optimisme, voire un soupçon de naïveté, de l'épisode. Depuis, j'ai foi que chaque citoyen, cosmonaute ou rockeur peut s'élever (peut-être pas jusqu'au Soleil, par contre) avec un bon dosage d'efforts et de bravoure.

Tout ça, toutefois, c'était avant la parution du Feed The Machine, un neuvième album de Nickelback au titre fort évocateur.

Moulée musicale

C'est connu, bien que le projet est archi populaire, Nickeback est devenu la chute de plusieurs gags paresseux voulant que le quatuor soit l'équivalent rock de l'échange de P.K. Subban.

Trois ans après No Fixed Address et moult déboires médicaux et légaux, on aurait cru que Chad Kroeger et ses potes auraient refait surface avec les poings serrés ou encore un doigt d'honneur bien dressé pour fermer le clapet à leurs détracteurs, mais non. Même pas. Nickelback s'entête à faire du surplace.

Bref, Feed The Machine est littéralement de la moulée musicale.

Bien que la bande flirte parfois avec des références (dépassées) comme Rage Against The Machine sur Coin For The Ferryman, Nickelback livre essentiellement une oeuvre aux propos mous et aux mélodies cruellement conventionnelles.

Entendons-nous: ce n'est pas détestable; c'est juste drabe (ce qui est pire).

Lenni-Kim - Les Autres

* * ½

Résumons: Lenni-Kim est un interprète québécois qui, par un détour par la version hexagonale de La Voix Junior, se retrouve avec un premier album sur une étiquette majeure. Grand bien lui fasse!

D'abord, les fleurs: musicalement, ça cadre avec le genre de prédilection - la pop bonbon - et c'est bien fait.

Puis, les pots: Lenni-Kim devra s'entourer d'autres paroliers sur son prochain disque. Ses propos sont risibles et nuisent au reste de l'ensemble. Dommage.

Fleet Foxes - Crack-up

* * * * ½

Drôle de timing! Deux mois après la parution de l'incroyable Pure Comedy de Father John Misty, Fleet Floxes (l'ancien groupe de Josh Tillman) propose à son tour un disque folk rock incroyablement ambitieux.

Bref aperçu: I Am All That I Need / Arroyo Seco / Thumbprint Scar est un triptyque qui tient en une seule chanson mi-minimaliste, mi-«Make Simon & Garfunkel Great Again» (à l'époque de Bridge Over Troubled Water, précisons-le). À découvrir!

Rancid - Trouble Maker

* * *

D'un côté, le fan de punk rock est content de retrouver la formation culte avec un nouvel album plutôt que - genre - un disque de reprises acoustiques de leurs hits.

De l'autre, on a déjà connu Rancid moins brouillon. Sur plus d'une quinzaine de pièces, le quart est potable. Bien que la réalisation de Brett Gurewitz est habile, son manque d'encadrement fait de Trouble Maker un fourre-tout qui s'essouffle rapidement.

Coup de coeur : Louis-Philippe Gingras - La rangée des popsicles

* * * *

Non content de lancer une version «de luxe» de son excellent album Troisième Rangée paru l'année dernière, le cowboy folk rock local Louis-Philippe Gingras propose ce surprenant maxi réunissant ses plus récentes chansons.

Au risque de me répéter, Gingras compte parmi les grands paroliers de sa génération et cette poignée de pièces tantôt grivoises, souvent poignantes, le prouve encore une fois.



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